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Naissance et Renaissance de la République Démocratique du Congo: Lumumba et Kabila, destins croisés

Jean-Baptiste SONDJI, 17 janvier 2004

Excellence Camarade Vice Président de la République,
Honorables Parlementaires,
Excellences Messieurs les Ministres et Vice- Ministres,
Chers Camarades, Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, 17 janvier 2004, nous commémorons le 43° anniversaire de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, premier Premier Ministre du Congo indépendant.
Hier, le 16 janvier 2004, c’est le 3° anniversaire de l’assassinat du Premier Président post Mobutu que nous commémorions.

40 années séparent ces deux évènements.

La si longue période qui les sépare, pourrait laisser penser qu’il n’existe aucun lien entre les deux.
En réalité le lien est évident ne fut-ce qu’au regard des circonstances de leurs morts : les deux hommes d’Etat sont morts de morts violentes, ils sont morts, tous les deux, dans l’exercice de leur fonction.
Mais entre Patrice Lumumba et Laurent Désiré Kabila il y a bien plus.

En effet, entre les deux hommes existe une similitude de personnalité, une similitude des politiques et enfin, une similitude de destins.
Similitudes des personnalités parce que Lumumba et Kabila étaient des patriotes qui aimaient leur pays plus que toute autre chose.
Dans l’expression de leur nationalisme intransigeant et pointilleux, ils n’hésitaient pas à dire, haut et fort, ce qu’ils considéraient comme des vérités pour leur pays, même si cela comportait des risques pour leurs vies.

Le 30 juin 1960,en prononçant son célèbre discours qui décriait le système colonial, prenant à contre pied les propos du Roi des Belges et ceux du Président Kasa-Vubu, il ne réalisait pas qu’il venait de signer son acte de mort.
Il en est de même de Laurent Désiré Kabila, qui en réponse à M. Richardson, Ambassadeur aux Nations Unies, puis Ministre du Président Clinton, qui lui demandait de limoger l’un de ces Ministre, lui dira et je cite « Ici au Congo c’est moi seul qui décide des limogeages des Ministres et pas vous ».Fin de citation. Lui aussi, sans le savoir, et à travers l’expression d’un esprit d’indépendance plus qu’affirmé a, sans aucun doute, précipité son assassinat.

Similitudes des politiques parce que tous les deux étaient pour une indépendance effective de notre pays. Ni l’un ni l’autre ne pouvait concevoir que les décisions concernant l’avenir de notre pays, dans les différents domaines de la vie nationale, puissent être prises ailleurs qu’au Congo et par des Congolais.

Ainsi, Lumumba ne cessait de dire qu’il ne pouvait y avoir une vraie indépendance pour le Congo si celle-ci ne s’accompagnait pas d’un contrôle des rouages de l’économie nationale par des congolais.
Si Lumumba n’a pas eu le temps de mettre en œuvre ses idées, Laurent Désiré Kabila nous a donné l’avant-goût de ce qu’il entrevoyait pour notre pays.

En effet dès la première année, nous avons assisté à un début de stabilisation de la situation économique caractérisée par la maîtrise de l’inflation, alors qu’avant lui son taux était à trois chiffres.
Sur le plan politique nous avons vu le retour de la sécurité des biens et des personnes.
La création des structures telles que le Service National, qui dans leur conception avaient, certes, comme finalité, la production agricole, mais surtout le brassage de la jeunesse Congolaise de toutes les provinces et appartenant à toutes les ethnies, en vue de favoriser l’ émergence du sentiment national.

La création des Comités du Pouvoir Populaire, même si sa mise en œuvre a rencontré des difficultés réelles, s’inscrivait dans une logique invitant le peuple Congolais à prendre son destin en main.
Prôner, au Congo, une politique d’auto prise en charge est considérée comme une déclaration de guerre pour les vautours de la haute finance internationale qui pensent toujours que notre Pays doit demeurer une terre d’exploitation réservée à leurs intérêts exclusifs.

Immédiatement tout est mis en branle pour empêcher la réussite d’une telle expérience. Au besoin en assassinant leurs promoteurs.
Ainsi, pour avoir prôné une indépendance politique qui devait s’accompagner d’une indépendance économique ; pour avoir décrié le colonialisme, dès l’accession de Lumumba au pouvoir d’Etat, tout sera mis en oeuvre pour l’ empêcher de gouverner. On provoquera des mutineries de la Force Publique, l’on tentera la balkanisation du pays en provoquant les sécessions du Katanga et du Kasaï pour finir par son assassinat dans des conditions d’extrême sauvagerie et barbarie.

Les conspirations contre le pouvoir de Kabila avaient commencé avant même qu’il n’ait atteint Kinshasa. La stratégie des nos ennemis consistait à l’empêcher d’obtenir une victoire totale sur les mobutistes. Voulant absolument contrôler Kabila, les Sud Africains ne cessaient de manifester leur désespoir. Ainsi, M. Thabo Mbeki, alors Vice-Président de la RSA, ne déclarait-il pas à N’Gganda le 16 avril 1997 et je cite « Les Angolais font pression sur Kabila pour qu’il progresse sur Kinshasa. Plus le temps passe et plus nous perdons le contrôle sur Kabila » ? fin de citation.

Toujours dans la même logique d’empêcher une victoire totale des nationalistes sur les mobutistes, le 14 mai 1997, soit une semaine avant la fuite de Mobutu, le Président Mandela proposait un schéma de 1 Président et deux Vice-Présidents. Kabila, Président de la République, serait secondé par un premier Vice-Président représentant les mobutistes en la personne de M.Ngbanda et un deuxième qui représenterait l’opposition politique de l’époque, en la personne de Kamanda wa Kamanda.

Comme on peut le voir ce schéma était l’ancêtre du 1+4 que nous vivons aujourd’hui.

Dès son accession à la magistrature suprême et après avoir déjoué tous les pièges qui lui étaient tendus, une seconde phase de diabolisation va débuter. Kabila était désigné comme tueurs des rwandais avec lesquels il n’avait aucun contentieux. Mieux il n’avait pas d’armée capable de procéder à ce genre de massacres.
Le coup de grâce lui sera administré lors de la rencontre des amis du Congo en décembre 1997, lorsque, au lieu de présenter un programme de reconstruction du pays fondé sur la dépendance vis à vis des instituions de Breton Woods, il aura l’outrecuidance de présenter un programme basé sur l’auto prise en charge des Congolais par les Congolais eux-mêmes.

Sept mois exactement après la rencontre de Bruxelles, une agression armée sera déclenchée contre son régime dont les justificatifs seront embrouillés : il s‘agissait tantôt d’une guerre déclenchée par le Banyamulengue auxquels était refusée la nationalité congolaise alors qu’un certain nombre d’entre eux assumaient des fonctions ministériels ; tantôt l’on invoquait la sécurité des pays voisins qui n’étaient pas assurée par le pouvoir de Kabila … bref l’on a invoqué n’importe quoi pour justifier une agression en règle contre notre pays. Comme à l’époque de Lumumba, la balkanisation du pays était aussi à l’ordre du jour.

Mais pour les agresseurs, la conduite de leur guerre d’agression ne se déroulait pas comme prévu :

  • Première guerre avec l’objectif de prendre Kinshasa : première échec ;
  • Deuxième tentative de prendre Kinshasa par le Bas-Congo : deuxième échec;
  • Troisième guerre de l’Est qui finit par s’enliser.

Constatant que la probabilité de gagner la guerre devenait de plus en plus hypothétique, l’ennemi change de stratégie : obtenir politiquement ce qu’il ne pouvait gagner militairement.

C’est l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka dont l’objectif, comme le reconnaît le rapport de l’ « International Crisis Group » du 16 mars 2001, était et je cite : « Le Président Congolais a été contraint de signer l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka qui avait comme but de réaliser son écartement du pouvoir ». « La configuration des discussions tracée dans l’accord de Lusaka a été expressément dessinée pour renverser le régime de Laurent Désiré Kabila, Président de l’époque, en le forçant de négocier sur une base d’égalité avec ses nombreux opposants. Le même sort attend son fils Joseph, s’il entre dans le dialogue ». Fin de citation.

Kabila signe quand même cet accord dont les termes sont défavorables à son pouvoir. Mais en les signant, il modifie les rapports de force sur le plan international lesquels, jusque là, lui étaient défavorables. La confrontation, sur le sol Congolais, des armées rwandaise et ougandaise, consécutive à la signature d’ l’Accord de Lusaka, démontre à la communauté internationale que le Congo était bel bien victime d’une agression étrangère.

Kabila résistait et commençait à marquer des points. Il devenait impérieux d’empêcher qu’il obtienne une victoire totale, laquelle devenait néanmoins inéluctable. Il fallait absolument l’éliminer physiquement. C’est ce qui fut fait le 16 janvier 2001.

Lumumba et Kabila ont connu le même destin tragique parce qu’ avant toute autre considération, ils défendaient les intérêts supérieurs de la nation congolaise.
Cette fin tragique de ces deux dignes fils du pays fait dire à plus d’un que les malheurs que connaît notre pays aujourd’hui sont imputables à la politique extrémiste de Lumumba, suivie en cela par Kabila.
Admettre une telle assertion équivaudrait à considérer que la défense de l’indépendance nationale constitue un crime.

Ce genre de discours est véhiculé par ceux qui sont au service des oppresseurs de nos populations, parmi lesquels on retrouve tous les traîtres, prompts à vendre notre pays pour de menus et éphémères avantages.
Mais les assassinats de Lumumba et Kabila ne peuvent pas nous laisser, nous les nationalistes, sans réactions pour contrer tous ceux qui veulent maintenir notre pays sous la domination étrangère en usant des assassinats politiques.
Pourquoi assassine-t-on aussi facilement les patriotes ?

Si pour l’assassinat de Lumumba, nous ne pouvions faire grand-chose. Mais est-il compréhensible que, connaissant le sort qui avait été celui de Lumumba, que Kabila se soit fait assassiner, en définitive, avec autant de facilité ?Si Lumumba peut avoir quelque excuse, comment comprendre que Kabila qui avait l’effectivité du pouvoir d’Etat, disposant de l’armée, de la police , des services de renseignement, ait pu être assassiné par les membres de son entourage ?

Ceci dénote sa légèreté dans le choix des collaborateurs.

De manière plus générale cela traduit des insuffisances criantes en matière d’organisation de la part des nationalistes et des révolutionnaires.

L’assassinat de Laurent Désiré Kabila a fait reculer le courant nationaliste puisque obligé qu’il est aujourd’hui de partager le pouvoir avec ceux-là même qu’ils avaient chassés et qui les combattaient encore hier.
Avons-nous tiré les leçons de cet assassinat pour mieux cerner notre propre part de responsabilité dans ce qui lui est arrivé ?
Il faut encore le répéter : Kabila a été tué par des personnes de son entourage.
Force est d’admettre, suite à ce constat, que le choix de ces collaborateurs a été mauvais puisque parmi eux se sont retrouvés ses assassins.
Mais aujourd’hui, le Président de la République, le Camarades Yerodia font-ils mieux ?

Le Président Joseph a, aujourd’hui, la lourde tâche de poursuivre la politique nationaliste initiée par Lumumba, poursuivie par Mulele et Kabila. Il est secondé en cela par le Camarade Yerodia.
L’expérience nous apprend que la poursuite d’une telle politique n’est pas sans risques.
Kinshasa grouillent de conspirations et de conspirateurs de tout bord.
Il est de notoriété publique que nos ennemis cherchent à régler leur compte aux nationalistes et, singulièrement, à ceux qui en sont les représentants, c’est-à-dire, le Président de la République et le camarade Yerodia.

En effet ils savent que le processus dans lequel le pays est actuellement engagé, s’il arrivait à terme, ce processus disais-je, se ferait au détriment de nos adversaires. Tout est, dès lors, mis en œuvre pour le perturber.
Des rumeurs sur l’assassinat du Président de la République et/ou du Vice Président Yerodia circulent et elles sont à prendre au sérieux.
Et qui peut affirmer que les tueurs potentiels ne sont justement pas autour de nous ? autour d’eux ?
De toute part on ne cesse de nous dire : « Votre camarade Yerodia n’arrivera pas à la fin de la transition ».
Le cas du tueur Ollangue, venu du Congo Brazzaville, pris en charge par le pouvoir qu’il est venu déstabiliser, démontre, de manière claire, que nous n’avons pas tiré les leçons des assassinats de Lumumba et Laurent Kabila.

Les provocations du genre de ceux qui ont lieu lors des conseils des ministres, le fait qu’une personne soit montée, il y’a quelque, sur le véhicule du Président de la République alors qu’il était accompagné de son escorte habituelle ; le fait que, plus récemment encore, qu’en enfant se soit retrouvé dans cortège présidentiel, provoquant un accident obligeant le Président de la République à s’arrêter pour prendre l’enfant et le faire conduire à l’hôpital ; que la voiture du Président soit tombée en panne l’obligeant à rentrer par hélicoptère…, ce sont là des signes qui ne rassurent guerre et qui laissent penser que quelque chose se prépare.
Quels sont les dispositions que nous avons prises ?


Camarade Vice-Président de la République,
Excellences Messieurs les Ministres et Vice-Ministres,
Honorables Parlementaires,
Chers Camarades,

Nous sommes réunis ici pour méditer sur l’engagement et le combat politique de nos héros nationaux.
Ils sont, certes, des héros pour la cause de notre patrie.
Mais ce sont des héros morts.
Nous ne construirons jamais notre pays avec des morts même si nous leur accordons le titre posthume de héros.
Les transformations profondes que requiert notre pays ont besoin de patriotes, de patriotes vivants, des hommes et des femmes en chair et en os.

C’est pourquoi je suggère que la commémoration du 43° et du 3° anniversaire des assassinats de Lumumba et de Kabila soit mis à profit pour que les nationalistes révolutionnaires élaborent des stratégies pour une plus grande unité entre eux.
Que cette unité s’accompagne d’une plus grande capacité sur le plan de l’organisation. Car c’est l’organisation qui nous permettra, non seulement de mieux mobiliser notre peuple, mais aussi de déjouer toutes les conspirations ourdies contre ses intérêts.
Je vous remercie.

Le 17 Janvier 2004.

JEAN-BAPTISTE SONDJI,
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DUFRONT DES PATRIOTES CONGOLAIS-PARTI DU TRAVAIL

 

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