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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

Discours de Son Excellence Monsieur le Président de la République à l’occasion de l’adoption du projet de Constitution par l’Assemblée Nationale

Monsieur le Président de la République Sud-Africaine ;
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
Monseigneur le Président du sénat ;
Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Distingués Sénateurs ;
Distingués invités ;
Chers Compatriotes ;
Il y a deux ans, j’ai promulgué, le 04 avril 2003, la Constitution de la Transition, élaborée sur base de l’Accord Global et Inclusif sur la transition en République Démocratique du Congo.
Conformément à l’article 110 de cette Constitution, j’ai décidé, ce jour, de m’adresser à la Nation congolaise, à travers les deux chambres du Parlement réunies : l’Assemblée Nationale et le Sénat.
Ce message à la Nation intervient au moment où l’Assemblée Nationale vient d’adopter le projet de Constitution devant régir notre pays dès sa promulgation.
L’adoption de ce projet marque une étape décisive dans le processus de transition conduisant à l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes.
Je saisis cette opportunité pour féliciter les Honorables Députés et Sénateurs, pour le travail accompli.
Avant de poursuivre mon propos, je salue la présence parmi nous de Son Excellence Monsieur THABO MBEKI, Président de la République sud-Africaine.
Au nom du Peuple congolais, du Gouvernement et au mien propre, je voudrais réitérer mes remerciements au Président de la République Sud-Africaine d’être des nôtres en ce jour mémorable de l’adoption du projet de Constitution, signe d’amitié et de l’excellence des relations existant entre les Peuples sud-africain et congolais.
C’est ici également l’occasion de remercier le Comité International d’Accompagnement de la Transition, CIAT en sigle, pour son apport et soutien au processus en cours dans notre pays.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes
J’ai estimé opportun d’adresser au Peuple congolais, un message de paix et d’espoir, un message d’apaisement et d’encouragement, en rapport avec l’évolution du processus de transition qui doit se poursuivre jusqu’à son terme.
L’occasion m’est ainsi donnée d’évaluer le chemin parcouru depuis la mise en place des institutions et de rassurer le Peuple de ma détermination à faire aboutir la transition.
Je voudrais également, du haut de cette tribune, présenter mes salutations ainsi que mes remerciements à tout le Peuple congolais, pour son attachement à la paix, à la démocratie et à l’unité de la patrie.
Maintenant qu’une étape rendant irréversible le processus de transition vers la tenue des élections vient d’être franchie, je ne puis m’empêcher d’avoir une pensée pieuse pour ceux de nos compatriotes, civils et éléments des forces armées et de la Police Nationale qui ont donné de leur vie pour sauvegarder l’unité, la cohésion nationale, l’intégrité du territoire, la souveraineté et l’indépendance de l’Etat congolais.
Ces sentiments de reconnaissance s’adressent également aux vaillants casques bleus de la Monuc qui ont perdu leur vie dans la noble mission de rétablissement de la paix et de la sécurité dans notre pays.
Mes remerciements s’adressent enfin à la Communauté Internationale, particulièrement à l’Union Européenne, à la France, aux Pays-Bas, à la Belgique, à l’Afrique du Sud et à l’Angola qui ont apporté une contribution substantielle dans le processus de la transition, notamment la mise en place d’une Armée et d’une Police intégrées ainsi que dans le financement des activités de la Commission Electorale Indépendante.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
Avant d’évaluer le chemin parcouru ensemble, je voudrais rappeler la situation qui prévalait dans le pays avant la mise en place des institutions de la transition.
Le pays était au bord de l’éclatement, occupé par les troupes étrangères et confronté à une guerre qui continuait à décimer inutilement nos populations.
L’économie était en pleine régression, le tissu économique totalement détruit, la coopération bilatérale et multilatérale rompue et le pays plongé dans l’isolement diplomatique.
Le 26 janvier 2001, j’ai pris le ferme engagement de mettre fin à la guerre, de réunifier le pays, de relancer l’économie, de briser l’isolement diplomatique, de poursuivre le processus de démocratisation et d’amener le Peuple aux élections.
Pour ce faire, je me suis inscrit dans la logique du dialogue et de l’ouverture aux forces politiques et sociales, tel que prévu par l’Accord de Lusaka.
La mise en œuvre de cette politique a conduit à la conclusion , d’une part, de l’Accord Global et Inclusif qui a mis fin aux hostilités entre Congolais et, d’autre part, des Accords de Pretoria et de Luanda, respectivement avec le Rwanda et l’Ouganda, en vue de rétablir l’intégrité du territoire national.
Cette tâche, qui a exigé de laborieuses négociations, n’a pas été aisée. En effet, plusieurs rencontres nous ont conduits de Gaborone à Sun City, en passant par Addis-Abeba, Bruxelles, Abuja, Genève et Pretoria, tout cela, à la recherche d’une formule permettant l’intégration et l’inclusion de toutes les forces politiques et sociales, de façon à rendre possible la réconciliation nationale.
A ce sujet, plusieurs formules ont été proposées :
- Un Président de la République et un Premier Ministre ;
- Un Président de la République, deux Vice-Présidents et un Premier Ministre ;
- Un Président de la République et quatre Vice-Présidents.
C’est cette dernière formule qui a rencontré le consensus et qui a permis la signature de l’Accord Global et inclusif en date du 17 décembre 2002 et l’adoption de la Constitution de la Transition promulguée le 4 avril 2003.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
Après ce rappel historique, l’évaluation de la transition à laquelle je vous convie tous, devra permettre, non seulement de signaler ce qui a été fait, ce qui n’a pas été fait, ce qui reste à faire, mais aussi et surtout, de relever les obstacles structurels et les défaillances humaines qui ont ralenti le processus de transition.
A ce propos, le Dialogue Inter-Congolais a assigné aux institutions de la transition les objectifs principaux ci-après :
1° la réunification, la pacification, la reconstruction du pays, la restauration de l’intégrité territoriale et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ;
2° la réconciliation nationale ;
3° la formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée ;
4° l’organisation d’élections libres et transparentes et démocratiques à tous les niveaux.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
Les réalisations et les tâches accomplies dans les domaines de la réunification, de la pacification ainsi que de la restauration de l’intégrité territoriale et de l’autorité de l’Etat sont multiples.
En effet, ce qui, à l’époque, paraissait une simple vue de l’esprit en termes de réunification du pays, est aujourd’hui une réalité. Pour preuves :
1. Toutes les provinces, toutes les villes, ainsi que beaucoup d’autres lieux du pays sont couverts par des réseaux de télécommunications, et les médias. Plusieurs compagnies aériennes relient régulièrement et sans entrave aucune, différents points du territoire national.
2. Les lignes ferroviaires Kisangani – Ubundu, Kindu – Lubumbashi et bientôt Kabalo- Kalemie ont été reouvertes tandis que la voie fluviale, encore marquée d’une grande lenteur et peu exploitée, s’affermit de jour en jour, reliant notamment Kinshasa à Mbandaka et à Kisangani.
3. la réunification territoriale et administrative par la mise en place des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces, la réunification monétaire, économique et fiscale, la réunification judiciaire par la mise en place de tous les magistrats par une même autorité.
S’agissant de la pacification et du rétablissement de l’intégrité du territoire, les foyers de tensions et de conflits se sont apaisés et éteints presque partout, à l’exception de l’Ituri, du Nord-Katanga et des deux Kivu mais qui, depuis peu, connaissent cependant une évolution positive.
Il subsiste des poches, cependant, où les éléments armés répandent la peur et sèment la terreur. C’est le cas, par exemple, de Walungu, dans la province du Sud-Kivu. Cette situation est inadmissible. Je m’impliquerai personnellement pour que le Gouvernement prenne les mesures pour rétablir l’ordre, la sécurité et la justice.
L’objectif de la pacification du pays a conduit aussi le Gouvernement à initier des contacts politiques et diplomatiques pour obtenir le désarmement volontaire et forcé des différents groupes armés évoluant à l’Est du pays.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
En ce qui concerne la mise en place d’une armée nationale restructurée et intégrée, la promulgation de la loi sur la Défense nationale, la mise sur pied de l’Etat-major Général Intégré, les Etats-majors des Régions militaires et de la Structure Militaire d’Intégration témoignent des avancées significatives dans le processus d’intégration de nos forces armées.
Différents centres de brassage sont à pied d’œuvre. Le centre de Kitona vient de terminer, grâce à l’appui appréciable du Gouvernement angolais, la formation et l’intégration de plus de 2.900 hommes constituant la deuxième brigade intégrée. Celle-ci fait suite au processus mis en marche depuis la formation de la première brigade intégrée. La fin de la formation de la troisième brigade, depuis le centre de Kamina, est imminente.
Le centre de brassage de Mushake où sont en préparation près de 6.000 homme, ceux de Nyaleke et de Luberizi ont mis des bouchées doubles pour arriver à temps à ce grand rendez-vous.
Cette restructuration est aussi celle de la Police Nationale, appelée à garantir la sécurité de tous nos compatriotes et de leurs biens. Un plan opérationnel permettant de garantir et de sécuriser, dans les meilleures conditions, les échéances électorales est à l’étude. Il est conçu pour prévenir de possibles menaces ou des risques de dérapage lors du déroulement des élections.
Il s’appuie essentiellement sur la Police Nationale Congolaise et sur les prestations d’autres services de sécurité. Il sera doté d’une structure politico-administrative autonome reposant, au niveau national, sur le Comité de Pilotage de Sécurisation du Processus Electoral.
Un effort général est fait pour doter la Police Nationale des outils de son travail capables de sécuriser, où qu’il se trouve, le citoyen congolais.
Enfin, sans une armée soudée et moderne, véritable rempart de la nation, capable d’opposer une dissuasion crédible aux forces hostiles, de défendre l’intégrité du territoire national et de protéger le peuple congolais, la paix ne restera qu’un vain mot pour notre pays. Aussi, sous ma présidence, le Conseil Supérieur de la Défense se réunit-il régulièrement pour examiner diverses questions relatives à la défense nationale. Parmi celles-ci figure en priorité, la mise en œuvre du programme National de Désarment, Démobilisation et Réinsertion qui, sous l’encadrement de la CONADER, de la MONUC, du PNUD et de l’UNICEF, a déjà procédé à la démobilisation d’environ 10.000 Miliciens.
En ce qui concerne le rétablissement de l’autorité de l’Etat, de nouveaux Gouverneurs et Vice -Gouverneurs de Province ont été nommés, l’Inspecteur Général, les Inspecteurs Généraux Adjoints et les Inspecteurs Provinciaux de la police ont été désignés.
Pour ce qui est de la réconciliation nationale, on peut constater, avec satisfaction, que les frères qui, hier, se considéraient comme ennemis irréductibles, siègent aujourd’hui côte à côte, au sein des mêmes institutions. Et, devant l’impérieuse nécessité de réussir le programme de la transition, fruit du Dialogue inter-congolais, les acteurs politiques doivent se comporter non pas comme des ennemis, mais comme des partenaires ayant un même objectif.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
La réforme de l’Administration Publique a effectivement démarré, notamment avec la révision du cadre juridique, la rationalisation des structures des emplois, l’audit des procédures de gestion des dépenses du personnel et la maîtrise des effectifs par un recensement systématique et rigoureux.
La détermination avec laquelle le Gouvernement poursuit cette opération de recensement, la première d’une telle envergure depuis notre accession à l’indépendance, démontre sa volonté de réussir la réforme de ce qui a longtemps constitué le maillon faible du dispositif de reconstruction du pays. De même, elle permettra de générer des économies susceptibles d’améliorer les conditions salariales des agents et fonctionnaires de l’Etat qui travaillent effectivement.
L’assainissement du cadre macro-économique amorcé par le Gouvernement précédent et poursuivi par le Gouvernement de Transition, a conduit à beaucoup d’effets bénéfiques pour notre économie et notre population, notamment la maîtrise de l’inflation, du taux de change, la stabilisation économique, la maîtrise de l’approvisionnement et des prix des produits pétroliers mettant ainsi fin à de longues files devant les stations de carburant.
On peut aussi observer que, depuis 2001, l’évolution du budget de l’Etat connaît chaque année un accroissement. En effet, de 300 millions de dollars américains en 2001, il est passé à 500 millions en 2002, 800 millions en 2003, 1 milliards 300 millions en 2004 et 1 milliard 700 millions de dollars américains en 2005.
Sur le plan de la réhabilitation des infrastructures de base, des résultats notables ont été enregistrés.
A titre illustratif, je citerai les travaux de voirie à Kinshasa, sur l’Avenue Kasa-Vubu et dans certaines Communes de Kinshasa dont la Commune de Matete.
La remise en état de la Nationale n°1, singulièrement le tronçon Kinshasa- Matadi, aujourd’hui entièrement réhabilitée, facilitant aussi bien l’approvisionnement, à moindres coûts, de la Capitale et des provinces, que l’exportation des biens produits dans le pays.
Il y a à peine quelques jours, il a été inauguré le début des travaux de la Nationale n°2 reliant Mbuji-Mayi à Kasongo en passant par Kabinda et Lubao, tandis que la route BENI-NIANA-KISANGANI connaît un début d’exécution depuis le 7 mai 2005.
Toujours pour faciliter la mobilité et la réunification du territoire, des travaux ont été entrepris aux ports de Kinshasa, de Matadi et de Mbandaka.
Les études de faisabilité des barrages de Kakobola dans le Bandundu et de Katende dans le Kasaï-Occidental ont été achevées et les matériaux destinés à la concrétisation de ces ouvrages ont déjà été acheminés dans notre pays. La construction de la deuxième phase du barrage de Tshala à Mbuji-Mayi a été exécutée et plus de 30 km d’éclairage public ont été réalisés dans cette ville.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
En ce qui concerne le secteur de l’éducation, 126 écoles primaires et secondaires ont été programmées pour réhabilitation, à raison de 23 pour le Bas-Congo, 15 pour le Bandundu, 22 pour le Kasaï-Occidental, 19 pour le Kasaï-Oriental, 22 pour le Katanga et 25 pour la ville de Kinshasa. D’autres le sont depuis la réunification du pays et concernent toutes les provinces du Nord et de l’Est.
Au 31 mars 2005, 38 de ces écoles ont été réhabilitées et réceptionnées, 57 écoles sont en phase finale de réhabilitation et les travaux ont commencé sur beaucoup d’autres chantiers.
Dans le domaine de la Santé, je note qu’au 31 mars 2005, 45 zones de santé sur 67 ont été totalement réhabilitées. Il en est de même de 3 centrales d’achats des médicaments sur 5, et de 8 sur 14 des bureaux d’Inspectorats médicaux de districts et des Instituts de Techniques médicales.
S’agissant de la lutte contre les grandes épidémies et pandémies, le Gouvernement a initié un programme spécial de lutte contre la malaria et un Programme National Multisectoriel de Lutte contre le VIH/SIDA.
Pour rendre plus efficace l’action du Gouvernement dans le domaine de la santé, un projet de loi portant statut spécifique des médecins de l’Etat a été déposé devant l’Assemblée Nationale.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
Au plan politique et institutionnel, le Gouvernement de Transition a certes un rôle central dans la réalisation des objectifs de la transition. Et je viens de vous dire comment il s’en acquitte depuis bientôt deux ans. Le Gouvernement n’est cependant pas un acteur isolé, moins encore un acteur unique. Sont aussi concernés, et ont un rôle nécessairement complémentaire à celui du Gouvernement, l’Assemblée Nationale, le Sénat, les Cours et Tribunaux, ainsi que les Institutions d’Appui à la Démocratie.
En ce qui concerne l’Assemblée Nationale et le Sénat, je salue l’œuvre remarquable accomplie par ces deux institutions en moins de deux ans d’existence, tant comme pouvoir de contrôle de l’exécutif que comme autorité législative. Vous avez donné le meilleur de vous-même, malgré les difficultés liées à votre installation, passant des sessions ordinaires aux sessions extraordinaires sans interruptions ni vacances.
En adoptant 45 textes de loi, y compris les lois autorisant la ratification des accords internationaux, vous avez non seulement enrichi et renforcé l’arsenal juridique de notre pays, mais surtout joué un rôle historique dans la refondation de notre pays, dans l’édification et la consolidation de l’Etat de droit. Puissiez-vous trouver ici l’hommage du Gouvernement et de l’ensemble de la Nation.
Je voudrais aussi, du haut de cette même tribune, saluer le Pouvoir Judiciaire. Je connais les difficultés de fonctionnement qui sont les siennes et je tiens à le rassurer que les grandes réformes requises dans le domaine judiciaire seront menées à bout, notamment en ce qui concerne le nouveau statut des magistrats et leurs rémunérations ; l’organisation et le fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature. Je l’exhorte donc à assumer pleinement et effectivement son rôle dans la lutte contre la criminalité et dans la sauvegarde des libertés individuelles et des droits fondamentaux des citoyens. En toute indépendance, comme le veut la Constitution.
Je salue et exhorte tout autant à plus d’effectivité la Cour des Comptes, l’Inspection Générale des Finances et tous les autres grands corps de l’Etat concernés par l’assainissement des mœurs de gestion de la chose publique dans notre pays. Leur tâche est noble. Je les invite à persévérer et à assumer davantage leurs responsabilités.
S’agissant des institutions d’appui à la démocratie, il y a lieu de déplorer leur démarrage tardif dû à la longue procédure allant de l’adoption des lois organiques à l’installation de leurs structures. Il est aujourd’hui impératif que ce retard soit rattrapé, que ces institutions assument pleinement et réellement leurs mandats et que la population soit régulièrement informée de leurs activités. Il en va de leur crédibilité et de la bonne fin du processus de transition.
Je ne peux que souligner l’importance de leur rôle dans la pacification des cœurs et des esprits ; dans la prévention et la résolution des conflits ; dans la promotion de la bonne gouvernance, de la culture civique et de l’éthique publique ; dans la protection et la promotion des droits fondamentaux, de la liberté d’information, du droit des citoyens à la bonne information et de celui des acteurs politiques à un traitement équitable dans les médias publics.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
En ce qui concerne l’organisation des élections, cette mission a été confiée à la Commission Electorale indépendante. La loi portant son organisation et son fonctionnement a été promulguée le 5 juin 2004, tandis que la loi portant identification et enrôlement des électeurs n’a été promulguée que le 24 décembre 2004.
Depuis lors, la Commission Electorale Indépendante a déjà acquis, déployé sur le terrain et testé le matériel d’identification et d’enrôlement des électeurs, amorcé à Kinshasa la sensibilisation des populations et la vulgarisation des instruments juridiques déjà disponibles, installé ses bureaux de liaison tant à Kinshasa qu’en provinces et lancé l’opération de recrutement et de formation de 40.000 agents recenseurs. Il ne lui reste donc plus qu’à renforcer progressivement ses capacités et à accroître son effectivité et sa visibilité.
Je constate aussi, avec satisfaction, que la livraison des 10.000 kits commandés par la Commission Electorale indépendante va commencer au début du mois de juin prochain.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
Grâce à l’effort de tous, nous avons accompli beaucoup de réalisations et notre pays, réunifié et pacifié, se remet progressivement debout. A l’intérieur, comme à l’extérieur, la confiance dans nos institutions renaît, comme en témoigne l’importance du concours extérieur au financement du budget de l’Etat.
Nous n’avons donc, ni individuellement, ni collectivement, intérêt à susciter et à entretenir l’incertitude quant à l’avenir. Nous n’avons pas le droit d’investir dans la politique du pire. Car, le pays n’a jamais été aussi proche de la tenue des élections pluralistes et transparentes, depuis 1960. Nous devons tenir bon jusqu’à l’organisation des élections qui mettront fin, une fois pour toutes, à la crise de légitimité et à la spirale d’innombrables et interminables transitions.
L’Accord Global et Inclusif et la Constitution de la Transition, adoptées par consensus au Dialogue Inter-congolais, constituent pour nous tous, gouvernants et gouvernés, acteurs institutionnels et non institutionnels, l’unique cadre de référence pour l’organisation du pouvoir et le règlement de tout différend pendant la Transition. Ils sont impératifs et opposables à tous ! En ce qui me concerne, je redis ici et de la manière la plus solennelle, mon engagement à respecter et à faire respecter scrupuleusement l’esprit et la lettre de ces deux textes fondamentaux.
Si le droit de manifester est garanti par la Constitution, l’appel à la rue, l’incitation à l’insurrection et à la violence, sont des faits répréhensibles qui ne sont pas de nature à apporter des solutions aux problèmes de notre peuple
Faut-il ici relever, que les pillages de 1991 comme ceux de 1993 n’ont nullement fait avancer la cause de la liberté et de la démocratie dans notre pays, mais qu’en revanche, ils ont contribué à anéantir une économie nationale déjà malade, réduisant au chômage des milliers de chefs de familles, et exacerbant ainsi la pauvreté et la précarité.
Je demande donc que nous nous appliquions tous à honorer nos signatures et à respecter nos engagements, et que face à tout problème qui pourrait surgir, nous privilégions le dialogue et recherchions des solutions dans le cadre des textes qui nous régissent.

Honorables Députés,
Honorables Sénateurs,
Chers Compatriotes,
Je suis informé de la requête déposée à l’Assemblée Nationale et au Sénat par la Commission Electorale Indépendante pour la prolongation de la transition afin de permettre l’organisation des élections et ce, conformément à l’article 196 de la Constitution de la Transition.
J’invite l’Assemblée Nationale et le Sénat à l’examiner avec rigueur et, surtout, à proposer des pistes de solutions pour accélérer l’avènement du nouvel ordre politique.
Bien entendu, le processus de la transition n’a pas connu que des réalisations positives, il a connu aussi des faiblesses.
Parmi celles-ci, on peut relever la modicité et la précarité des ressources financières, les tentatives de déstabilisation des institutions de la transition, notamment les incidents de Bukavu, de Kanyabayonga, les deux tentatives de coup de force à Kinshasa et, dernièrement, la tentative de déstabilisation des institutions à partir de la ville de Lubumbashi.
Il y a lieu de déplorer aussi les défaillances imputables au comportement de certains animateurs.

Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
Je comprends l’inquiétude et l’impatience du Peuple congolais, habitué à des rendez-vous historiques manqués et à des promesses d’élections démocratiques non tenues.
A ma prise de fonction, j’avais promis de mettre fin à la guerre, de rétablir la paix et de réunifier le pays. Je m’y suis employé sans relâche et, aujourd’hui, avec l’aide de Dieu et de vous tous, ces promesses ont été réalisées.
Au début de la transition, j’ai fait le serment de respecter et de faire respecter scrupuleusement l’Accord Global et Inclusif et la Constitution de la Transition. Devant la Nation et devant l’histoire, j’ai donc pris l’engagement de conduire le peuple congolais aux élections. Cet engagement sera respecté.
Je ne puis terminer mon propos sans exhorter la population congolaise à participer massivement à l’opération d’identification et d’enrôlement, véritable coup d’envoi des activités pré-électorales. A l’issue de cette opération, chaque Congolaise, chaque Congolais, sera muni de sa carte d’électeur qui lui permettra de participer au référendum et, au moment des élections, de se choisir librement ses dirigeants.
Je voudrais aussi rassurer notre population qu’avec l’adoption du projet de Constitution, le train est en marche, le processus est réellement irréversible et que les élections vont certainement avoir lieu.
Après l’identification et l’enrôlement qui commencent au mois de juin prochain, nous allons organiser le référendum, qui sera suivi par les élections. Toutes ces opérations doivent se dérouler dans le délai prévu par la Constitution.
A cet effet, une nouvelle impulsion au processus s’impose, ce qui implique un profond réaménagement dans le chef des animateurs des institutions en place, conformément à la Constitution.
Dès lors, j’invite instamment les Responsables de toutes les Composantes et Entités à procéder, sans délai, à l’évaluation de la performance des acteurs respectifs desdites institutions en vue, le cas échéant, d’en tirer toutes les conséquences.
Tous les moyens seront mis en œuvre pour accélérer le processus d’intégration de l’Armée et de la Police Nationale, de manière à assurer la sécurité de tous, particulièrement pendant la période des élections.
C’est dans ce cadre que 32.000 Policiers recevront, très prochainement, la formation appropriée.

Monsieur le Président de la République Sud-africaine
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
Monseigneur le Président du Sénat
Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs ;
Chers Compatriotes ;
Aux fonctionnaires, militaires et policiers, sachez que le Gouvernement est conscient de la modicité de votre revenu. Je vous informe que les instructions ont été données pour l’amélioration de vos salaires avec les ressources qui seront générées par la réforme de l’administration publique et le contrôle, en cours, des effectifs de l’Armée et de la Police Nationale.
Toujours dans le souci d’améliorer les conditions de vie de nos populations, 27 milliards de Francs congolais, disponibles dans le cadre du programme PPTE, seront destinés aux secteurs sociaux et, de façon prioritaire, à la santé et à l’éducation.
Et, pour rencontrer les préoccupations de la population de Kinshasa, en ce qui concerne le transport en commun, le Gouvernement a déjà commandé et payé un premier lot de 250 bus.
Aux jeunes, aux mamans et à tous les hommes épris de paix, je vous invite à vous mobiliser tous pour soutenir le processus électoral qui vient d’amorcer un virage important avec l’adoption, ce jour, du projet de Constitution.
Aux Responsables des confessions religieuses, je vous invite à continuer à prier pour le Congo, à prêcher le respect mutuel, la paix et l’amour du prochain.
Aux Responsables des partis politiques, aux membres et activistes de la société civile, j’interpelle votre conscience pour que vous puissiez jouer votre rôle dans la réalisation des intérêts profonds de notre peuple.
Aux Signataires de l’Accord Global et Inclusif, j’en appelle à votre sens de responsabilité et au patriotisme de chacun d’entre vous. Que tous se souviennent que la citoyenneté n’est pas faite que des droits, mais aussi des devoirs, et que cela est valable tant pour les hommes que pour les partis politiques.
Ainsi, au droit reconnu à ces derniers de se former et d’exercer librement leurs activités, la Constitution ainsi que la loi sur les Partis politiques font correspondre une double obligation : celle de concourir à l’expression du suffrage, à la formation de la conscience nationale et à l’éducation civique ; celle aussi d’agir dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.

Chers Compatriotes,
Nous avons fait un long vol, tout ce qui se passe aujourd’hui est comparable aux turbulences qui précèdent tout atterrissage.
Les souffrances de notre population sont réelles, ses peines sont visibles. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas le reconnaître. Mais le bien-être attendu après la renaissance de notre pays est encore plus important.
Les prises de paroles contradictoires, les unes contre les autres, prouvent clairement que le Congo est en train de faire son entrée remarquable dans l’univers de la démocratie. Il nous faut cependant mettre un peu d’ordre dans notre comportement et cultiver un véritable esprit de tolérance et de vérité.
Je suis confiant que, quel que soit ce qui se passe, ce qui se dit, les Congolais savent exactement où se trouvent leurs intérêts.
Que Dieu bénisse et protège la République Démocratique du Congo, et je vous remercie.