Kamerhe dénigre
l'œuvre de
Mzee Laurent-Désiré Kabila

Analyse des
"Perspectives électorales en R.D.C. - Enseignements tirés du message à la Nation
du Président de le République le 16 mai 2005"

document signé Vital Kamerhe

7 juin 2005

Cette analyse est proposée à la signature des militants et cadres nationalistes kabilistes par

Jean-Jacques Ngangweshe ancien membre du secrétariat général de l’AFDL et des CPP et Jean Kalama Ilunga ancien cadre de l’AFDL et des CPP – Paris ;
Jorge Alves et Junior Kisui, deboutcongolais.info - Bruxelles ;
Mantabel Gode, président du PADES; professeur Mashaury, responsable de la Coordination des Révolutionnaires Kabilistes; Wembo Ossako, président du Front Patriotique, Justin Bitakwira, cadre kabiliste; Franck Mayengo, président des Forces Nationalistes Révolutionnaires; Albert Mukulubundu, cadre du Front des Patriotes - Parti du Travail; Henri Kazanga Kitenge, président du Cadre de Concertation des Groupes Révolutionnaires pour la Démocratie Directe – Kinshasa.

Pour co-signer cette déclaration contactez : defendons_mzee_kabila@yahoo.fr

Introduction

Les nationalistes partisans de l'œuvre de Laurent-Désiré Kabila, de Mulele et de Lumumba, font l’analyse de la situation politique depuis l'assassinat de Mzee Kabila.
Mzee était un nationaliste et un révolutionnaire hors pair qui, grâce à sa longue expérience, a porté sur ses épaules tout le poids de la guerre de libération, de la reconstruction et finalement de la guerre de résistance patriotique contre les agresseurs rwandais, ougandais, brunudais et leurs bandes de collaborateurs congolais.

L'assassinat de Mzee a été un coup terrible, porté par les ennemis du Congo.
Le 16 janvier 2001, les nationalistes, groupés autour du général-major Joseph Kabila et du général-major Sylvestre Lwetscha, ont été obligés de reculer pour éviter leur élimination planifiée.
Ils ont tenté de sauver l'essentiel, pour pouvoir relancer ensuite la lutte pour l'idéal de Mzee.

Mais les forces néocoloniales qui ont dominé la Transition mobutiste (1990-97), se sont alliées aux rebelles pro-Kagame et pro-Museveni, et ensemble elles constituent la majorité dans le nouveau régime issue du Dialogue de Pretoria.

Nous savons que Mzee, qui avait créé les Comités du Pouvoir Populaire (CPP) pour que le peuple mûrisse et se prend en charge. Il n'a pas eu le temps de reconstituer le Parti de la Révolution Populaire, reconstruction qu'il voulait réaliser avec les meilleurs éléments émergés des CPP.

Après l'assassinat de Mzee, ce sont les infiltrés du MPR et du Frojemo qui se sont précipités pour liquider les CPP sans discussion à la base, montrant ainsi leur mépris total des masses populaires.
Ce sont les mêmes qui ont présenté le 26 janvier 2001 comme l'antipode du 17 mai 1997.
Pour eux, finies, toutes ces aberrations qui s'appellent Pouvoir Populaire, décolonisation économique, lutte contre l'exploitation des masses par la bourgeoisie bureaucratique et compradore, auto-prise en charge, défense de l'indépendance et de la souveraineté contre les ingérences et impositions des puissances impérialistes.

Les 16-26 janvier 2001, Joseph Kabila a hérité une situation impossible. Washington le plaçait devant le choix : rompre avec la politique de Mzee Kabila ou subir le même sort…
Mzee Kabila avait une expérience révolutionnaire unique de 40 années, sa forte personnalité dominait le nouveau régime nationaliste, il avait une popularité extra-ordinaire. Après l'assassinat de ce Géant du nationalisme congolais, Joseph Kabila et son équipe ont été obligés de faire des concessions humiliantes, dans l'intention de sauver l'essentiel. Mais pour sauver l'essentiel dans une situation où il faut reculer devant des adversaires devenus arrogants, il faut beaucoup de courage et d'intelligence politiques.
Déjà dans l'entourage de Mzee, on trouvait de nombreuses personnes qui criaient "Vive Mzee!" dans le seul but de maintenir leur poste. Ils se moquaient complètement des principes et des orientations politiques définis par Mzee.
Ce phénomène s'est encore amplifié aujourd'hui…
Le discours du Chef de l'Etat du 16 mai 2005 était adressé à l'Assemblée nationale et au Sénat où les adversaires de Mzee Kabila ont la majorité.
Le but principal du discours était d'assurer que le Transition, acceptée par tous à Pretoria, aboutisse à une fin heureuse.
Aujourd'hui, l'essentiel, c'est effectivement cela !Ensuite, ce sont les élections qui trancheront.
Si les nationalistes les gagnent, le peuple pourra reprendre la marche vers l'indépendance, le pouvoir populaire et le bien-être qui a commencée le 17 mai 1997 et qui a été brutalement interrompue par l'agression - rébellion, par le pillage et le génocide commis par les Rwandais et Ougandais et leurs "rebelles".

Comme Président de la République, Joseph Kabila doit se mettre, en s'adressant à l'Assemblée nationale et au Sénat où se trouvent beaucoup d'ennemis acharnés du nationalisme kabiliste, "au-dessus" de sa propre famille politique.
Néanmoins, nous estimons que les rédacteurs du discours sont allés parfois trop loin dans les concessions politiques et idéologiques. Et ils ont écrit quelques contre-vérités qui nuisent à notre cause.
Entre autres celle-ci : "(Le 16 janvier 2001) le pays était au bord de l'éclatement, occupé par les troupes étrangères et confrontés à une guerre qui continuait à décimer inutilement nous populations. … Le pays était plongé dans l'isolement diplomatique".
Ce sont des affirmations qui ne correspondent pas à la vérité historique.
En effet, les résolutions 1234 et 1304 de l'ONU avaient affirmé déjà en 1999 et en 2000 que le Rwanda et l'Ouganda ont agressé et occupé le Congo en violation des principes de la Charte de l'ONU et qu'ils devaient immédiatement prendre des mesures pour retirer toutes leurs troupes de la R.D.C.
La résistance contre l'agression - occupation a commencé le 2 août et elle a continué sans faiblir jusqu'au 16 janvier 2001 et loin au-delà : quel nationaliste peut affirmer que cette résistance héroïque "continuait à décimer inutilement nos populations" ???
Les résolutions 1234 et 1304 ont prouvé également que le Congo avait rompu son isolement du début de la guerre et que, désormais, c'étaient bel et bien les agresseurs rwandais et ougandais qui se trouvaient sur banc d'accusation et de plus en plus isolés!

Dans le présent document, nous faisons l'analyse scientifique et critique des "Enseignements tirés du message à la Nation du Président", document signé Vital Kamerhe.
Le texte de kamerhe constitue une attaque en règle contre l'oeuvre révolutionnaire de Mzee Laurent-Désiré Kabila.
Mzee est présenté par Kamerhe comme un homme qui a ruiné le Congo, qui a poussé le pays à l'éclatement, qui a plongé le pays de Lumumba dans un chaos généralisé… Jusqu'à présent, seuls les rebelles et leurs alliés de l'opposition politique, osaient tenir des propos aussi injurieux à l'adresse du Héros national.
Le texte de Kamerhe affirme "tirer les enseignements" du discours du Président.
Kamerhe a fait 18 pages, alors que le discours du Président n'en compte que 16.
Normalement, on tire "les enseignements" après avoir lu un texte. Mais l'écrit de Kamerhe précède le discours du Chef de l'Etat… Après les 18 pages indigestes de Kamerhe, qui lira encore le discours du Président?

I. Kamerhe : "Mzee a plongé le Congo dans une situation très préoccupante, dans une catastrophe économique, au bord du chaos."

A la page 4, Kamerhe falsifie l'histoire du Congo et dénigre la politique révolutionnaire du Président Mzee Laurent-Désiré Kabila. Kamerhe affirme ceci :
"Au moment de l'accession (de Joseph Kabila) à la Magistrature suprême, la situation est très préoccupante:
1. Régression du développement général du pays, épuisé par 32 années de dictature.
2. Deux guerres en l'espace de quatre ans;
3. Partition de fait du pays occupé militairement par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi qui n'attendaient plus que la reconnaissance internationale".

Analysons point par point.
1. D'abord, Kamerhe périodise la dictature le 24 novembre 1965. Ainsi il s'oppose diamétralement à Mzee Kabila qui a toujours mentionné les 5-14 septembre 1960 comme le début de la dictature néocoloniale au Congo, et non le 24 novembre 1965, le moment où Mobutu a remplacé Tshombe comme principal homme politique néocolonial. Ceci n'est pas un détail de l’histoire.
En effet, la terreur contre les jeunesses et les masses lumumbistes a commencée dès l'élimination politique de Lumumba. Des milliers de nationalistes, dont Gizenga, ont été emprisonnés après l'assassinat de Lumumba, des centaines de lumumbistes ont été tués entre 1960 et 63.
Tshombe, Mobutu, Kasavubu, Nendaka, Ileo et Bomboko ont été les figures principales de la période de répression et de terreur contre les nationalistes qui a commencé le 4 septembre 1960
La période où le terrorisme de l'Etat a atteint son développement maximal, se situe avant le 24 novembre 1965 : nous parlons des années 1964-65, lorsque, pour écraser la révolution muleliste, plus de 300.000 "jeunesses" ont été massacrées par l'armée néocoloniale appuyée par les armées belge et américaine et par des mercenaires blancs de l'Afrique du Sud et de la Rhodésie.
Mais selon Kamerhe, le Congo était toujours en "démocratie".
Ensuite, l'homme de la répression sanglante, Tshombe, a été élu "démocratiquement" par une population encore sous le choc de la terreur.
A ce moment, les Occidentaux ont estimé qu'un régime civil ne pourrait pas mater les révoltes populaires qui couvaient. Le régime dictatorial de Tshombe serait constamment menacé par de nouvelles insurrections. Ainsi, ce régime néocolonial élu apparaissait comme trop faible face au peuple révolutionnaire prête à reprendre le combat pour l'idéal de Lumumba.
L'impérialisme a choisi alors d'imposer un régime dictatorial militaire, qui utilisait en même temps de la démagogie nationaliste. Et on a eu le coup d'Etat du 24 novembre 1965 organisé par Mobutu, président, Mulamba, premier ministre et Tshisekedi, ministre de l'intérieur..
Périodiser la dictature en 1965, c'est délibérément falsifier l'histoire du Congo et l'enseignement de Mzee Kabila.

2. Ensuite, Kamerhe mets sur le même pied la guerre de libération, cette guerre populaire dirigée de main de maître par Mzee, et la guerre d'agression génocidaire déclenchée par le Rwanda et l'Ouganda. Ces "deux guerres en quatre ans" auraient créé "une situation très préoccupante".
Aucun patriote congolais, nationaliste et kabiliste ne peut mettre sur papier une telle ignominie. Mettre la guerre de libération et la guerre d'agression et d'occupation sur le même pied, comme sources de malheurs et de désastres, c'est justement ce que font les mobutistes et autres ennemis de Mzee Kabila. En fait, leur conviction profonde est que le malheur a commencé avec la guerre de libération victorieuse qui balaya le régime mobutiste !
Toute la population congolaise sait que la guerre de libération a remis le Congo sur la voie de Lumumba, et cela après 37 années de dictature néocoloniale. Seuls les réactionnaires peuvent mettre sur le même pied la guerre de libération menée par les forces nationalistes révolutionnaires et la guerre d'occupation, la guerre génocidaire des agresseurs rwandais et ougandais et leurs valets rebelles congolais.

Faut-il rappeler à l'ancien chef du Front des Jeunes Mobutistes, monsieur Kamerhe, que la guerre de libération de Mzee a amené un changement radical de la situation des masses populaires de tout le Congo? Faut-il lui rappeler que la meilleure période qu'ont connue les Congolais depuis le 30 juin 1960, est justement la période qui commence le 17 mai 1997 et se termine avec la guerre d'agression génocidaire?
En effet, très vite après la victoire du 17 mai 1997 la sécurité a été restaurée sur pratiquement l'ensemble du territorial national et notamment à Kinshasa. Pendant toute la Transition "démocratique", le taux d'inflation a été énorme et a même dépassé les 8.000 % en 1993 ! Kabila a réussi en une brève période à maîtriser l'inflation, les prix étaient devenus stables. L'Etat a été rétabli, les militaires, policiers et fonctionnaires ont été correctement payés, la fierté nationale des Congolais et Congolaises a été rétablie. Un Plan triennal réaliste a été adopté qui allait permettre au pays de redémarrer… Les Congolais voyaient un avenir heureux grâce à la reconstruction et grâce à la mobilisation de toutes les énergies populaires.
Kamerhe n'a rien senti de tout cet élan populaire.
Mais Kamerhe évoque une "situation très préoccupante due à deux guerres en l'espace de deux ans"… Quelle insulte à la mémoire de Mzee Laurent-Désiré Kabila !

Enfin, parlant de "la situation très préoccupante" dans laquelle Mzee aurait laissé le Congo, Kamerhe mentionne un troisième point: "3. Partition de fait du pays occupé militairement par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi qui n'attendaient plus que la reconnaissance internationale ". (p.4) Nous réfuterons cette assertion mensongère ensemble avec une autre contre-vérité fabriquée par Kamerhe, qui affirme : "(En 2001) la situation politique est au bord du chaos : impasse du processus global de paix de Lusaka, interruption de tous les contacts avec le facilitateur Masiri déclaré persona non grata…"

Nous réfutons point par point ces calomnies contre Mzee. "Impasse du processus global de paix de Lusaka…"
Le 15 janvier 2001, il n'y avait nullement une "impasse du processus global de paix de Lusaka"!
Non, grâce à la politique nationaliste ferme de Mzee, le monde entier avait déjà reconnu que le Congo était bel et bien agressé et occupé par les armées rwandaise et ougandaise et donc que l'Accord de Lusaka, basé sur le mensonge d'un "conflit interne au Congo", était caduc !

Quel a été le véritable but de ceux qui ont imposé l'Accord de Lusaka sous le chantage le plus ignoble?
Le "International Crisis Group" est le groupe d'Etude sur le Congo le plus important du monde, financé par les Etats-Unis et l'Union Européenne, il engage des spécialistes du plus haut niveau pour analyser les évolutions au Congo.
A propos des fameux Accords de Lusaka si chers à Kamerhe, le ICG a du avouer ceci. « Le Président congolais, Laurent-Désiré Kabila, a été contraint de signer l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka qui avait comme but de réaliser son écartement du pouvoir ». (1)
« La configuration des discussions tracée dans l’Accord de Lusaka a été dessinée expressément pour renverser le régime de Laurent Kabila, le Président de l’époque, en le forçant de négocier sur une base d’égalité avec ses nombreux opposants. Le même sort attend son fils Joseph, s’il entre dans le Dialogue. »
(2)
Pour quelle raison, Kamerhe voulait-il que Mzee se soumette docilement aux stipulations d'un tel Accord écrit et imposé expressément pour éliminer le régime nationaliste au Congo ?

Puis Kamerhe est obligé de cacher à ses lecteurs que, le 9 avril 1999 déjà, le Conseil de Sécurité a voté la Résolution 1234 qui affirma la justesse de la cause congolaise défendue par Mzee Kabila.
La Résolution « réaffirme que tous les Etats ont l’obligation de respecter l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et la souveraineté nationale de la République démocratique du Congo et qu’ils sont tenus à s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance (du Congo).
La Résolution « déplore que des forces d’Etats étrangers demeurent en République démocratique du Congo dans des conditions incompatibles avec les principes de la Charte des Nations Unies et demande à ces Etats de mettre fin à la présence de ces forces non invitées et de prendre immédiatement des mesures à cet effet. »
Un an plus tard, en juin 2000, le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a été choqué par le spectacle terrifiant de l'Ouganda et du Rwanda s'affrontant militairement sur le territoire congolais et cela à trois reprises!
Le Conseil de Sécurité a largement suivi Kofi Annan et la Résolution 1304 de l'ONU de juin 2000 était une victoire stratégique de la diplomatie de Mzee.
Elle dit ceci. "4. Exige: a. Que l'Ouganda et le Rwanda, qui ont porté atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, commencent à retirer toutes leurs forces de son territoire sans plus tarder, conformément au calendrier prévu dans l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka et le Plan de dégagement de Kampala en date du 08 avril 2000 … "
L'ONU reconnaît donc dès juin 2000 que le Congo est agressé et occupé par le Rwanda et l'Ouganda et qu'ils doivent retirer leurs troupes "sans tarder". En clair: il ne faut pas attendre "le processus global de paix de Lusaka…" et son dialogue inter-congolais, qui n'ont strictement rien à voir avec l'agression et l'occupation.

Tout cela permet de dénoncer un autre mensonge et une autre calomnie signés Kamerhe : "Le Président Joseph Kabila … a réussi à convaincre tout le monde que la guerre en R.D. du Congo est une agression avérée".
Nous n'avons pas dû attendre le 26 janvier 2001 pour que le monde reconnaisse l'agression du Congo:
Mzee Kabila avait déjà imposé cette vérité à l'ONU deux ans plus tôt, le 9 avril 1999 !!!
Puis Kamerhe affirme : "Le Rwanda et l'Ouganda n'attendaient plus que la reconnaissance internationale". C'est une calomnie révoltante contre la politique de Mzee. Kamerhe présente Laurent-Désiré Kabila comme un irresponsable et un aventurier qui a failli pousser les Occidentaux à reconnaître l'annexion de grandes parties du Congo par les armées rwandaise et ougandaise. C'est un mensonge grossier de Kamerhe.
Kamerhe sait parfaitement bien que la Résolution 1304 de l'ONU de juin 2000 "4. Exige: a. Que l'Ouganda et le Rwanda, qui ont porté atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, commencent à retirer toutes leurs forces de son territoire sans plus tarder".
La "reconnaissance internationale imminente de la partition du territoire congolais" est donc une invention de Kamerhe.

II. L'Assemblée Constituante et Législative de Mzee Kabila déclare : "Les Accords de Lusaka sont caduc".

Suite à la Résolution 1304 de l'ONU de juin 2000 de l'ONU, l’Assemblée Constituante et Législative – Parlement de Transition, en session à Lubumbashi, a dénoncé les clauses de l’Accord de Lusaka qui sont contraires à la Charte de l’ONU et violent la souveraineté et l'indépendance du Congo.
Tous les efforts de Mzee Kabila, de son gouvernement et de son parlement seront désormais concentrés sur un seul objectif : les agresseurs doivent quitter le territoire congolais immédiatement et inconditionnellement, ensuite le gouvernement organisera un Forum inclusif de toutes les forces attachées à l'indépendance et la souveraineté du Congo.

La Résolution de l'ACL-PT souligne que le 14 et 15 août 2000, lors de la rencontre des signataires de l’Accord de Lusaka, les Etats-Unis, le Rwanda, l’Ouganda, l’Afrique du Sud, la Zambie et les trois groupes de rebelles ont refusé de discuter la question du retrait des forces d’agression et d’occupation, exigé le 9 avril 1999 par la résolution 1234 du Conseil de Sécurité.
La Résolution 001 de l’Assemblée Constituante et Législative affirme que «l’agression contre la République Démocratique du Congo est devenue un fait juridique non-discutable par des décisions du Conseil de Sécurité et de la Cour Internationale de Justice ».
Elle déclare « la caducité de l’Accord de Lusaka, fondé sur la thèse d’une rébellion » et dénoncé par un nombre croissant de rebelles qui ont quitté les agresseurs.
La Résolution qualifie les restes des trois groupes rebelles comme des « factions de la trahison nationale ».
La fiction d’une « rébellion interne » qui devait être mise sur un pied d’égalité avec le gouvernement légale – et c’est là le noyau de l’Accord de Lusaka - appartenait définitivement au passé.
Mais Kamerhe rejette, comme un véritable renégat, tous ces acquis de Mzee Kabila et de l’Assemblée Constituante et Législative – Parlement de Transition constituée à l'initiative de Mzee.

Kamerhe dénonce Mzee Kabila parce qu'il a récusé Masire. Mais Masire, qui se prenait pour le faiseur de Rois au Congo, était ouvertement de mèche avec les agresseurs !
Les députés de l'ACL-PT se disent surpris « par l’acharnement de certains participants à imposer Masire comme facilitateur », quoiqu’il ait été récusé par le Congo. Apparemment, Masire et ceux qui le pilotent, veulent « régenter notre pays, confirmant leur complicité active avec l’agression, l’invasion et l’occupation de notre territoire ».
Le texte affirme que le Congo « est en droit de se reconnaître en position de légitime défense face à l’atteinte à sa souveraineté et à son intégrité territoriale ».

On sait qu’au moment où les Rwandais et Ougandais ont déclenché leur agression, le gouvernement Kabila était en pleine préparation de la convocation d’une Assemblée législative et constituante.
Mi-mai 2000, Kabila a repris ce projet interrompu par la guerre. Masire, l'a immédiatement rappelé à l’ordre : « L’assemblée constituante est destinée à faire avorter le processus du dialogue. » (3)
Le « dialogue intercongolais » était donc utilisé par Masire pour couvrir un coup d’Etat qui retire au gouvernement légitime l'essentiel de ses prérogatives. Kabila et le gouvernement de salut public sont considérés être démissionnaires, il leur est interdit de continuer le travail gouvernemental interrompu par l’agression. C’est cela la logique de Masire qui pensait pouvoir mettre le Congo sous tutelle américaine. Et Kamerhe se fait le défenseur de ce Masiri…

En réalité, Masire, qui devait "faciliter" le dialogue, était devenu le Grand Complicateur ! Il avait annoncé clairement la couleur : « L’objectif du dialogue national est de créer une nouvelle base constitutionnelle et gouvernementale favorisant une paix durable au Congo ». (4) Masire affichait ainsi clairement son intention de changer les bases mêmes de la politique nationaliste du gouvernement congolais. Il était l'instrument d'un coup d'état pro-américain et pro-agresseurs.
Evoquant à quoi ressemblera le « nouvel ordre politique » qu’il voulait imposer au Congo, Masire a eu l’affront de dire : « On peut citer l’exemple de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe ». (5)
Pour cette seule phrase, Masire méritait d’être chassé du Congo comme un indésirable. Cette phrase place le gouvernement nationaliste et légitime de Kabila, reconnu comme tel par le monde entier après le 17 mai 1997, sur le même pied que les gouvernements coloniaux, racistes et terroristes qui ont régné pendant des décennies sur ces deux pays de l’apartheid blanche.
Kabila comparé à des racistes comme Verwoerd et Botha de l’Afrique du Sud et Ian Smidt de la Rodhésie : il fallait le faire !
Si Kamerhe aurait pris la défense de Masiri du vivant de Mzee, il aurait été considéré comme traître. Kabila assassiné, le Congo ne pouvait pas résister aux dictats américains et il fallait bien "accepter" Masiri. Mais Kamerhe ose aujourd'hui s'en prendre à Mzee qui a déclaré Masiri persona non grata…

Dans ses conclusions, l’Assemblée « dénonce l’Accord de cessez-le-feu signé à Lusaka le 10 juillet 1999 parce que dépassé ; demande au Conseil de Sécurité la stricte application de la Résolution 1234 ordonnant le retrait immédiat du sol congolais de toutes les forces étrangères non-invitées ; envisage la désignation d’un autre facilitateur neutre ».

Une des conclusions essentielles de la Résolution de l'ACL-PT était que les agresseurs, soutenus et protégés par les Etats-Unis et l’Afrique du Sud, ne quitteront le Congo que lorsque les forces armées du Congo seront en mesure de les bouter dehors. L’Assemblée « en appelle au peuple congolais de se mobiliser en forces d’autodéfense populaires pour résister, combattre, battre les forces d’occupation et de libérer le pays de l’agression ; demande au gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent face à la volonté manifeste des agresseurs de perpétuer l’occupation du pays, de poursuivre la guerre d’invasion jusqu’à Kinshasa ».

Kamerhe connaît parfaitement cette résolution capitale, élaborée sous la supervision de Mzee. Qui est Kamerhe pour qu'il puisse rejeter avec une telle arrogance toute la politique de Mzee Laurent-Désiré Kabila et de l'Assemblée Constituante et Législative - Parlement de Transition ?
En plus, Kamerhe falsifie tout l'œuvre de Mzee en caractérisant la situation du pays au 16 janvier 2001 en ces termes : "Partition de fait du pays occupé militairement par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi". Non, début janvier 2001, la résistance des FAC et des armées alliées et la résistance populaire avaient brisé les offensives stratégiques des agresseurs, avaient stoppé leurs progrès et les avaient condamnés stratégiquement à la passivité. Du côté congolais, la mobilisation diplomatique, populaire et militaire battait son plein pour bouter les agresseurs dehors ! Et Mzee allait réussir. Mzee était en train de gagner sa deuxième guerre de libération !
C'est pour cette raison qu'il ne restait aux Etats-Unis que l'assassinat pour faire "rentrer" le Congo dans les rangs…

Kamerhe falsifie aussi l'histoire en présentant le Président Laurent-Désiré Kabila comme un homme têtu prônant l'exclusion.
Lors de la première session de l'ACL-PT à Lumumbashi, nous avons vu des responsables du RCD qui ont rompu avec les agresseurs, participer activement aux débats. Ils se sont engagés à mener une campagne auprès de leurs anciens compagnons - rebelles pour les faire revenir à la raison en quittant le camp de l'agression, de l'occupation et de la rébellion.
Mzee n'a jamais traité une personne qui avait un minimum de patriotisme comme un ennemi. Mzee n'excluait aucun patriote, mais il devait bien exclure ceux qui persistaient à servir les agresseurs, occupants et génocidaires !
Voici les paroles que Mzee a dit, en février 2000 déjà !
« La solution de la crise congolaise passe par le départ des agresseurs du territoire congolais » « Il est question de savoir comment aider les rebelles. La solution réside dans la mise sur pied d’une Assemblée constituante et législative, un vieux projet du gouvernement qui a été mise en veilleuse à cause du déclenchement de la guerre d’agression. » (6)
Abordant la question de l’unité national autour de la question principale du moment : la libération du pays des forces d’agression et d’occupation, Kabila dit ceci : « Quand une bonne initiative tente de nous conduire vers la cohésion, le gouvernement de salut public doit s’y accrocher. La Consultation nationale est une bonne chose pour notre pays, pour notre peuple, pour nous-mêmes et pour les agresseurs et les rebelles qu’ils ont créés … Il faut comprendre qu’après la Consultation nationale, il y a inévitablement des mutations à opérer. Politiquement, le pays va connaître une autre image. Certaines convergences de vues avec ceux qui s’opposaient à nous, vont tirer vers une sorte de juxtaposition. On ne saura pas ignorer totalement nos concitoyens qui n’étaient pas avec nous. Le Congo a besoin de tous ses enfants honnêtes, qu’ils soient du gouvernement ou ceux qui s’appellent de l’opposition. Nous allons apprendre à vivre avec le nouveau système politique. L’apparition très prochaine de l’Assemblée constituante et législative peut faire voir cette mutation, ce nouveau paysage politique que le Congo va montrer au monde. Nous devons contrôler le changement. » (7)
Kabila prônait ainsi une politique d'inclusivité de toutes les forces congolaises opposées à la violation de l'indépendance et de la souveraineté du Congo par les agresseurs rwandais et ougandais, inclusivité même des forces qui étaient opposées au gouvernement nationaliste. Mais c'est le mouvement nationaliste, la force dirigeants de la guerre de libération comme de la guerre de résistance nationale, qui devait rester le noyau central du nouveau pouvoir.

III. Quand et pourquoi les puissances impérialistes soutiennent-elles des "élections libres"?

Kamerhe a écrit également ceci.
"Les Congolais … ne manqueront pas de faire le bon choix … entre la démocratie par les urnes - et les pillages et soulèvements populaires qui ne font pas avancer la cause de la démocratie au Congo."
Pour quelle raison les puissances impérialistes font elles une propagande tapageuse à propos de la "démocratie par les urnes", ces mêmes puissances qui ont organisé le coup d'Etat contre le gouvernement de Lumumba, sorti des urnes? Et pourquoi sont-elles allées jusqu'à l'assassinat de ce premier élu du peuple ?
Ces mêmes puissances ont lancé l'agression rwando-ougandaise en août 1998 dans le but d'éliminer Kabila et son gouvernement en moins d'un mois. Pourquoi ont-elles jugé nécessaire de recourir à cette mesure extrême? Eh bien ! parce qu'elles savaient que le Président Laurent-Désiré Kabila avait solennellement promis, lors de la prise de pouvoir par les forces de libération, qu'il s'engageait à organiser des élections libres et démocratiques en 1999. Les puissances impérialistes savaient que Kabila était décidé à tenir parole et qu'en 1999 il organiserait des élections libres où tous les partis pouvaient participer.
Ces puissances étaient également convaincues que les nationalistes allaient les gagner haut la main! L'agression rwando-ougandaise a été lancé par Washington en août 1998 pour éliminer Kabila avant qu'il puisse voir sa légitimité révolutionnaire confirmée par des élections libres.

Pourquoi les puissances habituées à régenter le Congo, font-elles une propagande tapageuse sur la "démocratie des urnes"?
Elles le font pour la simple raison que, dans un régime néocolonial comme le Congo l'a connu depuis le 5 septembre 1960 jusqu'au 17 mai 1997, les élections sont nécessairement gagnées par les classes dominantes qui contrôlent l'appareil de l'Etat, les services de renseignement, l'armée, la police et qui disposent de fonds considérables provenant de détournements, de pourcentages exigés sur des transactions, de vols dans les caisses de l'Etat et des entreprises publiques…
Ainsi, Tshombe, considéré par l'Afrique entière comme un ennemi irréductible de l'indépendance africaine, a été élu "démocratiquement" après la terrible répression organisée par les armées belge et américaine qui ont fait plus de 300.000 morts parmi les "jeunesses" mulelistes et lumumbistes.
Et puis récemment, en 1996, après sept années de Transition "démocratique", aussi bien les Etats-Unis que la France ont déclaré que Mobutu organisera les élections "démocratiques" prévues pour 1997 et que, sans doute, il les gagnera. Le pouvoir aux mains de la grande bourgeoisie bureaucratique et compradore zaïroise, soutenu par les puissances impérialistes, Mobutu et son MPR allait à nouveau s'imposer par les urnes…

A Prétoria, en 2003, les impérialistes sont arrivés à casser la légitimité et la continuation du pouvoir nationaliste de Mzee Kabila.
Elles ont imposé une espace présidentielle qui comprend trois partisans du néocolonialisme et des Assemblées législatives dominées par les mobutistes, les opposants au pouvoir nationaliste et les groupes d'agents rwandais et ougandais…
Les impérialistes sont aujourd'hui pour des "élections libres" parce qu'ils estiment que la grande majorité des politiciens qui défilent sur les plateaux des télévisions, sont partisans du néocolonialisme, qu'ils acceptent la domination des Etats-Unis, de l'Union Européenne, du Fond Monétaire Internationale et de la Banque Mondiale sur le Congo.
La majorité des politiciens, y compris un nombre non négligeable des hommes politiques du PPRD, à commencer par Kamerhe, estiment que la politique d'indépendance de Mzee, sa politique d'opposition au contrôle et aux dictats des Etats-Unis et de l'Union Européenne sont "dépassées" et qu'il est plus réaliste et sage d'accepter la domination comme une réalité incontournable… Et ils sont convaincus que les maîtres du monde leur offriront de justes récompenses pour les services qu'ils leur rendront…

Un dernier "détail" typique : Kamerhe formule à la première page l'alternative : "démocratie par les urnes ou soulèvement populaire".
Est-ce que Kamerhe ignore que depuis l'assassinat de Lumumba et l'instauration du premier gouvernement de dictature néocoloniale, celui Kasavubu-Mobutu, les 5 et 14 septembre 1960, Laurent-Désiré Kabila a été toujours été partisan de soulèvements populaires contre le régime néocolonial?
Le premier soulèvement eu lieu juste après l'annonce de l'assassinat de Lumumba. L'armée lumumbiste, dirigée par le général Lundula, a alors réussi à libérer la moitié du territoire national. Le 24 février 1961, Mbuyi Maji été libéré par l'armée nationaliste…
C'est la capitulation de Gizenga en juin 1961 qui a liquidé tous les acquis de la lutte…
Mzee a dit le 16 mai 1997 : "La guerre de libération dure depuis le 14 septembre1960 et est continuée aujourd'hui par l'AFDL contre la dictature et pour l'instauration d'un régime démocratique et d'un Etat de droit". Ainsi, Mzee salue les luttes, les résistances et les soulèvements populaires qui ont marqué toute la période de septembre 1960 au 17 mai 1997.
Si l'intention de Kamerhe était d'évoquer les agissements de Tshisekedi, de l'UDPS, de Katebe Katoto et autres autour du 30 juin 2005, il devait parler de "provocations" et d' "émeutes" et non de soulèvements populaires qui ont toujours été l'expression par excellence de la volonté des masses populaires à rétablir le pouvoir nationaliste et populaire de Lumumba.

IV. Kamerhe rejette toute la politique d'indépendance et de souveraineté de Mzee Kabila.

Kamerhe parle aussi d'une "situation diplomatique asphyxiante" et de "relations avec les Etats-Unis entachées de tensions, de suspicions et de méfiance". (p.5)
S'il y avait de la tension et de la méfiance entre le Congo et les Etats-Unis, à qui la faute ?
Il est clair que Kamerhe impute la faute à Mzee Kabila. Alors que Mzee a seulement exigé que le Congo soit respecté comme un pays qui prend souverainement ses décisions en fonction des intérêts de sa population.
Rappelons à Kamerhe que les Etats-Unis se sont ingérées dans les affaires intérieures du Congo nouveau, dès que les Forces de libération ont chassé les mobutistes de Kisangani.
Dans l'International Herald Tribune du 28 mars 1997, les Etats-Unis avaient déjà déclaré la guerre à Mzee: "Washington espère que Mobutu perde et que Kabila ne gagne pas. Aucune capitale n'a une affaire d'amour avec Kabila. Kabila ne convient absolument pas pour être le Président du Zaïre, disait un haut responsable des Etats-Unis."
Dès mars 1997, les Etats-Unis décident à la place des Congolais que le grand patriote Laurent-Désiré Kabila, qui se bat depuis l'âge de 18 ans pour l'indépendance et la souveraineté du pays, "ne convient absolument pas pour être Président". Mais selon Kamerhe, il fallait dire : "Oui, Maître, Kabila ne convient vraiment pas."
Kabila était encore à Lumumbashi, lorsque les Américains lui ont proposé "des spécialistes qui ont rédigé les Constitutions des nouveaux pays surgis de l'ex-Union Soviétique et qui sont en mesure de rédiger une Constitution pour le nouveau Congo"…Mzee Kabila a reçu ce message comme une insulte à lui-même et au Congo !
Mais Kamerhe estime que c'est Mzee qui a introduit la méfiance et la suspicions dans les relations congo-américaines !

Les tensions dans les relations entre le Président Laurent-Désiré Kabila et les Etats-Unis sont uniquement dues à la volonté des Américains d'imposer leurs conceptions politiques au Congo et de s'emparer à vil prix des matières premières du pays.
L'impérialisme américain a clairement affiché ses visées sur les richesses de la R.D.C. Bill Richardson a fait en novembre 1997 une déclaration capitale pour comprendre la suite du drame congolais. « La République Démocratique du Congo revêt une très grande importance pour les intérêts des Etats-Unis en Afrique. ... La RDC est essentielle pour ce qui est des intérêts américains, parce qu'elle est appelée à devenir le moteur de la croissance en Afrique Centrale, en raison de sa situation stratégique. La RDC offre des possibilités immenses pour ce qui est de son développement économique et des investissements américains : elle possède 13% des réserves hydroélectriques du monde, 28% des réserves de cobalt du monde, 18% des réserves de diamant à usage industriel du monde, 6% des réserves de cuivre du monde, des sols fertiles pour l'agriculture ... et enfin, la moitié des forêts tropicales de l'Afrique. » (8)
Voilà pourquoi les Etats-Unis ont « soutenu » Kabila pendant une courte période, tout en le pressant de faire de plus en plus de concessions économiques et politiques, c'est-à-dire en le forçant à prendre la voie néocoloniale.

Mais lorsqu'il est devenu clair que Kabila n'était pas prêt à brader les richesses de son pays, Washington s'est lancé dans une campagne d'intoxications et de mensonges sur les thèmes des "droits de l'homme" affreusement violés par Kabila…
Les ONG's payés par les Américains ont été mobilisés.
Chaque fois que les Américains veulent s'emparer des richesses d'un pays, ils inventent des "violations des droits de l'homme" pour mener des campagne de déstabilisation et pour encourager des mouvements d'opposition politique et militaire.
Au Congo, le tapage autour du soi-disant "génocide des Hutu commis par Kabila" avait uniquement pour but de boycotter la reconstruction et de contraindre les autorités à accepter le bradage des richesses du sous-sol congolais.
L'Agence de Presse Congolaise écrivait début mars 1998 à propos de cette campagne contre Mzee Kabila : « Cette enquête des Nations Unies s'inscrit dans un vaste complot de déstabilisation du nouveau pouvoir congolais. Certaines ONG et autres soi-disant associations de défense des droits de l'homme, financées par l'étranger, sont utilisées à cette fin ». (9)
Est-ce que Kamerhe ignore que la campagne américaine : "Kabila génocidaire des Hutu" a commencé début 1997, pour s'intensifier dès la libération du 17 mai 1997 et qu'elle a duré jusqu'à l'agression rwandaise du 2 août 1998 ?
Ce jour-là, Kabila est devenu pour la propagande américaine le "génocidaire des… Tutsi" !

Alors, Kamerhe, une question se pose : qui a provoqué une "situation diplomatique asphyxiante" et qui était responsable de ces "relations avec les Etats-Unis entachées de tensions, de suspicions et de méfiance"? C'est en pleine conscience que les Etats-Unis ont mené des campagnes de mensonges et d'intox contre le Congo nationaliste de Mzee Kabila.
Et Kamerhe, en accusant Mzee Kabila, prend position pour la politique de déstabilisation du Congo par les Américains !

En effet, Kamerhe peut-il ignorer que Aldo Ajello avait, en mars 1998 déjà, fait une déclaration remarquée qui ridiculisait les centaines de pages consacrées par les agents américains au « génocide des Hutu commis par Kabila »? Aldo Ajello a affirmé ceci : « Nous avons assez d'informations pour savoir que des massacres ont effectivement eu lieu. Nous avons également suffisamment d'informations pour savoir que ces massacres étaient le résultat d'un agenda rwando-rwandais et que Kabila n'a rien à voir avec cela. Il a été laissé complètement en dehors de cette affaire. C'est un bataillon rwandais qui a été à l'œuvre ». (10)
Et Herman Cohen, républicain et ancien secrétaire d'Etat adjoint chargé de l'Afrique, a déclaré ceci. "Nous savons des témoins oculaires congolais que l'APR est systématiquement allé aux villages congolais tuant tout les Hutus qu'elle a pu trouver. Je crois qu'elle a massacré plus de 350,000 réfugiés Hutus." (11)
Il est évident que les Américains connaissaient la réalité des massacres au moment même où ils ont eu lieu. Et qu'ils ont délibérément lancé de fausses accusations à l'adresse de Mzee Kabila !

Mzee Kabila avait parlé très clairement de la campagne anti-congolaise menée par le pouvoir américain. C'était lors du 34ème sommet de l'OUA tenu début juin 1998 à Ouagadougou.
« Malgré tous ses efforts en matière de sauvegarde et de promotion des droits de l'homme et en l'absence totale d'aide extérieure traditionnelle, la République Démocratique du Congo est vilipendée et accusée à tort par ses détracteurs. L'Afrique doit savoir que les accusations portées contre la République Démocratique du Congo n'ont qu'une seule cause : le transfert du processus de prise de décision. Pendant plus de 30 ans, les puissances extra - africaines se sont accoutumées à décider en lieu et place des Congolais. Aujourd'hui, nous avons remis le processus de décision à l'intérieur du Congo. Elles sont mécontentes de nous voir prendre des décisions réfléchies par nous-mêmes et dictées par l'intérêt de nos populations ... Elles veulent toucher à notre souveraineté. Je lance un appel pathétique à tous nos frères africains afin de comprendre que les accusations portées chaque jour contre la République Démocratique du Congo ne sont rien d'autre qu'une guerre subversive et un flot de mensonges auquel ne pourra échapper aucun des Etats africains soucieux de préserver son indépendance et sa souveraineté. »
«Ils disent : Le problème au Congo, c'est Kabila. Ils veulent ma peau, parce que j’ai affirmé que les Congolais ne sont plus des mendiants qui vivent de l’assistance des puissances qui nous veulent soi-disant du bien. Ce qui gène réellement ces puissances, c’est notre Plan Triennal, c’est notre décision de compter sur nos propres forces et de refuser de recevoir des ordres de ceux qui se considèrent depuis toujours comme nos maîtres. Notre diamant, notre or, cuivre, cobalt... nous appartiennent. Nous devons en profiter. Nous devons nous-mêmes vendre nos richesses, alors qu’avant, ce sont d’autres qui vendaient et n’apportaient rien au bien-être de notre peuple... » (12)
Ce discours montre que Mzee Kabila était réellement un nationaliste révolutionnaire de la stature de Lumumba. Mais Kamerhe accuse Mzee d'être un irresponsable qui a provoqué inutilement des tensions, des suspicions et de la méfiance entre les Etats-Unis et le Congo. Ainsi, Kamerhe s'est mis du côté des Américains contre Mzee.
Kamerhe s'affiche comme un adversaire de toute la politique extérieure nationaliste du Héros national!

V. Mzee Kabila, homme de paix et de dialogue, savait défendre vaillamment le Congo agressé.

Continuant sa campagne de mensonges contre Mzee, Kamerhe écrit : "L'action de Joseph Kabila privilégie … le dialogue à la guerre." (p.20)
Est-ce que Kamerhe veut insinuer que Mzee privilégiait la guerre au dialogue ?

Parlons de la guerre d'agression du 2 août 1998. Mzee Kabila a tout fait pour amener Kagame et Museveni à la raison et pour qu'ils refusent de devenir les instruments de la politique anti-congolaise et anti-africaine des Etats-Unis. En effet, depuis janvier-février 1998, l'éventualité d'une agression rwando-ougandaise contre le Congo était publiquement discutée aux Etats-Unis.
Joachim Diana écrit le 18 mai 1998 : "L'Ouganda est devenu le meilleur élève du FMI. Bercé par le discours des performances que les Ougandais n'attestent pas, Museveni ne peut comprendre que Kabila tienne tête à ces institutions ... Si certaines puissances veulent utiliser l'Ouganda pour déstabiliser la RDC, le peuple congolais les rendra responsables de ce qui arrivera. » (13) C'est exactement ce qui va se passer : les Etats-Unis utilisent l'Ouganda pour mettre sur pieds une coalition régionale dressée contre le nationalisme congolais...
Mzee Kabila a dit alors dans une interview célèbre avec Nikola Vadjon : « Cette presse internationale essaie de continuer l'œuvre satanique de division des Etats de la région. Le Congo a besoin de beaucoup d'amis, de marcher ensemble avec d'autres pays. Il faut que les Africains refusent d'être divisés et surtout d'être utilisés par les puissances qui prétendent régenter le monde. On s'est servi de pays voisins pour essayer de nous intimider. Nous avons rejeté cela et ces mêmes puissances disent alors : "Voilà, Kabila est inflexible. Il il s'isole, il est seul". Mais cela entre justement dans la politique de diviser pour régner qui a été inaugurée par ces puissances depuis l'aube du système colonial. Il n'y a pas de conflit avec l'Ouganda. » (14)

Au même moment, Ed Marek, un ancien agent des services de renseignement de l'Armée de l'air américaine, faisait part à ses lecteurs des commentaires extrêmement significatifs qu'il a entendus dans les cercles du pouvoir à Washington. Il écrit : « Le gouvernement de Kabila adopte une attitude indépendante à l'égard de l'Occident, comme nous le voyons aussi souvent de la part des Chinois... Cette attitude a d'énormes conséquences à long terme pour toute l'Afrique Centrale et pour les relations de l'Occident avec cette région. Nous devons admettre que nous sommes extrêmement déçus par cette évolution au Congo. Ce n'est certainement pas ce que nous envisagions lorsque nous avons tenté d'éliminer Mobutu du paysage politique zaïrois. Si nous avions su à l'époque que telle allait être l'orientation que prendrait le Congo, nous aurions abordé les choses différemment pendant ce processus de mise à l'écart. » (15)
Cette prise de position nous en apprend beaucoup sur la « démocratie » américaine. Pour les Etats-Unis, Kabila commet un crime en suivant une voie de développement indépendante. Et les Américains de s'exclamer : si nous avions su cela, nous n'aurions certainement pas permis que l'AFDL gagne la guerre de libération contre Mobutu…Ainsi, les Américains revendiquent presque ouvertement leur « droit » de décider des affaires intérieures du Congo.
Mais selon Kamerhe, c'est Mzee Kabila, cet aventurier, qui a provoqué inutilement "des tensions, des suspicions et de la méfiance" dans les relations avec les Etats-Unis…

" Joseph Kabila privilégie … le dialogue à la guerre", prétend Kamerhe. (p. 20)
Mais est-ce que Kamerhe a oublié que Joseph Kabila est général-major et commandant suprême del’armée nationale ?
Comme tout homme normal, Joseph Kabila préfère le dialogue à la guerre, si le dialogue peut résoudre le problème posé. Mais si ce n'est pas le cas ?
Alors Joseph Kabila fera son devoir militaire.
En cette matière, il est honteux comment Kamerhe veut insinuer une "opposition" entre la position de Mzee Kabila et celle de Joseph Kabila.
Après la nouvelle agression lancée par Kagame au Kivu, début juin 2004, Joseph Kabila a tenu exactement les mêmes propos sur la défense de la Patrie, que son père a tenu au début de l'agression !
De façon perfide, Kamerhe présente au peuple congolais une image du Président Joseph Kabila "épurée" de tout ce qui est patriotique et révolutionnaire.
Or, le peuple a été galvanisé par les déclarations pertinentes tenus par le Président Joseph Kabila dans le journal Le Monde du 3 juin 2004, en pleine crise de Bukavu. Voici ses propos : "Le gouvernement a d'ores et déjà décidé la mobilisation générale pour défendre la Patrie. Nous devons d'abord compter sur nous-mêmes. La capacité militaire se construit avec le temps, mais, même si la guerre est longue, nous finirons par la ramener d'où elle est venue, à savoir au Rwanda ! "

VI. "Les rebelles sont des traîtres qui ont provoqué le déplacement, l'agonie et la mort de millions de Congolais".

Kamerhe affirme ceci. "La réconciliation nationale est effective. Les frères qui, hier, se considéraient comme des ennemis irréductibles, siègent aujourd'hui côte à côte." (p. 13) "Joseph Kabila a décrispé la situation politique marquée à l'époque par une grande méfiance". (p.8)

Le Chef de l'Etat, s'adressant à toutes les composantes qui ont signé l'Accord Global et Inclusif, peut saluer "les frères" qui siègent maintenant côte à côte et se féliciter de la réconciliation nationale effective.
Mais des accords de circonstances, conclus pour passer la Transition sans affrontements violents, ne doivent pas faire oublier l'antagonisme entre le néocolonialisme et l'indépendance politique et économique !
Si le Président doit parler comme le garant des Accords de Pretoria, le chef de fille du Parti nationaliste kabiliste devrait parler comme le garant de la continuité des idées de Mzee Kabila !

Kamerhe se plaint que "hier" les frères se considéraient comme des ennemis irréductibles.
Mais si Kamerhe était vraiment le chef d'un parti kabiliste, il devait dire haut et fort, comme le fit Mzee, que les Congolais qui se sont mis au service des agresseurs et génocidaires, étaient bel et bien des ennemis du peuple !
Kamerhe dénonce "la grande méfiance" qui régnait, du temps de Mzee, envers les Congolais qui collaboraient avec les agresseurs. Mais Mzee avait tout à fait raison! Comment ne pas se méfier des Congolais qui ont participé à la mise à mort de 4.000.000 Congolais?
Kamerhe, voudrait-il que la population nationaliste, éduquée dans l'amour du Congo et des masses populaires congolaises, cesse de se méfier des criminels qui ont été placés à la tête de l'Etat par des puissances étrangères dont ils sont les agents ?
On sait que Kamerhe estime que le Congo n'a pas d'autre choix que de s'aligner sur les puissances occidentales. Mais une petite question à Kamerhe : qu'est-ce que les Français ont fait après la guerre d'occupation par les nazis allemands ? Tous les grands collaborateurs, à commencer avec le héros national, le Maréchal Pétain, ont été fusillés !

Kamerhe s'affiche tellement comme un flatteur des puissances occidentales, que même ses amis américains le trouvent ridicule !
Est-ce que vous savez comment les hommes du pouvoir américain jugent les Congolais qui se sont mis au service des agresseurs, occupants et génocidaires rwandais et ougandais ?
L'ambassadeur américain Richard Williamson a fait une intervention remarquée au Conseil de sécurité du 7 juillet 2003. Il a utilisé des termes que nous n'avons jamais entendus de la bouche d'un officiel américain. Il a dit ceci.
"Le conflit sanglant au Congo est tragique. Les pires actes imaginables, comme le cannibalisme, y ont été commis. On estime que plus de trois millions de personnes sont mortes à cause de cette guerre. Le mépris des différentes fractions n’ont pas été capables de mettre fin à la brutalité excessive de leurs troupes. Le mépris de la vie est révoltant, les histoires de décapitations répugnantes. Nous avons écouté les descriptions d'actes de torture, de viols, de tueries et de cannibalisme de la part du MLC avec dégoût et avec une profonde tristesse.
Ces actes cruels faisaient partie d'une campagne systématique et horrifiante d'atrocités contre les civils. Nous exprimons notre condamnation de ces actes horrifiants. Il y a eu un procès, mais le gouvernement des E.U. est très déçus de la façon inappropriée avec laquelle Jean-Pierre Bemba et le MLC ont traité les procès des suspects de ces atrocités. Ces procès étaient biaisés, il y a eu un mépris pour la nature grave de ces crimes, personne n'a été accusée de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre."

Cette déclaration signifie que Jean-Pierre Bemba est déjà politiquement mort aux yeux de l'establishment américain.

Mais Kamerhe estime que les grands criminels de la collaboration avec les agresseurs et génocidaires sont des "frères qui peuvent siégent aujourd'hui côte à côte avec nous." Dans l'impunité? Sans avoir été jugés? Sans avoir demandé pardon pour leurs crimes? Ce serait de la complicité. Ce serait de la trahison envers les familles qui ont vu les leurs torturés et massacrés par les agresseurs et rebelles !

Kamerhe parle comme un laquais des Américains. Mais même des Américains qui ont défendu avec acharnement la politique impérialiste de Washington, ont honte de la bassesse d'un Kamerhe!
Ed Marek est un publiciste américain très connu qui a affirmé en février 1998 que Washington devait mener une politique envers le Congo de Kabila sur le modèle de la politique suivie contre l'Irak de Saddam Houssein…
Mais après le génocide de 4.000.000 Congolais, Ed Marek a fait une sorte d'autocritique…
Le 6 janvier 2003, dans une interview avec Sylvestre Ngoma pour Congo Vision, Marek dit des vérités qui ridiculisent Kamerhe. Marek dit ceci.
"L'Accord de Lusaka et celui de Prétoria de 2002 sont mauvais pour le peuple congolais. J'aurais souhaité que le gouvernement congolais ne les avait pas signé. Ces Accords légitiment l'invasion rwandaise et ougandaise et l'occupation et je trouve cela inacceptable. Ces Accords ne reconnaissent pas non plus que les victimes de cette guerre, ce sont le peuple congolais et l'état souverain du Congo.
Les soi-disant rebelles congolais sont des bureaucrates cooptés par les gouvernements de l'Ouganda et du Rwanda et utilisés comme des marionnettes. Ils n'ont pas de base populaire. Ce sont, à mes yeux, des traîtres et leurs activités traîtresses ont provoqué l'agonie, la mort, le déplacement de millions de Congolais. Je suis choqué qu'ils ont trouvé des postes de responsabilité dans le gouvernement de transition."

Voilà les propos que tient un Américain qui fut un ennemi de Mzee. Mais qui, en face des destructions énormes et des pillages monstrueuses causées par l'agression et l'occupation et face au génocide congolais, fustige les traîtres à la Patrie congolaise qui ont provoqué l'agonie, la mort et le déplacement de millions de leurs compatriotes...

VII. Est-ce que le PPRD de Kamerhe sert le Chef de l'Etat?

Kamerhe écrit : Joseph Kabila, "cet Homme de parole et d'actions, mérite que les Congolais et les Congolaises lui expriment, ainsi qu'à toute sa famille politique, leur gratitude lors des élections."
Les Congolaises et Congolais exprimeront leur gratitude au général-major Joseph Kabila, qui effectivement a débarrassé le Congo des troupes d'agression rwandaises et ougandaise et qui a amené les groupes de rebelles pro-rwandais et pro-ougandais à cesser leur actes barbares contre la population civile.

Mais pour quelle raison les Congolais devaient-ils exprimer leur gratitude au PPRD et surtout à son chef solitaire, Kamerhe ?
Lors de l'enterrement de Mzee Kabila, trois millions de Kinois étaient dans les rues pour pleurer le héros national. Qu'est-ce que le PPRD a fait avec cet héritage, comme avec l'héritage formidable des Comités du Pouvoir Populaire ?
La direction du PPRD et Kamerhe lui-même ont gaspillé toute la confiance populaire que Mzee leur a léguée.
La base du PPRD est abandonnée par une direction que ne pense qu'aux postes juteux et à l'argent. L'éducation des masses, leur organisation et mobilisation sont complètement abandonnées.
Cette base crie son indignation contre un secrétaire général indigne et incapable, qui a trahi les enseignements et les orientations de Mzee. Et cette base se demande avec inquiétude : mais est-ce qu'il n'y a vraiment pas de cadres au PPRD qui ont l'amour des masses populaires et qui jurent fidélité aux enseignements patriotiques et révolutionnaires que Mzee Kabila a dispensés ?
L'idéologie du poste et de l'argent facile instauré dans le PPRD, est en train de ronger tout et elle prépare la chute du Président Joseph Kabila.

Kamerhe ose prétendre que sous Mzee Kabila "l'image de marque du Congo a été ternie à l'extérieur". (p.17) En 1960, les réactionnaires disaient aussi que dictateur Lumumba avait terni l'image du grand Congo !
Mais est-ce que Kamerhe ignore que Mzee Kabila avait été nommé par la population de tous les pays africain "l'homme de l'année" en 1997-78 ? Tous les Africains patriotes ont reconnu en Laurent-Désiré Kabila un nouveau Lumumba…
Ce sont les néo-mobutistes comme Kamerhe qui ternissent l'image du nationalisme congolais et qui préparent presque ouvertement le retour du néocolonialisme. N'avons-nous pas vu à la télévision un énergumène agitant le drapeau américain lors du discours de Kamerhe à Kisangani?

VIII. Jusqu'où ira le travail destructeur de Kamerhe ?

La faillite du PPRD a éclaté au grand jour.
Lorsque les CPP occupaient le terrain, le peuple connaissait déjà la misère due à la guerre d'agression et d'occupation et aux efforts de guerre. Mais ce peuple gardait l'espoir, puisque Mzee montrait le chemin pour chasser les agresseurs par des voies militaires et diplomatique, Mzee ouvrait la perspective d'un Congo indépendant, comptant sur ses propres forces, mobilisant toutes les énergies populaires.

Aujourd'hui, ce peuple vit toujours dans la misère… mais il a perdu l'espoir suscité par l'œuvre patriotique de Mzee…
Dès l'assassinat de Mzee, les Kamerhe et consorts ont clamé que les CPP n'ont plus d'avenir. Ils ont liquidé les CPP en démoralisant au maximum tous ses partisans dévoués.
Puis ils ont créé un "Parti pour le Poste et la Recherche de Dollars", le PPRD, qui sert aux chefs comme instrument pour garder leur poste et qui attire de nouveaux "chercheurs de postes".
Le PPRD est l'exacte opposé du PRP de Laurent-Désiré Kabila, le Parti de la Révolution Populaire, qui a été l'œuvre de sa vie.
Dans le PPRD, il n'y a pas de centralisme démocratique, ce sont l'individualisme et l'arbitraire que Kamerhe propage par l'exemple ! Kamerhe tout seul a pondu « sa » brouchure, ses deux adjoints n’y ont pas mis un mot, ils ignoraient même que leur « chef » allait produire un texte aussi ignoble.
Toute l'expérience glorieuse du PRP a été balayée, poussée dans l'oubli. Aucune base idéologique et politique unit les PPRD-istes, il n'y a pas de règles d'organisation et de discipline qui sont contraignantes pour tous, de haut en bas.
La première chose qu'enseignait Mzee au maquis, est qu'un nationaliste révolutionnaire doit être un homme de la masse, une femme de la masse. A Hewa Bora, les masses étaient consultées pour toutes les décisions importantes.
Mzee a continué ce style, une fois arrivé au pouvoir. Les CPP étaient conçus pour être un grand mouvement de masse de Congolaises et de Congolais décidés à prendre leur sort en main, de reconstruire leur pays en comptant essentiellement sur leurs propres efforts et en saluant toutes les aides non conditionnées. Mzee avait décidé de sélectionner, dans les CPP, les meilleurs forces pour reconstruire le PRP.
Tout cela a été détruit par le PPRD où, selon la formule consacrée de Mzee, on retrouve à la direction, beaucoup "d'aventuriers et d'opportunistes…".
En effet, juste comme à l'époque de l'AFDL, on a vu "renaître" au sein du PPRD la bourgeoisie bureaucratique et compradore.
Mais Mzee n'est plus là pour la combattre avec toute la rigueur nécessaire.
C'est le vide idéologique totale, c'est l'absence d'un projet politique nationaliste opposé aux projets des politiciens néocoloniaux qui dominent les écrans.
C'est l'inexistence d'un travail d'enquête, de conscientisation, de mobilisation des masses populaires. Pour les kamerhistes du PPRD, ce sont là des mots creux, c'est du passé, aujourd'hui il faut être réaliste, il faut se ranger du côté des plus forts… du côté de ces forces extérieures et intérieurs qui ont éliminé cet homme du passé qui s'appelait Mzee Laurent-Désiré Kabila.

Les kabilistes ayant abandonné le travail politique et idéologique dans les masses, ce sont les réactionnaires, les tshisekedistes et mobutistes, qui dominent les cités populaires avec leur intox et leurs mensonges, qui préparent les esprits à la violence contre les forces qui défendant l'idéal de Lumumba et de Kabila !
Grâce à la complicité de la direction du PPRD qui a organisé la démobilisation idéologique et politique, la contre-révolution tshisekediste - mobutiste s'impose dans les quartier populaires où jadis les Comités du Pouvoir Populaires maintenaient la flamme du nationalisme.
L'intoxication diffusée par l'UDPS et alliés n'a jamais été combattue sérieusement par le PPRD.
Depuis des années, l'intox "Joseph Kabila, qui s'appelle Joseph Kanambe, est un Rwandais", n'a jamais été démolie. Les critiques malveillante et perfides à l'adresse du Président, n'ont jamais été réfutées avec la vigueur nécessaire.
Depuis de longues mois, les ennemis du nationalisme diffusent la thèse qu'ils ont inventée de toute pièce,: "La Transition doit s'arrêter le 30 juin 2005. Et si elle ne s'arrête pas, nous provoqueront des émeutes, nous prendrons des machettes pour en finir avec ceux qui continueront à gouverner illégalement." Cette thèse contredit la Constitution adoptée à Pretoria par tous. L'Accord Global et la Constitution provisoire indiquaient que la Transition durera jusqu'au 30 juin 2005, avec possibilité de deux prolongations de six mois. La fin de la Transition se situe donc le 30 juin 2006.
Pourquoi les Occidentaux ont-ils imposé la formule : 30 juin 2005 et deux prolongations de 6 mois ? Mais simplement pour maintenir une pression constante sur la classe politique congolaise ! S'ils avaient fixé la fin directement pour juin 2006, tous les non-élus de l'Accord Inclusif auraient dit : Mais nous avons tout le temps… Et la Transition aurait sans doute traîné jusqu'en 2007…

Les forces anti-nationalistes, alliées à Kagame, ont décrété toutes seules, contre l'avis des organes de la Transition et contre la position de toute la Communauté Internationale, que le 30 juin 2005, tout s'arrête. Des milliers de jeunes désoeuvrés ont été "chauffés" pour qu'ils soient prêts à tuer à la machette.
Lors du match de football Congo-Ouganda, presque tout le Stade a chanté la Zaïroise !
Après le match gagné par le Congo, des cris retentissaient: " 30 juin - machettes !" Ces "démocrates" qui se réclament de l'UDPS et d'autres partis anti-kabilistes, poussent ouvertement à des tueries à grande échelle.
Et dans tout cela, la main invisible de Kagame est lourdement présente…
N'oublions pas que Tshisekedi s'est vanté d'avoir été le précurseur du…. RCD !
En effet, il a déclaré le 26 juillet 2002, à Luanda : "Sous Kabila père, l'UDPS a vu son combat politique relayé par une fraction politico-militaire importante de l'AFDL qui se dressa contre Kabila. Ils ont pris les armes pour combattre Kabila. C'est depuis le 7 août 1998 jusqu'à ce jour."
Tshisekedi avoua ainsi que depuis le premier jour de l'agression, il s'est allié aux troupes rwandaises et au RCD!
Le RCD et l'UDPS ont conclu l'"Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue Intercongolais" qui afficha ouvertement de prendre le pouvoir à Kinshasa par les armes. L'Alliance déclara le 29 novembre 2002: « A la longue, une crise de forte intensité ne peut pas être évitée ». « Le conséquences désastreuses de l’aggravation de la crise nécessitant une solution urgente, radicale et définitive, l’ASD prendra devant l’opinion nationale les responsabilités que lui impose l’histoire ».
Ces menaces d'un coup d'état par l'UDPS et le RCD prennent toute leur importance avec l'agitation autour du 30 juin, jour où les ennemis du Congo veulent balayer toutes les institutions légales et prendre le pouvoir dans un climat d'anarchie et de violence….

Kamerhe, par ses critiques malveillantes contre l'oeuvre révolutionnaire de Mzee Laurent-Désiré Kabila, par sa liquidation du travail idéologique et politique au sein des masses populaires, a préparé le terrain pour l'UDPS et pour Kagame.
C'est ça la leçon que les jeunes des quartiers populaires ont fait comprendre au Stade, lors du match Congo-Ouganda, le 5 juin 2005, jour anniversaire du Président Joseph Kabila… Ce jour, tous les nationalistes se sont rendu compte de l'échec intégral de la direction du PPRD et essentiellement de l'homme qui monopolise cette direction : Kamerhe.
Le Président Joseph Kabila et le mouvement nationaliste ne pourront pas gagner les élections avec un tel Parti!

Heureusement que cet échec apparaît dans toute sa dimension, au moment où un changement radical reste possible. En effet, la base du PPRD se dit toujours "CPP"! Elle n'a jamais tourné le dos à Mzee Kabila comme certains chefs indignes l'ont fait. Cette base est toujours motivée par les idées de Mzee sur l'indépendance économique, sur le pouvoir populaire, sur l'auto-prise en charge, sur l'éducation et la mobilisation des masses des quartiers populaires.
Il faut mettre fin au règne des grands bureaucrates autoproclamés "dirigeants nationalistes".
Qu'on se tourne vers la base du PPRD pour qu'elle dise quels sont les cadres qui ont leur confiance. La base se trompe rarement dans son jugement sur les dirigeants, parce qu'elle vit le résultat de leur travail… Une nouvelle direction du PPRD, composée de partisans convaincus des idées de Mzee Kabila, une nouvelle direction tournée vers la base et mettant en valeur les militants et les membres, pourra regagner vite la confiance populaire.

Des groupes nationalistes révolutionnaires ont refusé de rejoindre le PPRD, vu comme un parti de la nouvelle bourgeoisie bureaucratique et compradore. Mais ces groupes ont un grand problème. Leur division les rend complètement impuissants, incapables de faire un travail politique et organisationnel dans les masses populaires. Leur unification est la condition de leur efficacité.
Et les élections s'approchant, l'unification d'un PPRD ressourcé et des nationalistes révolutionnaires enfin fusionnés, peut changer radicalement le paysage politique congolais…

IX. Jusqu'où iront les ambitions de Kamerhe?

Nous voulons faire quelques remarques finales sur les rapports entre Kamerhe et le Président Joseph Kabila, tels qu'ils apparaissent dans cette publication.

Kamerhe, ancien chef du Frojemo, le Front des Jeunes Mobutistes, a des ambitions démesurées.
A la page 6, Kamerhe écrit : "L'Eternel Tout-Puissant qui gère le destin du peuple congolais, porte son choix sur le Général-Major Joseph Kabila."
Ce genre d'affirmations disqualifient leur auteur, monsieur Kamerhe.
D'abord, l'histoire congolaise a déjà connu des clowneries de ce genre.
Voici en quels termes monseigneur Malula s'est adressé en 1965 à Mobutu. "Monsieur le Président, L'Eglise reconnaît votre autorité, car l'autorité vient de Dieu. Nous appliqueront fidèlement les lois que vous voudrez bien établir." (16)
Dans la logique de Kamerhe, ce serait donc l'Eternel Tout-Puissant qui a voulu le coup d'Etat de Mobutu du 24 novembre 1965 ?
Et qui a fait assassiner Mzee Kabila pour que son fils Joseph puisse accéder à la Magistrature suprême?
Et c'est toujours L'Eternel Tout-Puissant qui peut pousser demain des tueurs du RCD, du MLC ou de l'UDPS à abattre le Président Joseph Kabila?
Est-il interdit de penser que Kamerhe a déjà introduit sa candidature auprès du Tout-Puissant Eternel pour le "poste" de Président, au cas où une main criminelle, guidée par ce même Tout-Puissant Eternel, abat le général-major Joseph Kabila?

Kamerhe a jugé utile de publier sur la couverture une photo accompagnée de la légende : "Le Secrétaire Général du PPRD, Vital Kamerhe, recevant des instructions du Chef de l'Etat".
Quand on observe la photo, on est frappé par trois constats : Kamerhe est la figure dominante de l'image, il est un peu au-dessus du Président et il pointe son stylo apparemment pour apprendre quelque chose au Président qui apparaît comme l'"élève" de Kamerhe.
La photo contredit sa légende, puisque c'est apparemment le Président qui reçoit des instructions du Secrétaire Général…
Pourquoi Kamerhe a-t-il choisi justement cette photo?

La brochure contient beaucoup de belles photos où le Président figure seul.
Puis on voit le Président avec une quinzaine de hauts dignitaires de l'Eglise catholique.
Mais il n'y a aucune photo du Président parmi la population ou entouré de jeunes des quartiers de Kinshasa. Quel est l'image que Kamerhe a voulu présenter du Président?

Kamerhe publie une photo du Président en compagnie de Mbeki, une autre avec Mandela, tous les deux des adversaires de Mzee Kabila dès la guerre de libération. Quel est le message que Kamerhe livre ainsi aux alliés angolais, zimbabwéens et namibiens qui ont sacrifié leurs soldats pour la liberté du Congo? Or, dans son discours le Président fait une mention particulière pour l'aide de l'Angola.

Kamerhe publie une grande photo du Président en compagnie de Bush, et une toute petite où l'on voit Joseph Kabila en présence d'un homme d'Etat européen inconnu du grand public congolais. Est-ce que Kamerhe a voulu montrer qu'entre les deux puissances impérialistes, il choisit la plus barbare et la plus belliciste, celle qui a "donné le feu vert" aux agresseurs et qui est donc co-responsable pour le génocide de 4.000.000 Congolais?
Kamerhe veut-il faire semblant d'ignorer pas qui a fait quoi ? Mais quel habitant de Kinshasa ignore que les agresseurs rwandais et ougandais, sous le patronage des Etats-Unis, ont occupé Inga en août 1998 et ont coupé l'électricité d'une ville de 8.000.000 d'habitants, provoquant la mort de centaines d'habitants de la capitale ? Et les Kinoises et Kinois se rappellent toujours que les Etats-Unis sont intervenus pour sauver "leurs" Rwandais et Ougandais encerclés à Inga !

Le Secrétaire général du PPRD publie aussi une photo de lui-même en compagnie de Mzee Kabila. Sous-titre : "Vital Kamerhe salue Mzee L.D. Kabila après de laborieuses négociations à Lusaka". Toute la brochure de Kamerhe constitue une attaque contre la politique nationaliste conséquente du Président Laurent Désiré Kabila qui refusait toute forme d'ingérence et de domination étrangères. Mais connaissant la grande popularité dont Mzee jouit toujours parmi les masses populaires, Kamerhe publie une photo qui suggère qu'il était politiquement proche de Mzee…

Le lecteur se pose inévitablement la question : cette brochure, a-t-elle reçue l'approbation du Secrétariat Générale où se trouvent, à part Kamerhe, également la Secrétaire générale adjointe Mme Marie-Ange Lukiana et le Secrétaire adjoint Philémon Mukendi ?
Sans doute la réponse est : non ! Et alors nous nous trouvons à nouveau en présence d'une des nombreuses manifestations du pouvoir personnel qu'exerce Kamerhe sur le PPRD, au mépris du vice-Président Yerodia de ses deux adjoints et des cadres du parti.
Et puis, Kamerhe a oser écrire sous une photo où il se trouve aux côtés de Lukiana et de Mukendi : "Une équipe soudée déterminée à réussir".
C'est se moquer de son monde, parce que personne au PPRD n'ignore que Kamerhe monopolise l'argent au point ou il n'informe même pas ses adjoints des sommes qui lui sont remises. Ne parlons pas de discussions démocratiques entre les trois secrétaires généraux sur l'attributions de ces sommes: cela n'existe simplement pas dans ce parti où la démocratie, même entre cadres supérieurs, est encore plus étouffée qu'à l'époque dans le Secrétariat du MPR…
Est-ce que le Président est informé sur le pouvoir personnel que Kamerhe exerce sur PPRD et sur le clientélisme qui l'accompagne?
Kamerhe ose écrire : "La lutte contre la corruption et l'impunité sont des signes palpables de la réussite". (p.18)
Que la lutte contre le corruption et l'impunité soit d'abord "palpable" au PPRD !
Quand viendra l'audit financier sur la gestion de Kamerhe, audit réalisé par des experts indépendants de la Présidence, pour que les cadres et les membres du PPRD puissent juger de l'ampleur des magouilles, des détournements et des dépenses arbitraires et sans justificatifs ?
Toute la brochure de Kamerhe ne peut qu'exacerber la révolte de la base du PPRD qui reste remarquablement fidèle à Mzee Kabila, à ses enseignements et aux Comités du Pouvoir Populaire.
Et cette base, aujourd'hui étouffée, n'a pas encore dit son dernier mot…

1) ICG Africa Report, n°27, p.3
2) ICG Africa Report, n°27, p. 18.
3) IRIN, Naïrobi, 17 mai 2000 : Entrevue avec Ketumile Masire
4) Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000
5) Quette Masire : Le Plan de la facilitation du Dialogue inter-congolais, dans Le Phare, 19 avril 2000
6) L’Avenir, 23 février 2000 : Pius Muabilu : Lusaka III, Kabila reste sceptique
7) Le Palmares, 19.02.2000 : Discours – Bilan du Chef de l’Etat
8) ACP 11 nov 1997
9) « La philosophie de la politique externe », ACP, 6 avril 1998.
10) Aldo Ajello dans : DE MORGEN du 24 mars 98
11) Congopolis Mardi, 15 octobre 2002 - Interview avec M. J. Herman Cohen
12) Bulletin spécial de l'ACP 18 février 2001
13) J. DIANA G., « Museveni est jaloux de Kabila », L’Avenir, 18 mai 1998.
14) Présidence de la République, Directeur de la communication, 31 mai 1998.
15) New Congo Net, 3-4 février 1998
16) Dépêche DIA, 6-8-65, A.F. -6-1273, p. 1357