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Une analyse de Ludo Martens du 5 mars 2001
qui reste d’actualité en 2006…

Monsengwo et le complot anti-nationaliste.
Imposer le néocolonialisme au Congo, c’est assassiner Kabila une seconde fois

Ludo Martens, 5 mars 2001

Le discours du Président Joseph Kabila du 24 janvier est interprété de façon malveillante par tous les politiciens pro-impérialistes comme un changement fondamental de stratégie par rapport au kabilisme, comme une rupture avec « l’extrémisme » et « la dictature » de Mzee Laurent-Désiré Kabila, et non comme un réajustement de la politique nationaliste à la nouvelle situation.
Aujourd’hui, l’impérialisme spécule sur la désorganisation, le désarroi et les luttes internes dans le camp nationaliste, suite à la disparition du Président Mzee Kabila. Immédiatemment l’Occident a activé tous ses agents – les rebelles, les partis de ‘l’opposition’, certains chefs religieux et certains infiltrés dans l’entourgage de Mzee Kabila – pour présenter la voie de la soumission au néocolonialisme comme « la seule route vers la paix ».

Toutes ces forces mènent une campagne concertée à l’échelle nationale et internationale pour faire croire que Joseph Kabila a fait « des ouvertures » à leur égard et qu’il ne lui reste pas d’autre choix que de capituler devant les agresseurs et leurs commanditaires.
Ces forces néocoloniales font croire aujourd’hui à la masse que Joseph Kabila les a rejoint sur la voie du « libéralisme », de « l’ouverture » et de l’acceptation intégrale des « Accords de Lusaka ». Leur but est de préparer le terrain pour provoquer des émeutes, le jour où il apparaîtra que le nouveau Président reste fidèle au nationalisme de Mzee Laurent-Désiré Kabila.

Depuis plus de dix ans, Monsengwo est l’homme-clé de la politique américaine, française et belge au Congo. Il était à la base de la « démocratisation » du 24 avril 1990, il a présidé le bureau de la CNS fin 1991, il poussa à l’élection de Kengo en 1994, il était en mai 1997 le candidat de l’impérialisme pour assumer la Présidence de la République et priver ainsi Kabila de la victoire !
La Déclaration du 28 janvier 2001 de Monsengwo trace la ligne qui sera suivie par tous les agents de la Troïka dans les mois à venir. Elle comporte essentiellement sept thèses qui constitueront désormais « la bible » et le programme commun de toutes les forces néocoloniales au Congo. Nous les réfuterons une par une.

De la transition « démocratique » sous Mobutu à la «dictature » de Kabila ?

Première thèse de Monsengwo. « La CNS a formulé un projet de société basé sur la démocratie et l’état de droit qui a été consacré par des textes acceptés par toute la classe politique et par l’ensemble du peuple. Autour des textes de la CNS, il y avait un consensus national. » (Point 1.1.)
Réfutation. Il n’y a jamais eu d’unité entre la classe politique de l’époque de la Transition. Elle était divisée sur un problème tactique. D’un côté, il y avaient les anciens mobutistes partisans de la CNS et d’une limitation du pouvoir du président Mobutu et de l’autre côté il y avaient les mobutistes-durs-et-purs qui soutenaient le maintien des pouvoirs du Président-Fondateur.
En pleine CNS, les 23 et 27 juillet 1992, Monsengwo a conduit une délégation de la CNS et il a négocié un « compromis global » avec Mobutu . Dix jours plus tard, la CNS adopta un « Acte constitutionnel ». Les deux textes sont contradictoires sur des points essentiels et c’est la division en deux blocs de la classe politique ! L’armée refuse de reconnaître l’Acte constitutionnel. Le 5 octobre 1992, l’ancien Assemblée nationale de Mobutu se réunit contre la CNS. Du 9 au 18 mars Mobutu organise le Conclave politique dont sortira le gouvernement Birindwa. Mais Tshisekedi a toujours « son » poste de premier ministre et remanie « son » gouvernement le 22 mars. Bagarre effrayable entre deux « gouvernements zaïrois » ! Monsengwo déclare : « Ni Tshisekedi, ni Birinwa ne peuvent réconcilier la classe politique ». Et il lance un appel pour que la classe politique « reprenne le dialogue inutilement bloqué ». Cela conduira aux négociations et à l’Accord du Palais du Peuple du 13 septembre 1993. Le Haut Conseil de la République, organe créé au moment de la dissolution de la CNS… fusionne maintenant avec l’Assemblée nationale mobutiste, pour devenir le HCR-Parlement de Transition. Cette transformation fut l’œuvre de Monsengwo, Kengo, Kamanda, etc. qui avaient initié « la troisième voie ». L’année suivante Monsengwo fut chassé de son fauteuil de président du HCR-PT par ses « amis » Kengo, Tshisekedi, Kibassa, Kamanda. En 1976, l’USORAL-USORAS a saisi la Cour suprême de Justice pour contester l’élection de Kengo comme premier ministre. La même année le HCR-PT amendait les projets de Constitution et de Loi électorale dans une atmosphère de contestation généralisée.
Où était ce fameux « consensus de la classe politique autour des textes de la CNS » pendant toutes ces années ?

Monsengwo pense que le peuple congolais n’a pas de mémoire. Pour combattre Joseph Kabila et les forces nationalistes, il affirme aujourd’hui : « Tous ceux qui étaient au pays lors de la CNS se sentent liés par le consensus. Il y a des personnes arrivées en mai 1997 qui disent ne pas se reconnaître dans la CNS. La démarche consiste à convaincre les nouveaux arrivants du bien-fondé du consensus précédent, soit à actualiser ce consensus. »
Monsengwo, que les Congolais connaissent très bien comme le croque-mort et le fossoyeur de la CNS, prétend aujourd’hui que la classe politique mobutiste de la transition était unanime pour appuyer le CNS et que les nationalistes autour de Joseph Kabila n’ont qu’à les rejoindre !

Les Congolais se rappellent que pour diriger la croisade contre la CNS, Mobutu avait comme « évangélisateur » le fondateur du ministère « Amor Dei », son Conseiller Spécial pour la Sécurité, Honoré Ngbanda. Ce dernier, dans une publication qui est sortie au moment de l’assassinat de Kabila, déclara : « Croyez-moi, si nous revenions aux acquis de la Transition, issus de la Conférence nationale souveraine et qui ont reçu l’accord et le soutien de l’ensemble de la classe politique, nous pouvons obtenir des résultats et rapidement ».
C’est à l’aide de mensonges aussi grossiers que les mobutistes essaient de marteler dans la tête des Congolais que le « consensus » régnait du temps de la CNS !
Or, ce même N’Gbanda a publié en 1994 tout un livre intitulé « Afrique : démocratie piégée » dont le but était de peindre dans les couleurs les plus sombres cette farce qui s’appelait Conférence nationale et souveraine! Voici comment N’Gbanda décrit en 1994 le « consensus » de la CNS : « Au Zaïre, les conférenciers dans leur majorité, se désignaient eux-mêmes, directement ou indirectement. Leur participation devait leur revenir de droit, à eux fondateurs de partis politiques ou d’associations de circonstance, avec, souvent, des épouses, enfants et neveux, beaux-frères, copains de villages, etc » « Le concept même de conférence, dans sa concrétisation, est porteur de plusieurs éléments de division. On a vu dans la Conférence un lieu de contestation de la légitimité des dirigeants considérés comme responsables de tout le bilan négatif du passé, et un de légitimation de nouvelles forces et de nouveaux leaders. Mais quels nouveaux leaders ? Presque tous les grands ténors de l’opposition au sein de la Conférence Nationale et Souveraine sont des gestionnaires attitrés, les créateurs et les animateurs de la Deuxième République, ce régime diabolisé qu’ils prétendent, eux, juger et condamner. On ne peut être à la fois assassin et juge. …La Conférence devenait donc un cadre d’oppositions politiques exacerbées et de règlements de comptes. Les clivages entre tribus et régions se sont approfondis. »

Nous arrivons à la deuxième thèse de Monsengwo. « L’ordre de la CNS a été sacrifié au profit de la nouvelle dictature de Kabila qui a refusé le consenus national et a pris le pouvoir par la force. » (Point 1.3.)
Par cette thèse, Monsengwo se manifeste comme un des principaux idéologues du néo-mobutisme. En fait, c’est presque mot pour mot la thèse essentielle de tous les défenseurs de l’impérialisme, des mobutistes aux rebelles. Ainsi, le 13 septembre 1999, l’agent ougandais et mobutiste Jean-Pierre Bemba affirma : « Nos références sont les travaux de la grande réflexion de 1991-92 qui ont posé les bases de notre renouveau démocratique. Mais un groupe de rêveurs aux idéologies révolues a pris la lourde responsabilité d’interrompre le processus démocratique. En refusant de s’inscrire dans le schéma tracé par la CNS , Kabila entend nous ramener dans l’option de la dictature »
L’ordre de la CNS était toujours l’ordre néocolonial mobutiste, adaptée à la nouvelle situation internationale caractérisée par la disparition du socialisme en Union Soviétique et en Europe de l’Est. L’écrasante majorité des politiciens de la CNS-HCR-PT ne voulait la fin ni du mobutisme, ni du néocolialisme. Mais Monsengwo, Bemba et les autres ex-MPR nous font croire qu’entre 1990 et 1997, le peuple a connu un « renouveau démocratique » qui a été interrompu par la « dictature » de Kabila.
Oui, il y a eu « processus démocratique » pour les cliques qui s’enrichissaient grâce à la CNS-HCR-PT. Mais sous la Transition, le peuple n’a eu qu’un « processus d’appauvrissement constant ». En 1990 le Congo comptait 1.604.900 salariés dans le secteur public et privé. Au cours du « processus démocratique », entre 1990 et 1996, non moins que 610.600 emplois ont été supprimés ! Le Produit intérieur brut par habitant est tombé de 295 dollars en 1990 à environ 133 dollars en 1996. Entre le premier coup d’Etat de Mobutu en 1960 et la « démocratisation » en 1990, le produit intérieur brut avait déjà chuté de 380 dollars à 295. Que ce soit lors de la période de dictature ouverte ou celle de la « dictature démocratisée », le niveau de vie des Congolais a chuté, mais la baisse s'est notablement accélérée pendant la CNS et la transition. Et Bemba de s’indigner que des « rêveurs aux idéologies révolues » ont « interrompu le processus démocratique ». En réalité, ce sont ces « rêveurs », et eux seuls, qui ont réussi à briser le système mobutiste criminel qui s’éternisait grâce à la « transition ». Sans ces rêveurs, le « mobutisme avec Mobutu » que nous avons connu pendant les années de « transition » se serait transformé en « mobutisme sans Mobutu » après la mort du dictateur. Rien de fondamental n’aurait changé au système en place.
Voilà pourquoi, après six années d’espoirs trompés, le peuple, dans son écrasante majorité, a soutenu la guerre de libération de Kabila et s'est mobiliser pour la soutenir.

Interdiction de résister aux agresseurs ?

Troisième thèse : « La prise unilatérale du pouvoir par Joseph Kabila expose le pays aux mêmes dangers : l’oppression et la répression et la poursuite de la guerre. » (Point 1.6.)
La légitimité de Mzee Laurent-Désiré Kabila provenait de trois sources. D’abord, il a dirigé en 1996-97 la guerre de libération qui a réussi à libérer le Congo du mobutisme imposé au pays entre 1965 et 1996. Ensuite, au cours de l’année 1997-98, Kabila a entamé la reconstruction nationale qui a amélioré la situation économique des populations. Finalement, Mzee a dirigé avec énergie et de façon habille la guerre nationale de résistance contre l’agression américano-rwando-ougandaise et il a soulevé toute la population congolaise dans un élan de patriotisme.
Après l’assassinat de Mzee Laurent-Désiré Kabila, les organes de l’Etat qui incarnent la légalité et la légitimité du pouvoir nationaliste, ont décidé de continuer son œuvre en choisissant Joseph Kabila comme son successeur. Craignant la continuation de la politique nationaliste, Monsengwo, en véritable porte-parole des puissances impérialistes, déclare : « Joseph Kabila expose le pays aux mêmes dangers ».
Monsengwo mentionne un premier danger : « l’oppression et la répression » qu’organisa le défunt président.
Or, sous Mzee Kabila, la population a connu une nette amélioration de sa situation sécuritaire. Les exactions des militaires et des ‘forces de l’ordre’ contre la population ont fortement diminué quoique, inévitablement, certains habitudes du temps de Mobutu ont continué. Sous Kabila, la répression était essentiellement dirigée contre les forces qui complotaient avec l’impérialisme, avec les agresseurs et avec la rébellion. Cette répression était nécessaire pour sauver l’indépendance et la souveraineté du Congo. L’assassinat de Kabila vient confirmer qu’il n’y a pas eu une vigilance et une fermeté comme il fallait envers ces forces du mal.
Puis, parmi « les dangers » que le Congo court sous Joseph Kabila, Monsengwo cite aussi « la poursuite de la guerre » ! C’est absolument ignoble. L’ONU a reconnu que le Congo est agressé, occupé et pillé par le Rwanda et l’Ouganda. Le gouvernement congolais a le devoir sacré de continuer le combat militaire et diplomatique jusqu’à ce que les agresseurs se retirent sans conditions.

Pas d’agression au Congo mais un « conflit interne » ?

Quatrième thèse : « La seule solution, c’est le Dialogue inter-congolais dans le cadre des Accords de Lusaka en vue de récréer le consensus national de la CNS rompu par Kabila. » (1.7.)
La position fondamentale de Monsengwo est sa négation de la guerre d’agression criminelle qui a déjà tué 3.000.000 de Congolais. Monsengwo reprend ce que les Rwandais, Ougandais et Américains et les rebelles disaient au début de la guerre : il n’y a pas d’agression extérieure, il y a un conflit intérieur entre les forces « démocratiques » et la « dictature de Kabila ».
Mais heureusement, grâce aux enseignements de Mzee Kabila, la population congolaise est désormais éveillée. Elle sait que, face à une agression barbare, la solution n’est certainement pas un « dialogue » avec les « rebelles », et encore moins un « consensus » avec ces marionnettes impuissantes des agresseurs ! La solution sera donnée par l’unité de toutes les forces patriotiques dans le combat héroïque pour bouter dehors les agresseurs et ce combat doit être mené sur tous les terrains, militaire, politique, diplomatique, etc. Monsengwo, par ses propos de trahison, fait comprendre à tous les Congolais patriotes que les politiciens de l’opposition néocoloniale sont effectivement une cinquième colonne de l’agression, oeuvrant de concert avec les Américains, les Rwandais, les Ougandais et les rebelles.

Cinquième thèse de Monsengwo : « Le moment est favorable, car la mort de Monsieur Kabila rend la guerre des Grands Lacs sans objet, puisque la guerre a été déclenchée pour chasser Mr Kabila du pouvoir ». (1.8.)
Monsengwo se félicite presque ouvertement de l’assassinat de Kabila, affirmant que la guerre « déclenchée pour chasser Kabila » est maintenant sans objet ! En réalité, la guerre a été déclenchée par les Américains pour chasser tous les nationalistes congolais du pouvoir. Et si Joseph Kabila continue la politique lumumbiste du maintien de l’indépendance et de la souveraineté du Congo, les dirigeants américains, qui ont déjà plus de 3.000.000 morts sur leur conscience, peuvent décider la continuation de l’agression.
Monsengwo fait semblant de croire que seul Kabila « gênait » les impérialistes. Or, l’homme de confiance des Américains sait très bien que ses patrons craignent surtout le peuple congolais conscient de sa dignité et mobilisé dans le combat pour l’indépendance. L’assassinat de Kabila n’a pas abattu ce peuple, au contraire, les trois millions de Kinois qui sont descendus dans la rue pour rendre hommage au Président martyre, ont prouvé que le peuple congolais est désormais debout. Ce peuple semble dire : non monseigneur, Kabila assassiné, la guerre de résistance ne devient pas « sans objet » parce que toute la population a exprimé sa détermination à poursuivre l’œuvre du Héros national et à bouter dehors les agresseurs pour assurer au Congo son indépendance, sa souveraineté et sa dignité.

Monsengwo, l’homme du coup d’état anti-nationaliste ?

Sixième thèse : « Le Dialogue inter-congolais doit, sur base d’un consensus, mettre en place le Président, le gouvernement de large union nationale et le Parlement de transition ». (1.9.) « Les autorités interimaires – le président Joseph Kabila et son gouvernement - ne peuvent recevoir leur légitimation que du Dialogue inter-congolais ». (Point 1.12) « Elles doivent donc, avec l’aide de Masire, mettre sur pied un présidium provisoire pour préparer ce Dialogue ». (Point 1.12.2.)
Monsengwo avoue que le « Dialogue inter-congolais », tel que les puissances impérialistes veulent l’imposer aux Congolais, est bel et bien un coup d’état parlementaire qui mettra fin à la légalité et la légitimité du pouvoir nationaliste issu de la révolution du 17 mai 1997. Le soi-disant « présidium du Dialogue inter-congolais » est l’organe du coup d’état néocolonial : dès l’ouverture du « Dialogue », ce « Présidium » remplacera en réalité le Président Joseph Kabila, son gouvernement de salut public et l’Assemblée Législative et Constituante.
Le Président Laurent-Désiré Kabila et son gouvernement avaient été reconnus en mai 1997 par tous les pays au monde. Même les puissances impérialistes ont félicité Kabila pour avoir annoncé des élections dans un délai de deux ans ! Simpson, l’ambassadeur américain, disait trois semaines avant l’agression américano-rwando-ougandaise : “Le président Kabila est sur la bonne voie, politiquement parlant”. “Il s’en tient, en général, au calendrier fixé en vue de la démocratisation du pays. Il y a eu des régressions, mais rien d’important. En fin de compte, c’est à l’urne que seront jugés M. Kabila et son gouvernement.” En clair, les jours précédents l’agression, Kabila était toujours sur la bonne voie, suivait son calendrier de démocratisation et se voyait féliciter pour sa décision d’organiser bientôt des élections. Puis venait une agression barbare dénoncée par l’ONU… et cette agression aurait privé le gouvernement nationaliste de son droit de reprendre la voie de la démocratisation et d’organiser des élections, une fois les agresseurs boutés dehors ! C’est une logique de gangsters rarement vue dans l’histoire.
Si, pour Monsengwo, le gouvernement nationaliste n’a plus le droit de gouverner en toute indépendance le Congo, c’est que le pays est déjà sous la tutelle d’une autre force : c’est la troïka impérialiste qui décidera désormais quelle est l’autorité supérieure au Congo.
Les nationalistes congolais ré-affirmeront haut et fort que le Congo a un gouvernement légal et légitime qui dirige la résistance à l’agression. Ce gouvernement peut, de son propre initiative, organiser un Dialogue inter-congolais. Après le retrait des agresseurs, ce gouvernement organisera des élections libres et démocratiques.

Le Congo bientôt sous tutelle militaire de l’Occident ?

La septième thèse, la plus dangereuse, de Monsongwo: « Le Dialogue inter-congolais nécessite la présence des troupes de l’ONU au Congo pour assurer la sécurité dans le pays, pour garantir l’application des décisions du Dialogue et pour former une nouvelle armée républicaine ». (Point 1.11)
Le 13 septembre 1960, dans son dernier discours radiodiffusé, Lumumba dénoncait la menace que le Congo soit « mis sous une tutelle internationale de l’ONU». C’est exactement ce que Monsengwo et tous les politiciens néocoloniaux veulent faire aujourd'hui. Ils déclarent ouvertement qu’ils veulent la mise sous tutelle du Congo par les puissances impérialistes qui tirent les ficelles de l’ONU.
Le Congo n’est plus un pays indépendant, si l’on accepte que la sécurité dans le pays soit assurée par des troupes étrangères de l’ONU et si l’on accepte que des troupes étrangères « garantissent » l’application des décisions du « Dialogue ». Monsengwo veut aussi que les Forces Armées Congolaises soient démantelées au profit d’une « nouvelle armée » qui sera formée par l’ONU, c’est-à-dire par les Américains ! C’est exactement ce qui s’est passé après l’assassinat de Lumumba et la défaite des nationalistes en 1961 : c’est sous le drapeau de l’ONU que les puissances occidentales ont formé l’armée de Mobutu… armée qui réprimera la révolution populaire de 1964-65 et fera le coup d’Etat du 24 novembre 1965…
Mettre le Congo sous tutelle militaire de la Troïka, c’est le nœud du Plan Monsengwo. En effet, l’impérialisme estime qu’il lui faudra avoir des troupes à lui au Congo pour savoir dominer efficacement le pays.
Il faut se rappeler qu’en 1991 déjà, Tshisekedi et Monsengwo souhaitaient une mise sous tutelle militaire du Congo. C’était en septembre 1991 que les troupes françaises soutenues par 850 soldats belges sont intervenus à Kinshasa. La Libre Belgique écrit alors : « Le Zaïre appelle à l’aide et cette aide, qui sera humanitaire, doit impérativement bénéficier d’un encadrement militaire. » Au nom du gouvernement belge, le Eyskens déclara devant l'ONU: "L'intervention d'Etats tiers pour protéger les droits de l'homme n'est pas nécessairement une intervention dans les affaires intérieures, même si cette intervention se réalise contre la volonté de l'Etat concerné.".
A l’époque, j’ai écrit ceci: “L’intervention militaire de la France et de la Belgique vise à imposer leur solution à la crise zaïroise: remplacer le vieux dictateur en pleine déliquescence par des hommes plus attentifs aux besoins de l’Occident. Ainsi, La Libre Belgique a écrit: "Le gouvernement belge semble prêt à élargir le cadre de la mission (militaire) belge au Zaïre de façon à promouvoir la transition démocratique". Et le social-démocrate Coëme, ministre de la Défense, a déclaré: "Nous devons aussi protéger la population zaïroise contre des émeutes dangereuses. Si vous me demandez une date limite (pour le retrait des paras), je dirais: il doit y avoir un gouvernement démocratique stable qui est capable de relancer l'économie zaïroise sur une base solide." En ces termes, l’impérialisme belge affirme sa volonté de mettre le Congo sous une tutelle militaire pour de longues années. Jacques Brassinne, acteur important de la politique africaine en Belgique, a été le plus explicite à propos la récolonisation politique et militaire complète du Congo: "Il est absolument nécessaire qu'il y ait une présence permanente militaire européenne au Zaïre. Seule la présence de ces troupes pourra permettre un retour du secteur privé, des investisseurs étrangers et des coopérants." Tshisekedi n’a fait aucune objection contre ces projets de récolonisation militaire. Le 3 octobre 1991, il déclare: "Je demande à la France et à la Belgique de ne pas retirer leurs troupes du Zaïre, aussi longtemps que je n'ai pas les affaires en mains". Ainsi, Tshisekedi se place d’emblée dans une situation de dépendance vis-à-vis des troupes étrangères.”
Ce rappel historique nous fait mieux comprendre l’actualité.

Le 16 janvier, immédiatemment après l’attentat, Louis Michel annonçait avec beaucoup de bruit que Kabila était bel et bien mort ! Comme si son but était de créer une panique à Kinshasa, de provoquer des troubles et d’obtenir un prétexte pour une intervention militaire… Et effectivement, les paras belges se sont mis directement en route pour Libreville, prêts à foncer sur Kinshasa. “Malheureusement”, les troubles graves que les puissances impérialistes attendaient ne se sont pas produits… Au contraire, l’Angola a renforcé le dispositif sécuritaire de Kinshasa. Des responsables tant congolais qu’angolais nous ont dit: “Désormais, nous les Africains, nous nous prenons en charge nous-mêmes. Avec l’aide de ses alliés angolais, zimbabwéens et namibiens, le Congo passera ce moment dramatique et difficille. Nous ne voulons plus voir des interventions militaires européennes ou américaines chez nous.”
Il est claire que les agissements de Monsengwo procèdent du même complot qui a conduit à l’assassinat de Kabila. Kabila mort, il faut encore liquider l’ensemble de son œuvre. Sous le drapeau de l’ONU, Monsengwo et ses semblables comptent mettre le Congo sous la tutelle militaire des puissances impérialistes, démanteler les Forces Armées Congolaises et les Forces d’Autodéfense Populaire et, sous le prétexte de “fusionner” l’armée nationaliste et les soi-disant “troupes rebelles”, former une nouvelle armée néocoloniale au Congo!