Le blocus des Etats-Unis contre Cuba dénoncé à Kinshasa

Lundi 6 novembre l’ambassadeur cubain en RDC, M. Hector Igarza a donné une conférence de presse sur le thème du blocus des Etats-Unis contre Cuba.

En présence d’une cinquantaine d’amis congolais et de plusieurs journalistes, l’orateur a rappelé que les dommages économiques directs infligés au peuple cubain par l’application du blocus ont dépassé 8.618.000.000 de dollars. Et rien que cette année les préjudices directs ont dépassé 408.000.000 de dollars. Ce montant, a-t-il renchéri, n’inclut pas les dommages directs imputables aux sabotages et aux actions terroristes encouragés, organisés et financés depuis les Etats-Unis contre des cibles économiques et sociales du pays, ainsi que le manque à gagner et les produits non fabriqués du fait des conditions de crédit onéreuses imposées à Cuba.

L’ambassadeur a référé à l’alinéa (c) de l’article II de la convention de Genève pour la prévention et la répression du crime de génocide, du 9 décembre 1948, et à la définition donnée dès 1909 par la conférence navale de Londres pour décrire ce blocus comme un acte de génocide et de guerre économique.
Le but de ce blocus est bien de faire plier par la faim et les maladies, un peuple qui ne cherche qu’à exercer pleinement son droit à l’autodétermination et à défendre sa souveraineté, son bien-être et sa dignité.

Pour M. Hector Igarza, le blocus est une violation massive, flagrante et systématique des droits de l’homme du peuple cubain, notamment des droits à la santé et à l’alimentation, qui entraîne de graves conséquences humanitaires.
L’an dernier à l’ONU, 182 Etats membres ont voté en faveur d’un résolution pour que le blocus soit levé. Le 8 novembre, une telle résolution sera à nouveau présenté. Ce sera la 15° fois que l’ONU vote contre ce blocus criminel imposé par les Etats-Unis contre Cuba. Le monde entier, l’Union Européenne y compris, voteront pour cette résolution. Les deux votes contre viennent toujours des Etats-Unis et de l’Etat sioniste d’Israël.

L’administration Bush persiste dans sa politique criminel, foulant au pied le droit à la souveraineté et l’indépendance des pays membres de l’ONU. Ils veulent imposer la loi du plus fort. En juillet de cette année ils ont rendu publique une seconde version d’un plan contre Cuba. Il s’agit ni plus ni moins d’un plan d’annexion de Cuba aux Etats-Unis. D’abord il y a le renforcement d’une série de mesures qui doit nuire l’exportation du nickel cubain et la vente des équipements médicaux. La plan contient cette fois-ci une partie secrète. On ne peut que deviner qu’il s’agit la préparation d’agressions militaires de mercenaires, des plans d’assassinat du Président Fidel Castro et d’autres dirigeants cubains. L’administration Bush est même allé si loin en nommant un « administrateur général de Cuba », c'est-à-dire un sorte de proconsul à l’exemple du fameux Paul Bremer qui a dirigé l’Iraq immédiatement après l’invasion et l’occupation de ce pays par les troupes américaines.

De nombreuses questions ont été posées et M. Igarza y a répondu d’une façon précise. Nous reprenons ci-dessous quelques questions.

Pourquoi les Etats-Unis organisent ce blocus contre la volonté de la grande majorité des nations ?
Ils ne peuvent pas supporter l’exemple que Cuba donne au monde. Nous avons fait la révolution il y a 47 années pas seulement pour libérer notre peuple mais aussi pour contribuer à un monde plus solidaire et juste. Et nous faisons cela en donnant l’exemple. Il y a par exemple 450.000 latinos qui ont retrouvé la vue par une opération chirurgical ophtalmologique dans le cadre de « l’opération miracle » entrepris par la coopération internationale de Cuba.
Il y a plus que 50.000 étudiants des différents pays du tiers monde qui étudient gratuitement à Cuba. Récemment un de ces étudiant, un étudiant congolais à l’université sportif, a perdu la vie à cause de cancer. Le gouvernement cubain a payé tous les frais pour le rapatriement du corps. Quand je suis allé réglés cela avec le ministère d’affaires étrangères ici à Kinshasa, on était étonné car ils n’avaient jamais pensé qu’un gouvernement étranger pourrait prendre un charge cela.
Ce sont de tels exemples que le gouvernement américain ne peut pas supporter.
Quand l’ouragan Katrina a frappé New Orleans, nous avons immédiatement proposé l’envoi de 1500 médecins équipés pour la région frappé. Cette offre a été niée, car c’est un exemple de solidarité que le gouvernement américain ne peut tolérer.

Quelle est la stratégie pour en finir avec ce blocus ?
Il n’y a pas une autre stratégie que celle qui consiste à résister. Nous ne pouvons pas réagir militairement, ce serait donner un cadeau au gouvernement de Washington. Mais nous continuons bien à résister. Chaque année nous déposons la résolution à l'ONU, en expliquant au monde le caractère criminel de ce blocus. Nous continuons à donner l’exemple. C’est une lutte de longue durée. On peut le comparer à un marathon que nous ne voulons pascourir seul, mais ensemble avec tous les gens honnêtes dans le monde. Ce qui compte ce n’est pas de gagner, mais bien d’arriver à la fin ensemble avec nos amis.

La contribution de Cuba a la lutte de libération de l'Afrique est bien palpable. Nous avons eu ici au Congo la solidarité de Che Guevara dans les années 60. Il est venu avec plus que 130 cubains, par solidarité. Six cubains sont morts et leurs corps sont restés dans ce pays. Nous avons vu le rôle de Cuba en Angola au Congo-Brazaville. Nous voyons comment au fin fond de Ghana des médecins cubains travaillent aujourd'hui pour améliorer la santé de paysans ghanéen.
Qu’attendez-vous de nous ?

D’abord je demande que l’on s’informe sur ce blocus. Que l’on comprend ce que c’est ce blocus. Ensuite que l’on voit chacun à partir de sa position et moyens comment dénoncer ce blocus.

Quels conseil pouvez-vous nous donner, nous les révolutionnaires restés orphelins depuis l’assassinat de Mzee Kabila ?
Je ne peux pas vous donner une recette. Il est aux révolutionnaires congolais de trouver eux même leur chemin. Mais je peux bien vous donner un conseil : « unissez-vous ». Ce n’est pas l’existence de plus de 300 partis politiques qui va vous garantir la démocratie. Au contraire cela ne peut qu’amener à la division du peuple congolais. Il faut un parti avec un bon leadership, des structures solides et une vision sur le développement et la construction de votre pays. Il ne faut pas du tout imiter ce que nous avons fait. Il faut avoir vos propres réponses à la situation de votre pays.

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