Le Mouvement des 118 pays Non-alignés relancé

Agence Cubaine d'information, 18 septembre.

Le sommet du Mouvement non-aligné, clôturé par le vice-président cubain Raul Castro, a approuvé d'importants documents qui constituent les grandes lignes pour le travail du MNAL.

Ainsi, la Déclaration finale est le document conceptuel et théorique qui ratifie le Mouvement en tant que forum de concertation politique des pays du Sud, tandis qu'un document méthodologique unifie des pratiques dispersées, en introduisant des points nouveaux.

Il prévoit la constitution d'un Secrétariat à New York, la mise en place du Forum des anciens présidents et légitime le mécanisme de la Troïka, de laquelle font partie maintenant Cuba, la Malaisie et l'Egypte.

Quant au Document final, il contient un nombre considérable de mesures pour l'action, le soutient à la Bolivie, au Venezuela et à Cuba se trouvant parmi les sujets qu'il aborde. Le soutient à la demande d'extradition de Posada Carriles présentée par le Venezuela aux États-Unis ; la réaffirmation du concept de démocratie en tant que valeur universelle sans qu'il y ait un modèle unique patrimoine d'un pays ou région particulière ; la condamnation énergique à l'agression contre le Liban et les violations du gouvernement israélien font également partie du document, qui présente d'ailleurs un diagnostique de la situation économique internationale et notamment dans nos pays.

Le Document final réaffirme l'importance de la préservation du multilatéralisme, de la Charte des Nations Unies et du Droit international comme points indispensables des rapports internationaux.

Une déclaration qui réaffirme la solidarité avec la cause palestinienne et une autre sur la question du nucléaire iranien réaffirmant le droit de tous les États à la recherche, la production et l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques ont été également adoptées par le Sommet qui a ratifié l'Égypte comme pays siège du 15e Sommet en 2009.
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Vous trouverez sur ce site tous les documents de la conférence des Non-alignés à la Havane.
Pour obtenir le document final, pointez votre souris à gauche sur "documens adoptés".
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La Havane, 17 septembre (Radio Havana Cuba).

Les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays non-alignés ont adopté une déclaration finale de quelque 90 pages qui passe en revue la situation dans le monde et offre un plan d’action au Mouvement.

Elle réaffirme les grands principes qui ont présidé à la naissance du non-alignement. Elle signale en particulier que « les menaces et les enjeux anciens, nouveaux et en gestation continuent d’entraver les efforts que consentent les États en vue du développement économique, du progrès social, la paix et la sécurité, la jouissance des droits de l’homme et la primauté du droit. » Elle affirme l’importance du Mouvement.

Pour le multilatéralisme

« L’humanité ne connaît toujours pas la paix et la sécurité mondiale du fait, entre autres facteurs, de la tendance accrue de certains États à recourir à l'unilatéralisme et à des mesures imposées d'une manière unilatérale, du non-respect des engagements et des obligations imposés par les instruments internationaux obligatoires, en particulier en ce qui concerne les traités ayant trait aux armes de destruction massive et aux armes classiques, du terrorisme, des conflits, des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, du recours à la politique de deux poids deux mesures dans les relations internationales, et du fait que les pays développés ne tiennent pas leurs engagements dans les
domaines économique et social » signale la déclaration qui précise que le monde doit redresser ces situations en vertu de la Charte des Nations Unies et du droit international.

Le Mouvement réaffirme aussi sa volonté d'instaurer un ordre mondial juste et équitable et une bonne gouvernance démocratique mondiale, et non un ordre fondé sur le monopole de quelques puissants.

La Déclaration finale se prononce pour que la coopération Sud-Sud joue un rôle dans le contexte général du multilatéralisme en vue de faire avancer le développement économique et le progrès social.

Elle s’oppose aux mesures unilatérales, au recours à la force ou à la menace de la force, aux pressions et aux mesures coercitives que certains États imposent pour atteindre leurs objectifs politiques nationaux.

Une vingtaine de pages portent sur la situation des Nations Unies, les non-alignés réaffirmant qu’ils sont partisans d’une réforme institutionnelle de l’ONU.

Contre tous les terrorismes

Sur la question du terrorisme, la Déclaration finale du Sommet insiste sur la différence très claire qu’il faut faire entre la résistance d’un peuple et le terrorisme. Elle condamne « énergiquement et sans équivoque le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, ainsi que tous actes, méthodes et pratiques terroristes où que ce soit, par qui que ce soit, contre qui que ce soit, y compris ceux où des États sont directement ou indirectement impliqués ». La déclaration presse tous les États, de s'acquitter des obligations que leur imposent le droit international y compris en poursuivant ou, le cas échéant, en extradant les auteurs d'actes terroristes, en empêchant que des actes terroristes ne soient organisés, incités ou financés contre d'autres États à l'intérieur ou à l'extérieur de leurs frontières, ou par des organisations basées sur leur territoire. Elle précise aussi que les pays doivent être attentifs à ce que des terroristes ne bénéficient d’aucun statut légal et que les prétextes de motivation politique que les terroristes avancent ne soient pas reconnus comme une justification pour refuser des demandes d'extradition.

Sur la question de la démocratie, le texte réitère qu’elle est une valeur universelle basée sur la volonté du peuple de déterminer le régime politique et social de son choix. Il souligne que si toutes les démocraties ont des caractéristiques communes, il n´y a pas de modèle et la démocratie n’est pas le patrimoine de pays ou régions.

La déclaration finale confirme les positions du mouvement sur la nécessité du désarmement nucléaire total et sa condamnation du recours à la force dans les relations internationales. Elle réaffirme le droit de tous les pays à avoir accès au nucléaire pacifique.

Elle aborde aussi une série de problèmes régionaux. Elle confirme la nécessaire création d’un Etat palestinien ayant Jerusalem Est pour capitale et condamne la dernière agression d’Israël contre le Liban.

La levée immédiate du blocus de Cuba

A propos de Cuba, la déclaration finale du Sommet des
pays non-alignés appelle « de nouveau le gouvernement des États-Unis d’Amérique à lever son blocus économique, commercial et financier contre Cuba qui, outre son caractère unilatéral et contraire à la Charte de l’ONU et au droit international, et aux principes de bon voisinage, cause un préjudice matériel et économique immense au peuple cubain ».
Elle cite la liste des résolutions adoptées en ce sens par l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle rejette le renforcement par le gouvernement des États-Unis des mesures destinées à l’intensifier et demande la restitution du territoire occupé par la base navale de Guantánamo et la fin des transmissions de radio et de télévision.

Deux paragraphes apportent aussi le soutien des Non-alignés au Venezuela et à la Bolivie et aux processus démocratiques et populaires qui y sont engagés.

La dernière partie de la déclaration finale du Sommet des pays non-alignés porte sur les questions relatives au développement économique et social et aux droits de l’Homme. Elle signale que la communauté internationale, en particulier les pays développés, devait aider les pays en développement à atteindre pleinement les objectifs de développement acceptés à l’échelle internationale, dont les Objectifs du Millénaire pour le développement, notamment la
réduction de moitié d’ici à 2015 de la population vivant dans la pauvreté et souffrant de la faim.

L’importance de la coopération Sud-Sud

Le texte adopté par les 118 pays du Mouvement des Non-alignés insiste sur l’importance croissante de la coopération commerciale et économique Sud-Sud qui nécessite des efforts plus énergiques. Elle affirme que la coopération Sud-Sud est un processus vital permanent permettant au Sud de relever les défis auxquels il fait face.

Elle se prononce contre le racisme, la discrimination raciale, la traite des êtres humains et l’esclavage moderne. Elle demande aux pays développés récepteurs de migrants de prendre des mesures pour les protéger.