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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Interview de Joseph Kabila

Grands Lacs Magazines , 03.08.2005

Le journal Grands Lacs Magazine a posé au Président de la République Joseph Kabila 5 questions relatives à la marche du pays à cette étape du processus de la Transition.

1.Quelle est la situation actuelle en République démocratique du Congo ?
La République Démocratique du Congo se trouve encore une fois à un tournant décisif de son histoire, c’est-à-dire à la porte de la légitimation des institutions du pays. Plusieurs courants antagonistes se font face en rapport avec les enjeux à venir, et qui, du reste, divisent aujourd’hui la classe politique, selon qu’elle croit ou non à la refondation de la nation congolaise à partir de l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes.
Il y a ainsi d’une part, une partie de la classe dirigeante nationale qui ne croit pas du tout aux élections et prend prétexte sur n’importe quoi pour bloquer la machine. Soit elle menace les institutions, soit elle quitte les institutions, soit encore elle fait marche arrière. Mais ce faisant, elle se fait complice de nos agresseurs. En un mot, elle fait tout pour déclencher une crise et bloquer l’appareil de l’Etat.

2. Dans ces circonstances, les élections pourront-elles être organisées en juin 2005 ?
Au sujet des élections, l’Accord Global et Inclusif est très clair. Que ce soit à Sun City ou à Pretoria, les acteurs politiques se sont mis d’accord sur un délai coulé dans la Constitution. Il est bon de rappeler ici qu’à Pretoria, la mouvance présidentielle avait préconisé une Transition d’une année, exclusivement consacrée à la préparation des élections.
D’autres composantes et entités réclamaient un délai de trois ans. Certains qui se veulent aujourd’hui les champions des élections rapprochées avaient même exigé par écrit, un délai minimum de cinq ans. C’est donc une solution de compromis qui a été retenue notamment d’une transition de deux ans, avec possibilité de la prolonger de six mois, à deux reprises pour des raisons essentiellement liées à l’organisation de ces élections.
Et l’accord Global et Inclusif, précise que l’initiative de proposer cette prolongation revient à la Commission électorale indépendante en sigle la Cei, mais la décision finale est de la compétence de deux chambres du Parlement ( l’Assemblée Nationale et le Sénat). Il ne devrait donc y avoir aucun problème lorsque le Président de cette Commission, l’Abbé Malu Malu relève que les difficultés pratiques pourraient contraindre l’institution à prolonger une première fois la transition et qu’il a déjà soumis cette question à l’examen de deux chambres.

3. Comment expliquez-vous alors l’explosion de la colère populaire qui a fait dégénérer les manifestations du lundi 10 janvier à Kinshasa à la suite de cette annonce ?
Cette réaction relève d’un malentendu qu’entretiennent certaines forces politiques qui ne participent pas à la gestion consensuelle de la transition. Elles ont, jusque récemment, fait semblant d’accompagner la transition, mais en fait, elles ont toujours recherché la perturbation de celle-ci par l’échec des institutions mises en place et la possibilité d’instaurer un processus nouveau au sein duquel leurs animateurs pourraient trouver une place de choix.
Alors. ils créent délibérément la confusion dans l’esprit de la population en présentant le report de quelques mois comme une annulation pure et simple des élections. C’est ce message qu’ils ont véhiculé au sein d’une certaine couche de la population qui a provoqué des incidents regrettables du l0 janvier dernier, que du reste, la majorité de la population ne comprend pas.

4. D’après vous, est-il donc possible d’organiser les élections au courant de cette année ?
Personnellement, je reste convaincu que les élections générales pourront se tenir au courant de cette année et je mettrai tout en oeuvre pour qu’il en soit ainsi. Ma conviction est fondée sur le fait que les trois conditions essentielles pour l’organisation des élections sont en voie d’être réalisées. Il s’agit : Du Cadre Juridique.
A ce sujet, il y a eu lieu de noter que l’Assemblée Nationale a voté l’essentiel des lois pour la tenue des élections, notamment : la loi sur la nationalité, la loi sur la défense et les Forces Armées, la loi sur le recensement et l’enrôlement des électeurs. Le projet de Constitution a été adopté récemment. A ce stade, il ne reste plus que la loi électorale à laquelle il faut ajouter la loi référendaire.

5. Et le financement des élections
Ici, on ne doit pas oublier que la destruction du tissu économique de notre pays, consécutive à la gestion prédatrice des régimes précédents et aux hostilités militaires qu’a connues le pays, nous ont obligés à recourir à la solidarité de la Communauté Internationale. Celle-ci s’est déjà engagée à hauteur des 2/3 des fonds prévus pour l’organisation des élections.
Je suis convaincu que d’ici fin juin, la partie restante pourra être souscrite par d’autres pays amis et les partenaires des Organisations Internationales. Sans oublier évidemment la contribution propre du gouvernement congolais qui sera repris dans le budget 2005. Ce sont toutes ces raisons qui fondent mon optimisme et qui me poussent à croire qu’il sera possible que les élections se tiennent au courant de cette année 2005. (FP)