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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Présentation du livre "KABILA et la révolution congolaise"
Par le docteur Jean-Baptiste SONDJI,

C’est un réel plaisir pour nous de vous présenter ce livre qui parle de nous, de notre pays et d’un homme avec lequel nous avons partagé les moments dont il est question ici.
Ce livre est le couronnement d’un travail pour lequel l’auteur a quitté sa lointaine Belgique, pour venir partager, avec nous, ces moments de notre histoire immédiate.

En effet, le Camarade Ludo a quitté son pays depuis pratiquement quatre ans, n’y allant que de temps en temps, pour de courtes périodes. Ludo a effectivement vécu avec nous, Congolais, partageant notre vécu quotidien.
Ludo habite la cité des Congolais, connaît la cité de Kinshasa et ses rues mieux qu’un grand nombre d’entre nous. Les Kinois le connaissent très bien aussi. Il est en effet rare que dans un taxi, posant une question au sujet de l’une ou l’autre de ses nombreuses interventions, qu’il n’y ait aucun passager qui ne le reconnaisse.

Pour le camarade Ludo, le Congo est une véritable passion ; c’est sa deuxième patrie avant qu’elle ne devienne, sans doute, la première si nous y réussissons la révolution, dans l’entendement noble du terme, c’est-à-dire la transformation des rapports sociaux pour plus de justice entre les hommes.

La lecture du livre « Kabila et la Révolution Congolaise", nous met en face de plusieurs chroniques.
Dans ce livre, l’auteur commence par nous décrire les péripéties de l’interminable transition de 1990 à 1997. L’inconsistance de la classe politique congolaise, ses intrigues de même que celles de certains dignitaires des églises y sont décrites avec finesse. L’impasse à laquelle abouti la conférence nationale est l’illustration de la lutte entre une classe politique au service des intérêts étrangers et un peuple décidé à voir des changements s’opérer en faveur de se intérêts.
La description de la situation qui prévaut au Rwanda, singulièrement son éthnicisme, met en lumière, comment un peuple, ayant toujours vécu en harmonie avec lui-même, peut devenir son propre ennemi, parce que manipulé par des tiers, étrangers de surcroît, qui parviennent à lui faire croire que son frère d’hier, à cause de son nez un peu long, nez qui a toujours été ainsi, était devenu son ennemi qu’il fallait absolument éliminer.
A travers ce cas, l’auteur nous met en garde, nous Congolais, contre cette manipulation éthniciste, qui a déjà traversé nos frontières, pour s’incruster dans notre pays, causant des conflits qu’il devient difficile de dénouer tant, dans leurs expressions, la composante passionnelle tend à prendre le dessus sur le rationnel.
Souvenons-nous de l’expulsion de la province du Katanga des Congolais originaires du Kasaï, expulsion qui, entre autres, a précipité la faillite de la Gécamines dont les conséquences sont désastreuses pour le pays tout entier, mais surtout pour la population du Katanga dont la dépendance à la Gécamines était notoire.

L’auteur nous fait une analyse fouillée de l’épopée militaire de Kabila de 1996-97 : la justesse de l’intervention des troupes rwandaises dont le nouveau régime était menacé par la présence, à ses frontières, de hordes de génocidaires ; l'intervention légitime de l’Angola pour qui, le départ de Mobutu, correspondait à couper les bases arrières de l’Unita de Savimbi qui l’avait tant déstabilisé.
La participation rwandaise, angolaise, zimbabwéenne et namibienne y est décrite comme contribution de la nouvelle Afrique combattante à la libération de tout le continent.
Durant cette avancée des troupes de Kabila, l’auteur nous montre un fait capitale à la base de la victoire et que Kagame n’avait pas saisi : l’adhésion des masses congolaise à ce mouvement de libération. C’est l’absence de cette adhésion populaire qui explique l’échec de la tentative de Kagame de s’emparer du pouvoir, à Kinshasa, en août 1998.
Dans ce livre l’auteur nous montre aussi que l’avancée de Kabila ne fait pas que des heureux. Tous ceux qui veulent voire notre pays demeurer une terre d’exploitation au bénéfice des intérêts étrangers, mettent tout en œuvre, pour empêcher une victoire totale de Kabila sur les forces mobutistes.
Cette victoire devenant inéluctable, tout est fait pour que le pouvoir ne lui revienne pas entièrement, mais qu’il soit partagé avec les vaincus.
C’est le sens qu’il faut donner au schéma de Mandela, qui le 14 mai 1997, proposait une direction tricéphale au sommet de l’Etat avec Kamanda, comme représentant l’opposition politique de l’époque, Nganda représentant la famille politique de Mobutu et Kabila représentant la famille des nationalistes.
Comme l’on peut le constater l’idée de créer absolument une confusion dans la gestion des affaires congolaises ne date pas de Pretoria.
A l’entrée des kadogos à Kinshasa, la liesse populaire contraste avec la débandade des maîtres d’hier, débandade que nous ne pouvons nous empêcher de savourer avec délectation, tant ce pouvoir nous avait fait mal à notre peuple tout entier.
Les premiers mois de fonctionnement du premier gouvernement y sont décrits avec objectivité. Au lendemain de la prise de pouvoir de Kabila les espoirs pour des lendemains meilleurs sont permis : recouvrement de la sécurité des biens et des personnes, stabilisation de la monnaie, l’inflation est jugulée sans le concours des institutions de Breton Wood. Même les enfants s’en rendaient compte.
Alors que nous savourions cet air d’un renouveau prometteur, l’auteur nous décrit comment les ennemis de notre peuple conspiraient pour mettre un terme à une expérience qui risquait de faire école, pour un pays qui était considéré comme une chasse gardée des sociétés multinationales. Il ne fallait pas que le Congo de Kabila démontre qu’il était possible de se passer des institutions de Breton Wood.
Dès ce moment nous allons assister à la diabolisation progressive de Laurent Kabila, accusé d’actes de génocide contre les hutu rwandais avec lesquels il n’avait aucun contentieux.

La guerre d’agression du 2 août 1998 nous est comptée avec force détails. L’auteur nous fait vivre les batailles du camp Tshatshi, la guerre de Matadi et Kitona, l’intervention, in extremis, des parachutistes zimbamwéens, suivie de celle des troupes angolaises et enfin, l’entrée en force du peuple congolais, qui en harmonie avec son chef, décide de prendre en main son destin.
La conjonction des forces zimbabwéennes, angolaises et celles du peuple congolais contribuera à faire échec à la tentative de la prise de la ville de Kinshasa.

Malgré les échecs successifs des agresseurs, ces derniers ne désarment pas : une autre guerre est déclenchée dans l’Est du pays où résiste vaillamment notre peuple à Kabinda et dans tout le Kivu.
La guerre d’agression prévue pour être une guerre éclaire, se transformait progressivement en une guerre de longue durée, à laquelle nos ennemis ne s’étaient pas préparés. Il devenait impérieux, pour eux, de changer de tactique : obtenir politiquement ce qu’ils avaient peu de chance d’obtenir par les armes. C’est la raison d’être de l’accord de Lusaka, obtenu par chantage.

En effet le Président Kabila, se trouvant dans une situation d’extrême faiblesse sur le plan militaire, était contraint de signer un accord qui avait comme finalité, le bradage de la souveraineté nationale et sa propre élimination du pouvoir.
Mais la vérité est que nos ennemis ne s’attendaient pas à ce que Kabila signa cet accord. Leur souhait était de le voir le rejeter, pour que ce rejet serve de prétexte à la poursuite de la guerre, pour permettre au Rwandais de s’emparer de Mbuji-Mayi et de son diamant. Mais en le signant, Kabila modifiait fondamentalement les rapports de force sur le plan diplomatique.
En effet, le Rwanda et l’Ouganda s’étaient partagés les zones de pillage : l’Ouganda se chargeait de piller l’or, le diamant et le bois de la Province Orientale tandis que le Rwanda pillerait le diamant de Mbuji-Mayi.
Mais la signature de l’accord de Lusaka, en figeant les positions sur le plan militaire, empêcha le Rwanda de s’emparer de Mbuji-Mayi et donc de se servir en diamant.
Dès ce moment, les rwandais s’aperçurent qu’ils étaient les dindons de la farce. S’estimant lésés, ils décidèrent de retourner leurs fusils contre leurs alliés Ougandais en vue d’obtenir un partage plus équitable du butin de la guerre : d’où les guerres de Kisangani.
Du même coup, face à deux armées étrangères se faisant la guerre sur un territoire étranger, la thèse selon laquelle le conflit du Congo était une guerre civile opposant des Congolais à d’autres Congolais devenait indéfendable. Nous assisterons à un changement progressif de l’opinion internationale, jusque là favorable au Rwanda, en faveur, cette fois-ci, du Congo de Kabila.
Kabila, en signant un accord qui lui était au départ très défavorable, venait de marquer des points décisifs en modifiant les rapports de force sur le plan diplomatique en faveur du Congo. C’est sans doute pour éviter qu’il puisse jouir de la victoire totale qui pointait à l’horizon, qu’il a été assassiné.

Que pouvons- nous retenir de la lecture de ce volumineux livre et de son auteur ?

Ce livre retrace l’histoire immédiate de notre pays, histoire située dans le contexte d’une lutte dont les ramifications dépassent nos frontières.
L’auteur, en observateur attentif de la scène socio-politique congolaise et africaine, décrivant des évènements se déroulant au Rwanda, démontre que nous, Congolais, aurions tord de croire que ce qu’y s’y passe ne nous concerne pas.
En effet, il démontre que la manipulation ethniciste à conduit au génocide rwandais. Ce dernier a provoqué une onde de choc qui a balayé des régimes qui se croyaient, non seulement, indéracinables, mais aussi, étrangers au drame que vivait le peuple rwandais. L’auteur attire l’attention des Congolais sur le danger qui les guette en jouant avec l’ethnicisme. Du même coup, il met en exergue le caractère panafricain des problèmes du continent.
En effet, l’auteur nous démontre que malgré nous, les malheurs qui ont touché le peuple Rwandais ont eu des conséquences graves sur le vécu quotidien des congolais.
Partant, la question que l’auteur nous pose est celle de savoir si l’émancipation du Congo peut s’envisager en dehors du contexte panafricain. Vu sous cet angle, l’on doit prendre conscience du danger que constitue la question ethnique, instrumentalisée par ceux qui ne veulent pas voir l’Afrique aller de l’avant.
Que chacun de nous se souvienne de la fixation sur les Tutsti pour expliquer la guerre que connaît notre pays, alors qu’une analyse sérieuse aurait pu nous démontrer que celle-ci avait ses origines ailleurs.
Il nous revient à nous, Congolais, Africains, de répondre à cette interrogation.

De Kabila, l’auteur nous donne l’image d’un infatigable combattant au service du nationalisme congolais, dans la continuité de la lutte amorcée par Lumumba et poursuivie par Mulele. Sa contribution, dans cette sorte de trilogie révolutionnaire et dans la recherche de type de société adaptée aux exigences de l’émancipation de notre peuple, sa contribution aura été sans conteste, son projet de démocratie de type populaire. Cette vision avait déjà été formulée et même mise en pratique par Pierre Mulele ; Kabila en posant le problème, en fait un élément de débat national. Certes ce projet est combattu par un grand nombre de personnes qui ne partagent pas cette vision, mais aucune d’entre elles n’a été en mesure de démontrer en quoi un tel projet porterait préjudice à notre peuple. De toutes les façons, le fait d’être contre ou en faveur du projet procède du débat indispensable avant d’en arriver à sa mise en œuvre effective.

L’auteur nous fait découvrir aussi un Kabila stratège. En effet il nous démontre comment ne disposant d’aucune armée, il saisit l’opportunité de faire usage des armées de ses alliés, pour atteindre ses propres objectifs à lui.
Le livre nous montre un Kabila panafricaniste. Le développement de notre pays, il l’inscrit résolument dans une vision panafricaine. Ces rapports privilégiés, le sont d’abord avec les pays africains tout en favorisant l’axe sud-sud de manière plus générale.

Ce livre est enfin un outil de travail pour ceux qui s’intéressent sérieusement à la construction de la société congolaise.
Il constitue également une interpellation pour nous qui prétendons nous battre pour une nouvelle société dans notre pays. Nous qui parlons tout le temps du peuple, nous qui vivons avec ce peuple, mais sommes incapables de systématiser ce que nous savons de lui. Ce que le camarade Ludo a écrit, il l’a vécu ici avec nous. Combien sommes-nous capables d’en faire autant ?

Pour terminer, je ne puis que vous exhorter à lire ce livre qui contient beaucoup d’informations, lesquelles informations vous armeront, si pas tous, mais en tout cas tous les patriotes congolais qui veulent s’engager dans l'exaltante lutte de l’émancipation de notre peuple afin que, et pour paraphraser Mzee Kabila, la victoire finale soit dans notre camp.

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