samedi, septembre 04, 2004

Briefing du 4 septembre 2004

1. travail dans parlement-sénat

  • Assemblée nationale : loi sur la nationalité
  • Amnistie : la réouverture du procès L.D.Kabila envisagée
2. position et manoeuvres du MLC dans le débat sur la nationalité
  • Le Mlc Masegabio soutient Ruberwa contre JP Bemba
  • Cinq questions à Thomas Luhaka
3. la crise au RCD
  • Le siège du Rcd pris d’assaut par des militants en colère contre le collège des Fondateurs
  • Azarias Ruberwa prépare de nouveaux ministres
5. Ciat pose ces conditions, veut renfocer la tutelle
  • Communiqué du Ciat
  • Selon Aldo Ajello reçu en audience au Sénat, le conseil supérieur de la défense bientôt convoqué à Kinshasa
6. intoxications et rumeurs ethnicistes
  • Glac lance des mensonges
  • Digitalcongo.net reprend un mail d'un farceur sur la nationalité de Ruberwa
---------------------------------------------------------------------------
1. travail dans parlement-sénat

Assemblée nationale : loi sur la nationalité
Les députés ont levé des options fondamentales
Hier vendredi 03 septembre 2004, au cours d’un débat général, le ministre de la Justice, Honorius Kisimba Ngoy, a été convié par l’Assemblée nationale afin de faire l’économie du texte. Pour ce qui est des options fondamentales, le ministre de la Justice a indiqué que la nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec une autre nationalité. Tous les groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (actuellement République démocratique du Congo) à l’indépendance, doivent bénéficier de l’égalité des droits et de la protection aux termes de la loi en tant que citoyens. Une loi organique fixe les conditions de reconnaissance, d’acquisition, de perte et de recouvrement de la nationalité congolaise.
L’intervenant a fait savoir qu’est Congolais d’origine aux termes de la présente loi : - l’enfant dont le parents -le père ou la mère - est Congolais ; tout individu appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement Rdc) à l’indépendance ; l’enfant nouveau-né trouvé sur le territoire de la Rdc dont les parents sont inconnus. Toutefois, il sera réputé n’avoir jamais été Congolais si, au cours de sa minorité, sa filiation est établie à l’égard d’un étranger et s’il a, conformément à la loi nationale de son auteur, la nationalité de celui-ci ; l’enfant né en Rdc des parents apatrides ou des parents étrangers dont la nationalité ne se transmet pas à l’enfant du fait de la législation de l’Etat d’origine qui ne reconnaît que le jus soli ou ne reconnaît pas d’effet sur la nationalité à la filiation naturelle.
La loi préconise cinq modes d’acquisition à savoir par l’effet de : la naturalisation ; l’option : l’adoption ; le mariage ; l’acquisition de la nationalité congolaise par l’effet de la naissance et de la résidence.
Notons par ailleurs que la question de la double nationalité est renvoyée à l’examen de la prochaine législature.
Le Potentiel, Edition n°3216 du samedi 04 septembre 2004

Amnistie : la réouverture du procès L.D.Kabila envisagée
Il a été décidé, en séance plénière, d’instituer une commission ad hoc dans le but de parvenir à un compromis et d’adopter le projet de loi sur l’amnistie.
(…) A en croire les premiers éléments d’information en notre possession, la tendance consisterait à lever une option sur la réouverture du procès. Ce qui permettrait à la justice congolaise de puiser dans le droit congolais pour une requalification éventuelle de l’infraction du crime.
Cette option rejoint d’ailleurs l’avis émis par certaines personnalités qui ont toujours contesté la qualité du tribunal qui s’était saisi de ce dossier, la Cour d’ordre militaire, tribunal d’exception. En plus, l’on attend encore les rapports des deux commissions, nationale et internationale, mises en place pour élaborer des conclusions.
Le Potentiel, Edition n°3216 du samedi 04 septembre 2004

2. position et manoeuvres du MLC dans le débat sur la nationalité

Le Mlc Masegabio soutient Ruberwa contre JP Bemba
Hier, les habitués du Palais du Peuple ont assisté à une scène pour le moins rocambolesque. Une scène qui fait honte surtout qu’elle vient d’un intellectuel, un professeur d’université, un poète de renommée nationale.
En effet, l’audition du rapport de la commission spéciale sur le projet de loi portant sur la nationalité feuilleton s’est déroulé au Sénat. Une motion incidentielle soulevée par « l’honorable » Masegabio Nzanzu , a plutôt demander de surseoir l’examen de cette loi afin que soit diligenté en toute urgence un audit interne sur la gestion des ressources humaines et financières au Sénat. (…)
Après plusieurs interventions, la plénière a décidé que chaque composante et entité propose un membre qui fera partie de la commission d’audit en attendant le retour de Mgr Marini. Cette enquête serait autorisée par le règlement intérieur du Sénat.
(…) Les sénateurs, non seulement ont créé la digression en retardant l’examen de la loi sur la nationalité, une loi dont l’adoption ouvrirait la voie à d’autres lois liées à la tenue des élections, mais aussi ont violé leur propre règlement. Ils ont le loisir d’attendre la fin de l’exercice dans la mesure où l’examen de la loi n’est nullement lié à cette mission d’audite.
Il convient de relever que tout cela s’est passé sous la barbe des diplomates membres du Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat) qui ont fait le déplacement du Palais du Peuple afin de se rendre compte du déroulement des discussions. Ces diplomates étaient simplement médusés. Il ont compris qu’à travers cette fuite en avant, « les motionnaires » exécutent un agenda caché.
(…) En effet, l’honorable Masegabio Nzanzu s’est employé à défendre la position adoptée par Me Azarias Ruberwa qui a demandé l’évaluation de la transition en suspendant la participation de son parti aux institutions de la transition. (…)
L’Avenir du 3 septembre

Cinq questions à Thomas Luhaka
“Le Mlc a toujours dit que par rapport à la déclaration faite par Me Azarias Ruberwa, ’il y a de problèmes qui se posent durant cette transition, il est temps qu’on puisse en parler au sein des institutions. Notamment des questions qui concernent la sécurité, la réunification de l’armée, les entreprises publiques. D’ailleurs, nous avons déjà décrié le cadre parallèle des décisions par rapport au Gouvernement de la transition et nous voulons y mettre un terme pour qu’à la veille des élections, nous soyons un pays réunifié, réconcilié avec une seule armée.”
“ Sans ambages, le Mlc a estimé que l’arrêt de la transition serait néfaste pour la suite du processus et c’est ainsi que nous avons condamné la prise de position du Rcd.”
sur la nationalité :
“ notre Constitution aujourd’hui est une et indivisible mais comme vous le savez, le projet de société du Mlc prône la double nationalité. Nous pensons que la double nationalité est bénéfique au pays en cette période de la mondialisation.
(…) La double nationalité peut ouvrir la voie aux investissements. Tout est parti des négociateurs au Dialogue inter-congolais qui ont estimé que pour un pays sortant d’une crise très prononcée, le contexte n’était pas indiqué pour parler de la question de double nationalité au risque de voir toute la République rwandaise changer de nationalité pour devenir congolaise.”
(*) Député et secrétaire national exécutif du Mlc
Le Potentiel, Edition n°3216 du samedi 04 septembre 2004

3. la crise au RCD

Le siège du Rcd pris d’assaut par des militants en colère contre le collège des Fondateurs
Kinshasa , 03.09.2004
Une foule immense constituée essentiellement de militants du Rassemblement Congolais pour la démocratie (Rcd) a envahi, jeudi 2 septembre 2004, la permanence du parti située sur l’avenue Colonel Lukusa dans la commune de la Gombe, à Kinshasa.
les protestataires seraient partisans du Dr Emile Ilunga, 1er vice-président du Sénat et ancien président du Rcd pendant la rébellion.
des militants ont rapporté qu’ils entendaient ainsi prévenir les instances supérieures du parti qu’ils ne se laisseraient pas faire au cas où le président Ruberwa s’hasarderait, dans les tout prochains jours, à exclure leur leader du Rcd et à obtenir sa déchéance du Sénat.
(…)
(Jdn) | Le Potentiel/Ben-Clet et Rich Ngapi

Azarias Ruberwa prépare de nouveaux ministres
Kinshasa , 03.09.2004
On se souvient, en effet, que les membres restés à Kinshasa avaient demandé la tenue du conseil national - une sorte de parlement du parti - pour traiter des questions qui fâchent. A son retour à Kinshasa, le président du parti fera fermer le siège et interdire toute réunion « parallèle » ou en dehors des organes du parti.
Des sources concordantes soutiennent qu’en réalité la tempête reste à venir.
Si, au niveau du parlement où se situe le noyau des dures, le président du parti ne saurait déboulonner des sénateurs ou des députés, du moins compterait-il faire sauter des têtes au niveau du gouvernement. Pour cela Ruberwa aurait ramené de Goma quelques figures telles que Kin-Kiey Mulumba que le « Kinshasa politique » voit déjà ministre. Avec lui pourraient arriver d’autres têtes, notamment parmi les huit parlementaires Rcd qui avaient, les premiers, gagné Goma. Ceux-ci pourraient remplacer des ministres indésirables, quitte à ce que eux soient remplacés au parlement par d’autres inconditionnels de Ruberwa.
Enfin, on s’attend à l’arrivée de Bizima Kahara dans les services de renseignements, pas nécessairement comme Administrateur général.
Dans le cas où Azarias Ruberwa serait aussi jusqu’au boutiste, on risque donc d’assister, à une scission définitive du parti.
(Jdn) | VISION/JDW

4. Ciat pose ces conditions, veut renfocer la tutelle

Communiqué du Ciat
- Le Comité International d’Accompagnement de la Transition (Ciat) s’est réuni en session ordinaire le 2 septembre 2004. Le Représentant spécial de l’Union Européenne pour la région des Grands Lacs, Monsieur Aldo Ajello a participé aux travaux de la réunion.
(…)
- Les membres du Ciat ont une fois de plus exprimé leur conviction qu’il n’existe aucune alternative viable au processus de Transition actuel, tel qu’entériné par l’Accord Global et Inclusif et la Constitution de la Transition.
- A cet effet, les membres du Ciat tiennent à rappeler à tous les acteurs de la Transition qu’il leur faudra, au cours des dix mois qui restent jusqu’à l’échéance prévue pour la tenue des élections, régler les problèmes suivants : (1) l’intégration et la restructuration de l’armée et de la police nationales en même temps que la mise en oeuvre du programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, (2) le règlement définitif du problème des groupes armés étrangers présents sur le territoire de la Rdc, (3) la préparation et 1’organisation des élections, (4) l’extension de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.
- Les membres du Ciat ont pris acte avec satisfaction de la prestation de serment des membres du bureau de la Commission électorale indépendante devant la Cour suprême le 27 août 2004, mais ont par contre relevé avec préoccupation la circulation continue dans l’espace public congolais de propos haineux et contraires à l’esprit de dialogue et de réconciliation nationale.
- Les membres du Ciat (…) ont une nouvelle fois relevé, avec regret, l’absence persistante d’un cadre adapté de dialogue et de suivi entre le Ciat et les institutions de la Transition, notamment avec « l’espace présidentiel » et souhaité qu’une solution appropriée puisse y être donnée rapidement..
- Le Ciat est composé des cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies (Chine, Etats-Unis d’Amérique, France, Grande-Bretagne et Russie), de la Belgique, du Canada, de l’Afrique du Sud, de l’Angola, du Gabon, de la Zambie, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine et de la Monuc.
Fait à Kinshasa, le 2 septembre 2004.

Selon Aldo Ajello reçu en audience au Sénat, le conseil supérieur de la défense bientôt convoqué à Kinshasa
Le représentant spécial de l’Union européenne en Rdc, Aldo Ajello a été reçu en audience hier jeudi par Emile Ilunga, 1er vice-président du Sénat de la transition. Au sortir de cette audience, Aldo Ajello a déclaré à la presse
« Le Sénat a une grande responsabilité dans l’adoption de loi pour arriver aux élections surtout le producteur du projet de loi constitutionnelle », a-t-il dit.
« Nous avons soulevé la question du fonctionnement des institutions de la transition depuis longtemps, mais nous n’avions jamais impliqué la révision de texte de base.
Il n’y a rien à renégocier ni à discuter. Mais il y a le système d’application qui n’est pas perfectionné. Toutes les discussions qui ont eu lieu entre les présidents Mbeki et Kabila, les Vices-présidents et autres leaders politiques ont porté sur comment corriger le fonctionnement de la transition.
Aldo Ajello a indiqué que maintenant le dialogue s’est installé entre les institutions et le Ciat pour résoudre tous les problèmes accusant le retard dont l’urgence de convoquer une réunion de défense.
« On a pu s’entendre que cette réunion puisse avoir lieu dans un bref délai », a-t-il annoncé en soulignant qu’il y a maintenant une accélération du processus.
L’Avenir du 3 septembre 2004

5. intoxications et rumeurs ethnicistes

Glac lance des mensonges
Cette semaine nous voyons réapparaître des tentatives d’intoxication et de agitation sur base raciste et ethnicistes qui vise à déstabiliser les congolais.
Il y a eue le numéro du journal “Grand Lacs Confidential”, une publication proche des milieux fascistes génocidaires rwandais de 94, qui lance des ‘informations très fiables” selon lesquels masunzu collaborerait avec kagame et selon lesquels Nakabaka, le commandant Mai mai qui collabore avec Masunzu sur le terrain à Uvira serait corrompu. Un simple comparaison avec le rapport de mission de la commission récociliation et vérité (cfr briefing du 2 septembre), montre que ce sont des mensonges du bout jusqu’à la fin.

Digitalcongo.net reprend un mail d'un farceur sur la nationalité de Ruberwa
Ensuite il y a les “révélations “repris par Digitalcongo.net sur la soi-disante demande de réfugié rwandais qui serait Ruberwa.
Il est bizarre qu’une publication sérieuse se voi près à reprendre n’importe quel histoire lancé par n’importe quel farceur sur le net. La source du document est une personne qui se donne le nom de “Godelive kapinga”. Un simple recherche dans les mailgroupes dans lesquels cette personne s’exprime, démontre que cette personne est un fraceur. Parfois il se présente comme étant un gomme, à d’autres endroits il se présente comme femme. Kapinga excelle dans un language haineux tribaliste kasaien anti-jatangais, à d’autres moiments il défend l’UDPS et tshisekedi d’une façon assez fanatique. Encore dans d’autres message kapinga menace des personnes à faire de smontages de vidéos dans lesquels ces ennemis seraient ‘filmés dans des scènes ponrographiques”. En plus l’information que cette digitalcongo.net reprend comme de la vérité est plus que douteuse. On ne mentionne pas de date du texte, on n’explique pas comment la personne aurait eu accès à ce document etc... Bref c’est de la mauvaise plaisanterie.

vendredi, septembre 03, 2004

Questionnaire sur les briefings du 3 septembre 2004

Cher lecteur,

Aujourd’hui , nous n’avons pas fait un briefing, car nous trouvions les nouvelles trop maigres pour en consacrer un briefing.
Les nouvelles d’aujourd’hui seront intégrés dans le briefing de demain.
Nous vous invitons de lire la version définitive de l’article sur les Mobutistes.

Nous vous soumettons ci-dessous un questionnaire à fin d'améliorer ces briefings.
Ce serait utile de prendre le temps de parcourir les différents briefings avant de répondre à ces questions, cela nous aiderait le plus.

Questionnaire
Veuillez envoyer vos réponse à contact@deboutcongolais.info

Sur la forme :

  • Est-ce que ces briefings sont trop longs ?
  • Si oui, combien doit être la longueur d’un briefing moyen selon vous ? (en pages, en lignes ou en caractères)
  • Est-ce que ces briefings sont trop court et est-ce que vous préférez de lire tous les articles?
Sur les sources :
  • Est-ce qu’il ya des sources que nous employons trop et que ne valent pas la peine ?
  • Est-ce que vous voyez des sources que nous devrions plus employer ?
Sur les thèmes :
  • Quels sont les titres des morceaux que vous avez trouvés utiles ? (mentionné aussi al date du briefing svp)
  • Quels sont les thèmes ou titres de morceaux que vous trouvez inutile de mentionner ?
Sur votre emploi de ces briefings :
  • 0 Vous voulez employer ces briefings pour votre information personnelle, sans plus ?
  • 0 Vous voulez employer ces briefings pour écrire des articles, faire des analyses, prendre des positions ?
merci pour votre réponse,
Leonard kasimba

jeudi, septembre 02, 2004

Briefing du jeudi 2 septembre 2004

1. La réforme de l’armée: loi et deux conceptions opposés sur l’armée
  • Enfin, le Sénat dote l’Armée d’une loi organique
  • Colonel Omba : « L’armée restructurée et intégrée ne sera ni nationale ni apolitique »
  • Nécessité d’un conclave sur le secteur « Défense et Sécurité »
2. la crise du RCD
  • Feuille de route de Ruberwa : Tshisekedi Premier ministre
  • RCD lève la mesure de suspension
  • Kin Kiey Mulumba rentre à Kinshasa dans la suite de Ruberwa
  • Certains ministres et députés frondeurs seront limogés
3. situation à Goma
  • Confrontation entre population et militaires à Goma
  • Réunion entre Obeidi et chefs de quartier
4. accord de protocole avec le Zimbabwe
  • Un protocole d’accord de coopération entre la Rdc et le Zimbabwe
5. la Monuc
  • Les Pays-Bas demandent pouvoir participer au sein de la Monuc
  • 22 militaires jugés pour crimes contre l'humanité en RDC (Monuc sceptique)
6. Aux Etats-Unis on parle aussi sur le Congo
  • Kamerhe moissonne pour Joseph Kabila
  • War and corruption keep Congo tottering
-------------------------------------------------------------------------
A obtenir sur demande: envoyer un mail à contact@deboutcongolais.info
  • Le rapport de mission de la Comission Réconciliation et Vérite à Bukavu, Uvira, Baraka. Très intéressnt document sur les négociations entre les commandant Dunia, Masunzu et autres à Uvira.
  • Rapport sur la présence et le sort des enfant-soldats chez les mutins Mutebusi et Nkudna avec témoignages.
--------------------------------------------------------------------------
1. La réforme de l’armée: loi et deux conceptions opposés sur l’armée

Enfin, le Sénat dote l’Armée d’une loi organique
Après plusieurs semaines de travaux et débats houleux, quatre-vingt-dix sénateurs sur les 120 qui composent la chambre haute du parlement ont voté pour la loi comptant 139 articles. Quatre sénateurs se sont abstenus et ont expliqué le motif de leur abstention.
le point de vue du sénateur Mananga qui s’est abstenu de voter. «Elle accoucherait d’une armée prétorienne compte tenu de la décision de 15 mille militaires commis à la sécurité d’un seul individu », a-t-il laissé entendre.
le 1er vice-président du Sénat, Dr Emile Ilunga qui présidait le débat: il n’a été nullement fait allusion à la taille de la garde présidentielle. Question du reste élaguée du texte.
Jeef Ngoy, Le Potentiel, Edition n°3214 du jeudi 02 septembre 2004

Colonel Omba : « L’armée restructurée et intégrée ne sera ni nationale ni apolitique »
Membre de la première formation d’officier à l’école militaire de Bruxelles de 60 à 65, le colonel Omba Pene Djunga prestait dans l’armée congolaise. Il a quitté l’armée pour avoir été accusé de fomenter un coup d’Etat manqué contre Maréchal Mobutu. Il a été condamné à mort, heureusement pour lui, cette peine capitale ne lui a pas été appliquée. Il a écopé seulement quatre ans de prison ferme et après sa sortie, il a été contraint de quitter les rangs de forces armées. Aujourd’hui le colonel Omba est sénateur national de la transition ; marié et père des enfants.
le problème de l’Armée doit être traité non par les institutions de la transition , mais celles de la3è République issus des élections libres, transparentes et démocratiques.
Pour le colonel Omba Pene Djunga, le projet de loi sur la défense et les forces armées que le Sénat vient d’adopter pourra contribuer à la défense du pays, de sauvegarder l’intégrité territoriale, protéger les personnes et leurs biens. Cette loi pourra permettre à nos forces armées d’accomplir leurs obligations vis-à-vis du pays.
(...) Je voudrais que la population et les autorités de la République mènent leurs démarches autrement pour que les élections se passent dans le délai sans compter sur cette armée restructurée et intégrée qui viendra tout doucement pour des raisons multiples que je saurai pas développer dans ce cadre restreint. L’une des raisons, c’est le temps. (...)
Par exemple, une armée de 100.000 hommes qu’on veut mettre au point, un bataillon exige 4 à 6 mois. Un centre d’instruction, nous en avons un qui opère, c’est Kananga, peut former deux bataillons en une fois. Un bataillon comporte 1000 hommes. En un an, ce centre formera 4000 hommes. 100.000 diviser par 4000 font 25. Donc 25 ans pour former 100.000 hommes et en faire une armée c’est-à-dire même esprit, même trile ; même instruction, même corps. C’est pourquoi, je dis au peuple que c’est inutile d’attendre cette armée là. Nous demandons aux puissances amies et à l’Onu de nous aider à renforcer nos frontières de l’Est de manière à ce que les élections se fassent correctement. L’armée restructurée et intégrée ne sera ni nationale ni apolitique. Elle subira toujours les influences politiques. Que l’Onu nous aide à organiser les élections et l’armée capable de jouer son rôle sera organisée par la 3è République.
Le colonel Omba rappelle que depuis que la Force publique s’est mutinée 4 jours après l’inpendance, il n’y avait plus d’armée en Rdc. Dans l’instruction militaires on ne peut pas continuer avec une armée mutinée. Il faut la détruire et refaire une nouvelle avec de nouveaux recrus. Les anciens éléments sont démobilisés et remis à la vie civile. Pour preuve, notre pays n’a jamais gagné la guerre, il recourait aux pays amis comme la France, le Maroc etc.
Selon lui, la nouvelle armée armée doit partir de zéro. C’est pourquoi nous demandons à la Monuc de nous aider à sécuriser l’Est du pays de façon que nous puissions voter correctement. Ensuite qu’elle nous aide à créer une nouvelle armée que nous pourrons créer avec nos enfants.
Propos recueillis par Octave M. Luamuele
L’Avenir, 1 septembre 2004

Nécessité d’un conclave sur le secteur « Défense et Sécurité »
Rapport du Par Dr. Jacques EBENGA
Directeur général de Labor Optimus
Centre d’Etudes Stratégiques et de Sécurité
Au-delà du contexte et de la manière avec laquelle le vice-président Ruberwa s’est exprimé sur la marche de la transition, les processus d’intégration et de réforme du secteur «Défense et Sécurité » ont bien un besoin urgent de treinstation.
L’exercice de revisitation n’est pas une remise en cause des Accords péniblement obtenus en Afrique du Sud, mais le ré-examen de leur pertinence pratique, et de la faisabilité de leur application.
L’exercice, qui pourrait être initié par un «conclave» de quelques jours, pourrait réunir les Commissions ad hoc du Parlement, les Ministères et les organes concernés, des organismes et experts nationaux et étrangers, et des bailleurs de fonds. Cela devrait conduire à 1'élaboration d’une «Feuille de Route du Secteur de la Défense et Sécurité», une sorte de guide-mode d’emploi pour l’application éclairée et programmée du volet ad hoc des Accords, en stipulant les étapes à atteindre avant les élections prochaines.
Le réajustement périodique des processus aussi délicats et de longue durée (plus de 10 ans) que ceux de l’intégration et de la transformation de l’Armée et de la Police est une nécessité à ne pas assimiler à 1’obstruction à leur réforme.
(pour le rapport complet de 9 pages, cliquer içi)

2. la crise du RCD

Feuille de route de Ruberwa : Tshisekedi Premier ministre
Kinshasa , 01.09.2004
Ruberwa a proposé une feuille de route dans laquelle le schéma 1+4 serait supprimé. On ferait recours radical au poste de premier ministre.
Ruberwa a proposé Etienne Tshisekedi au poste de premier ministre. Selon certaines indiscrétions, la rencontre entre Tshisekedi et le président Sud-africain, c’était l’un des points sur la feuille de route rédigée par Ruberwa. Le leader du Rcd/ aile Rwanda, s’est offert lui-même le poste de vice-ministre premier ministre en charge de la défense. Le vice-président de la République actuellement en charge de la commission Economie et finances est propose au poste de ministre d’Etat en charge de l’Economie. Les autres, Ruberwa les a mis en congé.
Nous apprenons de la même source que ceux qui n’ont pas soutenu Ruberwa dans son entreprise, auraient fait leur choix. Il y aura donc beaucoup de postes vacants dans le quota du Rcd. (...)
La désignation de Tshisekedi n’a pour but que d’attirer le leader de l’Udps. Ruberwa pense qu’une autre façon de revenir au pouvoir, c’est de se mettre sous le parapluie de Tshisekedi. C’est légitime. Mais Ruberwa fait de mauvais calculs. Ruberwa n’a plus devant lui un Tshisekedi très populaire. Il a perdu en misant sur un cheval qui a toutes les chances d’être un cheval non partant.
Transition à la burundaise
la préoccupation essentielle des Banyamulenge membres de ce parti reste leur devenir politique au lendemain des élections (...) Bizima Karaha, a conçu un plan de renégociations politiques. Celui-ci a pour finalité d’arracher une garantie internationale quant à l’existence et à la survie politique de cette composante sociologique.
Le projet consiste à transposer en RDC le modèle burundais de partage de pouvoir entre la majorité hutu (60% des postes) et la minorité tutsi (40% des postes). Dans le cas du Congo, les têtes pensantes de la communauté Banyamulenge voudraient obtenir des autres forces politiques Congolaises des postes de responsabilité aux niveaux national, provincial et local, quels que soient l’issue des prochaines élections.
A leurs yeux, les Banyamulenge constituent une minorité à protéger par un accord politique qui serait garanti par la communauté internationaler.
(FP) | L’Avenir/E.B.

RCD lève la mesure de suspension
LE 2 SEPTEMBRE 2004 | LESOFTONLINE.NET.
Ruberwa a annoncé son retour et celui de son parti, le RCD, aux institutions de la transition. La décision en a été prise le 1er septembre par son parti réuni en Collège des Fondateurs. (...)
Contrairement à ce qu’annonçaient certaines sources proches duPPRD, «il y a bien eu négociations» et «celles-ci avaient enregistré des avancées encourageantes», avait déclaré la veille 31 août Me Azarias Ruberwa.
Lors de la séance finale de signature du document final sanctionnant la fin de la visite de Mbeki, Me Ruberwa a refusé de se rendre au lieu d’une part parce qu’il était toujours en position de suspension et, d’autre part, parce que quatre membres RCD du Gouvernement y avaient pris place contrairement au mot d’ordre de leur chef de file.
«Le Collège des Fondateurs du RCD, sous la garantie internationale et sous la confiance quant au respect des engagements pris par les différents partenaires de la transition et spécialement le président de la République démocratique du Congo, décide de lever la mesure de supension», a déclaré à la presse la secrétaire permanente de cet organe, Mme Gertrude Kitembo également ministre des PTT.
Tous les responsables de l'ex-mouvement rebelle à l'exception du 1er Vice-président du Sénat, Dr. Émile Ilunga Kalambo et du général-major Jean-Pierre Ondekane, ministre de la Défense, celui-ci s’est fait «représenter» par un de de ses proches muni d’un «mandat», ont pris part à cette réunion qui a scellé, selon M. Azarias Ruberwa, l'unité de son mouvement.
«La réunion que nous venons de tenir a connu la participation de tout le monde. Il n'y a donc pas de dissidence au sein du RCD», a déclaré M. Ruberwa, soutenant que «nous avons obtenu ce que nous cherchons peut-être pas à cent pour cent», en référence aux revendications politiques à la base de cette suspension.

Kin Kiey Mulumba rentre à Kinshasa dans la suite de Ruberwa
Le Phare (Kinshasa), 31 Août 2004
(...)C'est dans cette ambiance de bras de fer interne qu'Azarias Ruberwa ramène dans sa suite un ancien dissident du RCD, qui avait même créé le RCD-Congo. Kin Kiey Mulumba a été signalé dans la délégation rentrée hier avec notamment les ministres Faida et Gertrude Kitembo.

Certains ministres et députés frondeurs seront limogés et remplacés
Kinshasa , 01.09.2004
A en croire des personnalités proches de l’ex-mouvement rebelle pro-rwandais, les ministres Joseph Mudumbi, Emile Ngoy; Ondekane, le sénateur Emile Ilunga et les députés frondeurs devront être chassés du gouvernement, du sénat et de l’assemblée nationale.
Selon les mêmes sources, Joseph Mudumbi serait remplacé par le professeur Tryphon Kin-Kiey Mulumba; le général. Jean-Pierre Ondekane céderait sa place Adolphe Onusumba. Quant au vice président du sénat, l’honorable Emile Ngoy, il pourrait être remplacé par un rwandophone plus acquis à la cause banyamulenge.
Cette nouvelle court les rues de Goma et de Bukavu
La Référence Plus /A. Sumaili pene Ndjadi

3. situation à Goma

Confrontation entre population et militaires à Goma
Les habitants du quartier Kahembe à Goma ont connu le mardi 31 août dernier une matinée mouvementée.
Leur quartier a été envahi par de nombreux militaires. Cinq personnes ont été arrêtées pendant quelques heures avant d’être remises en liberté. Dans ce même quartier, la nuit dernière, un soldat avait été tué à coups de pierre par la population qui l’accusait de tracasseries.
(...) Pour rappel, le militaire Shafi a été tué dimanche dernier, lapidé par la population. Il avait été accusé de tracasseries. Des témoins affirment que la victime avait été surprise dans le quartier Kahembe en train de traquer les habitants.
Des responsables militaires locaux rejettent l’accusation de tracasseries. Pour eux, le soldat en patrouille aurait été victime de sa morphologie itutsi.
Le lundi 30 août dans la soirée, un important mouvement militaire a été signalé dans ce quartier. Prévenue par le maire de Goma, la Monuc a envoyé une patrouille. C’est après le retrait de la patrouille que la vague d’arrestations a commencé tôt le mardi matin. Le Potentiel, 2 septembre 2004

Réunion entre Obeidi et chefs de quartier
Le général Obeidi Rwibasira, commandant de la 8e région militaire, a réuni à la mairie de Goma l'ensemble des chefs de quartiers de la ville. Cette rencontre est consacrée à la recrudescence de l'insécurité au cours de ces dernières semaines.
Au cours de la réunion, les chefs de quartiers ont exigé le cantonnement des militaires qui circulent librement, arme à la main. (...) La police militaire ne disposerait que d’une seule jeep dans la ville de Goma. Par ailleurs, il y aurait des groupes bien organisés qui appellent au secours alors qu’ils tendent des embuscades aux troupes d’intervention, note encore la police militaire.
Le commandant de la 8e région militaire a pour sa part reconnu les bavures commises par des hommes en uniforme. (...) Il a pris une décision concernant ses hommes de troupe. Désormais, les militaires doivent avoir un ordre de mission pour circuler la nuit dans les rues Source : Radio Okapi, 1 septembre 14h

4. accord de protocole avec le Zimbabwe

Un protocole d’accord de coopération entre la Rdc et le Zimbabwe
Dans le cadre de la sixième session ordinaire de la commission mixte république démocratique du Congo (Rdc) Zimbabwe tenue le 25 août dernier à Harare, les deux parties ont signé un protocole d’accord de coopération dans les domaines de la géologie, des mines et de la métallurgie. (...)
l’article 2 du protocole d’accord de coopération technique met en exergue notamment, les échanges d’informations scientifiques et des services sur la géologie, l’activité minière et la métallurgie, l’établissement de joint venture, la collaboration dans le traitement des minerais et la mise sur pied du commerce des minerais, la collaboration dans les travaux géo-scientifiques, la réalisation d’investissements trans-frontaliers et la promotion des programmes d’investissements communs.
Il est prévu aussi l’échange des projets d’investissements communs. L’échange du personnel dans l’exécution des projets, l’établissement des programmes de formation de courte durée pour le personnel et le transfert de la technologie et du savoir- faire ont été pris en compte dans le protocole d’accord.
Godefroid Ngamys , Le Potentiel, 2 septembre 2004

5. la Monuc

Les Pays-Bas demandent pouvoir participer au sein de la Monuc
LA HAYE, 1er sept (AFP) - Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot, a indiqué qu'il informerait le Parlement au cours du mois si les Pays-Bas envoient ou non des troupes dans la région dans le cadre de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc).
Les centristes (D66), le plus important parti au sein de la coalition, ont demandé au gouvernement de se pencher sur les possibilités de participer à la mission de l'ONU.
M. Bot et son homologue à la Défense, M. Henk Kamp ont indiqué au Parlement que La Haye n'avait toujours pas reçu de requête de l'ONU pour envoyer des troupes.

22 militaires jugés pour crimes contre l'humanité en RDC (Monuc sceptique)
KINSHASA, 1er sept (AFP) -
"La Cour militaire du Katanga a repris depuis le 26 août le procès qui met en cause 22 militaires congolais poursuivis pour crimes contre l'humanité, viols, pillages, homicides...", a affirmé M. Luc Henkinbrant, chef de l'unité d'appui à la justice de la section des droits de l'Homme à la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), lors d'un point de presse.
Ce procès, le premier de ce genre dans l'histoire de la justice congolaise, avait été ouvert d'abord le 19 avril 2003 devant la Cour d'ordre militaire (COM), avant d'être suspendu cinq jours après à la suite notamment de la suppression de cette juridiction d'exception créée en 1998 au lendemain du déclenchement de la guerre d'agression contre la RDC.
Les 22 militaires, a précisé M. Henkinbrant, sont accusés d'avoir commis des crimes contre les populations civiles, du 10 au 18 novembre 2002 à Ankoro, localité située à environ 800 km au sud de Lubumbashi.
Ces exactions avaient été perpétrées lors d'affrontements opposant les soldats de la 95ème brigade des Forces armées congolaises (FAC), opérant sous le commandement du colonel Emile Twabangu, aux miliciens Maï Maï.
"Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, des milliers de maisons incendiées lors de ces affrontements", a rappelé M. Henkinbrant, espérant que ce procès sera "équitable et va garantir le droit à la défense".
La Monuc qui souhaite "plein succès" à ce procès est toutefois inquiète de l'absence de témoins qui puissent se constituer en partie civile.

6. Aux Etats-Unis on parle aussi sur le Congo

Kamerhe moissonne pour Joseph Kabila
Kinshasa , 01.09.2004 | Politics
Présent lundi à New York à la cérémonie officielle d’ouverture de la Convention Républicaine, Vital Kamerhe, Secrétaire Général du PPRD a déployé une intense activité politique. Son agenda de travail a en effet été marqué par de nombreux et fructueux contacts avec plusieurs personnalités en vue de la famille politique du président George W. Bush notamment des sénateurs et des membres du Congrès, ceux-là même qui représentent le collège de « grands électeurs » et dont le vote est déterminant, aussitôt après le verdict du souverain primaire.
Le Secrétaire Général du PPRD a mis la journée à profit pour s’entretenir également avec des têtes couronnées du Parti Démocrate. à titre d’exemple, Jessy Jackson. Il est prévu que les deux interlocuteurs se retrouvent dans un nouveau face à face le jeudi, le jour même de la clôture de la Convention Républicaine.
Après New York, Vital Kamerhe se rendra à Bruxelles, en Belgique, en vue d’échanger avec Elio Diripo, président du Parti Socialiste, est accompagné, dans sa balade politique, de ses pairs du Directoire du PPRD, Kikaya Bin Karubi et Mme Germaine Ibangu..
(FP) | Le Phare/Kimp

Le journal influent "International Herald tribune", n’écrit presque jamais sur la situation en RDC. Voici comment cette situation est décrite aux américains, après une année d’application d’un accoprd imposé aux congolais par les Etats_unis et leur allié L’Afrique du Sud

War and corruption keep Congo tottering
Carter Dougherty, International herald tribune, Thursday, September 02, 2004
GOMA, Democratic Republic of Congo After an unsuccessful attempt in 1965 to foment revolution in the newly independent Congo, the legendary Latin American guerrilla leader Che Guevara lamented the absence of visionary leadership in the enormous Central African country.
But he did wrap up his 1966 memoir, "The African Dream," with the hopeful comment that a new corps of leaders was "probably today somewhere inside the country, beginning to write the real history of the liberation of Congo."
But the dream is still just that. Nearly 40 years after Che wrote those words, leadership of any ideological stripe is a commodity in short supply.
Men who were children or not even born when Che slogged over the hills of eastern Congo in the name of anti-imperialist solidarity now run the various political parties, rebel movements and freewheeling bands of armed thugs who constitute Congo's ruling elite.
The country's supreme political leader is Joseph Kabila, whose father, Laurent-Désiré, was Che's principal Congolese ally in the 1960s.
In the capital of Kinshasa, the 33-year-old Kabila presides over a transitional government that was inaugurated last year in an effort to end a five-year civil war that has killed more than three million people through combat, disease and starvation. With its one head of state, four vice presidents and 65 ministers and vice ministers, some Congolese call the government "the G-70."
(...)
"The government is a market of people from different rebel groups trying to attain power," said Vital Katembo, a businessman in Goma.
"Something now has to come of this mess, and we will pay for it in blood."
Two weeks ago, the Rally for Congolese Democracy, militarily the most potent of Congo's rebel groups, thanks to backing from neighboring Rwanda, announced it was leaving the government.
(...)
"Month after month, week after week, day after day, we predicted that what has arrived would arrive," said Le Soft, a Congolese newspaper based in Brussels.
(...) Several weeks ago, Kinshasa hummed with the rumor that Kabila had given the order for his soldiers in the east to attack Goma, but the reality was that Congo's atrophied command-and-control system probably made the order impossible to enforce. In any case, local press reports quickly disclosed that $15 million meant for the army's sustenance had disappeared from the military's logistics section.
(...)
Corruption and war have delivered one blow after another to the average Congolese's standard of living, which the World Bank put at a staggering $90 per capita annually in 2002, a figure hardly consistent with the country's rich deposits of diamonds, gold, copper, timber and other resources.
Estimates based on figures from the International Monetary Fund have suggested that, even with a healthy rate of economic growth, the country would take more than 50 years to reach the same income levels that prevailed in 1960 upon independence.
(...)
Though Kabila has spoken loftily of rewriting the history of Congo "in letters of gold and not blood," it appears his partisans have other plans for Congo's blood and treasure. Yet successive United Nations investigations have accused the coterie of officials around Kabila of plundering state-owned diamond companies and other natural treasures.
(...) Even if a new group of honest and well-intended leaders really wanted to start afresh, the pressure of the existing order to lead a corrupt life on the backs of others remains immense.
"I don't know whether the half of these guys really want Congo's crisis to end," Sematuba, (researcher at Pole Institute) said. "If it does, they'll be unemployed."
International Herald Tribune
http://www.iht.com/bin/print.php?file=536906.html

mercredi, septembre 01, 2004

Briefing du 1° septembre

1. visite Thabo Mbeki
  • Poursuite de la transition: Volonté commune de Thabo M. Mbeki et des Congolais
  • Kinshasa et Pretoria signent de nouveaux accords de coopération
  • Ruberwa : un pied dedans, un pied dehors
  • Ruberwa accuse Kabila et le gouvernement de rétention de l’information sur la sécurité
2. Crise dans le RCD
  • Le siège du RCD à Kinshasa verrouillé sur ordre de Ruberwa
  • Lola Kisanga dément la fermeture du siège
  • Bizima Karaha et cie de retour à Kinshasa
  • Les sauveurs et les tombeurs de Ruberwa désormais connus
  • Scission : Ministres, députés et sénateurs claquent la porte du Rcd !
  • Crise : jusqu’où ira Me Ruberwa ? : Vicaire anti-Rcd à Bukavu
3. La transition continue
  • Mercredi au Sénat : Adoption des projets de loi sur la nationalité et sur l’armée
  • Lancement mercredi à Bunia du programme de démobilisation des groupes armés (Monuc)
-----------------------------------------------------------------------
Vous pouvez commander les document suivants en envoyant un mail à contact@deboutcongolais.info (veuillez préciser le document que vous voulez)
  1. Le rapport du International Crisis Group sur l’Ituri datant du 26 août (20 pages)
  2. Un rapport détaillé sur la situation au Nord-Kivu par l’organisation Soprop (janvier-août 2004) (17 pages)
  3. Le numéro de “Tumaini” de juin 2004, observations critiques sur la crise de Bukavu à partir de Goma
  4. Un communiqué des ong’s belges à l’occasion du massacre de Gatumba
-----------------------------------------------------------------------
1. visite Thabo Mbeki

Poursuite de la transition: Volonté commune de Thabo M. Mbeki et des Congolais
KINSHASA, 31 août (AFP) - Le président sud-africain Thabo Mbeki à l'issue de sa visite de travail de 48 heures:
"J'ai reçu en consultations toute la classe politique dirigeante et des hautes personnalités de la République. Il s'est dégagé une identité de vue sur la nécessité de poursuivre les objectifs tels que définis dans l'accord global et inclusif”
M. Mbeki a indiqué qu'il avait "exhorté la classe politique congolaise à assurer la bonne marche du processus de transition jusqu'à l'organisation des élections libres, démocratiques et transparentes", prévues en juin 2005.
Le président sud-africain s'est entretenu à trois reprises avec son homologue congolais Joseph Kabila, avec les vice-présidents du gouvernement de transition dont M. Azarias Ruberwa qui avait suspendu la participation de son mouvement, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) au processus en cours depuis avril 2003.
Il a également eu des discussions avec les présidents de l'Assemblée nationale, des institutions d'appui à la démocratie et plusieurs personnalités dont le président de la conférence nationale épiscopale du Congo, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, un des principaux opposants, Etienne Tshisekedi.
Le président Kabila a, pour sa part, exprimé sa satisfaction de voir, à nouveau réuni son "quatuor" de vice-présidents.
"Je suis heureux de voir le vice-président Ruberwa dans cette salle. Nous devons nous projeter dans l'avenir et régler au sein des institutions les problèmes qui se posent à nous", a déclaré Joseph Kabila à la presse à l'issue d'une réunion à huis clos avec ses vice-présidents sous la médiation du président Mbeki.
M. Ruberwa :
"Nous avons eu de bonnes discussions et des échanges très encourageants", a-t-il soutenu, rappelant que son mouvement avait présenté au président Mbeki un cahier des charges reprenant les revendications du RCD pour une meilleure poursuite de la transition.

Kinshasa et Pretoria signent de nouveaux accords de coopération
KINSHASA, 31 août (AFP) - Les gouvernements de la RDC et d'Afrique du Sud ont signé mardi soir à Kinshasa cinq accords de coopération destinés à raffermir les rapports entre les deux Etats.
La République démocratique du Congo (RDC) et l'Afrique du Sud sont déjà liés depuis la mi-janvier par un accord global de coopération dans les domaines de la politique, de la défense, de la sécurité, de l'économie, des finances, des infrastructures et des secteurs sociaux culturels.
Les nouveaux accords couvrent les domaines de la diplomatie, de l'administration publique, de la fiscalité, de la santé et de la protection des investissements.
"Ces accords ont été signés par les ministres concernés en présence des deux chefs d'Etat", indique un communiqué conjoint remis à la presse.
La République d'Afrique du Sud a réaffirmé son engagement à apporter son soutien au processus de la formation de l'armée nationale congolaise restructurée et intégrée "conformément à l'esprit et à la lettre de la convention militaire qui régit les deux pays".

Ruberwa : un pied dedans, un pied dehors
(...) Notons d’emblée que les négociations ont été laborieuses. La partie s’est jouée vraiment serrée, dans une ambiance tendue, empreinte de nervosité. D’aucuns n’ont pas hésité de dire que Ruberwa narguait tout le monde, le président sud-africain et le peuple congolais.
En effet, les travaux de la commission conjointe n’ont pas débuté mardi à 11 h30 comme prévu. Pour la simple raison que les entretiens entamés lundi entre le président sud africain et les acteurs politiques congolais n’avaient pas réussi à ramener Ruberwa à des bons sentiments Il campait toujours sur ses revendications.
Face à cette résistance de Ruberwa, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères a effectué plusieurs navettes entre la résidence de Ruberwa et le Grand Hôtel Kinshasa ; mais en vain. A 14 h 30, Thabo Mbeki se rendra lui-même chez le vice-président pour tenter de le raisonner . Il réussira à convaincre l’homme de rejoindre ses collègues à la cité de l’Union africaine pour que les travaux de la commission conjointe démarrent. Il se dit dans les coulisses que le président sud-africain avait levé le ton (...).
Le vice-président Ruberwa a fini par s’incliner en posant d’autres conditions. D’abord, il n’ a pas rejoint directement ses collègues de l’espace présidentiel dans la villa où ils se trouvaient. Dans son entendement, participer aux travaux serait synonyme de réintégrer les institutions. Ce qui serait un péché contre la haute direction du Rcd. Ensuite ,il ne voulait pas s’attabler avec les ministres contestataires du Rcd. Car, il aurait déjà exigé leur départ du gouvernement. C’est une affaire interne, elle était laissée à la compétence du Rcd.
Enfin, ensemble, le président Thabo Mbeki et Ruberwa ont fini par rejoindre les membres de l’espace présidentiel, avant de se rendre dans le bureau du Président de la république. Après quelques minutes d’entretien, tout le monde a gagné la salle prévue pour la réunion de la commission mixte, et les travaux ont finalement débuté. (...)
La question maintenant est celle de savoir si en rejoignant ses collègues de l’ espace présidentiel, le vice-président Ruberwa a mis un terme à la trêve décidée par lui et certains membres du Rcd.
Il est vrai qu’à cette question, le président Thabo Mbeki s’est refusé à tout commentaire. Il a ,toutefois, précisé qu’ il était très encouragé par les entretiens qu’il a eus avec les hommes politiques congolais.
De son côté, le président Kabila a déclaré que la mesure de suspension du Rcd aux institutions de la transition appartenait désormais au passé. Tout le monde devait à présent regarder vers l’ avenir et travailler 24 heures sur 24 pour le bien du peuple congolais.
Quant au vice-président Ruberwa, il a fixé rendez-vous à tout le monde aujourd’hui, au terme de la réunion du Collège des Fondateurs du Rcd. Les choses en sont encore là. En attendant, il a un pied dedans, un pied dehors.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004

Ruberwa accuse Kabila et le gouvernement de rétention de l’information sur la sécurité
Le vice-président de la République en charge de la politique, défense et sécurité a accusé hier lundi ses partenaires du gouvernement, y compris le président Joseph Kabila, de retarder le processus d’intégration de l’armée.
Ruberwa accuse aussi ses partenaires du gouvernement, y compris le président de la République de rétention de l’information : « Je suis vice-président du Conseil supérieur de la Défense. Je n’ai jamais tenu une réunion officielle avec le président et les autres membres. Cela veut dire ces questions se traitent quelque part. Vous voulez que je vous parle de l’Anr ? (Ndlr : Agence nationale de Renseignement). Je n’ai jamais reçu un seul rapport ou la copie du rapport de l’administrateur général de l’Anr Qui consomme ce rapport ? Où passent les copies de ce rapport qui n’atterrissent jamais sur la table du vice-président chargé de la sécurité ? Vous voulez me demander des comptes, demandez à celui qui reçoit le rapport de l’Anr. Pour l’immigration, c’est autant ».
(...) Il reste à savoir pourquoi le vice-président a attendu si longtemps pour faire de telles déclarations. Surtout quand on sait qu’il y a de cela trois mois le vice-président de la République avait tenu un point de presse pour faire le bilan de son secteur, il n’avait pas souligné ce manque de coopération au niveau de l’espace présidentiel.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004

2. Crise dans le RCD

Le siège du RCD à Kinshasa verrouillé sur ordre de Ruberwa
KINSHASA, 31 août (AFP) - Les bureaux du siège de l'ex-rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) à Kinshasa ont été verrouillés sur ordre du président national de ce mouvement, Azarias Ruberwa.
Des militaires de la garde rapprochée de M. Ruberwa, l'un des quatre vice-présidents du gouvernement de transition, y ont été déployés et interdisent tout accès aux membres du parti.
Les mêmes dispositifs militaires étaient observés mardi matin au siège du RCD au centre-ville.
"Personne ne peut s'approprier le siège du parti. Nous demandons au président national de lever cette mesure qui ternit l'image de notre parti et la sienne propre", a déclaré à l'AFP le secrétaire général adjoint du RCD, Crispin Kabasele Tshimanga.
Selon lui, M. Ruberwa, rentré lundi à Kinshasa après deux semaines passées dans son fief de Goma (Est), reproche aux membres du RCD restés à Kinshasa d'avoir "tenu des réunions pirates au siège du mouvement pendant son absence".
La décision d'interdire l'accès du siège du RCD à ses membres éloigne la perspective de retrouvailes pour régler les dissensions qui minent le mouvement.

Lola Kisanga dément la fermeture du siège
Le porte-parole du Rassemblement congolais pour la démocratie (Rcd), Lola Kisanga, a tenu hier au siège de son parti, un point de presse.
Tout en limitant ce point de presse à deux questions seulement, le porte-parole a fait savoir à l’opinion qu’il n’a jamais été question d’une quelconque fermeture du siège. Mais il est interdit, a-t-il précisé, d’y organiser toute rencontre ou réunion informelle ne relevant pas d’organes statutaires du parti.
Quant au député Adolphe Onusumba, Lola a indiqué qu’il n’a pas repris son siège au bureau de l’Assemblée nationale. Et ne pourra le faire que lorsque le collège des fondateurs du parti le décidera. Aussi, ce retour sera-t-il « tributaire des résultats des consultations sous la médiation du président sud-africain Thabo Mbeki à Kinshasa ».
En présence de quelques membres du Rcd dont le député précité, le secrétaire général adjoint Barthélemy Mumba, le 1er vice-président Matadi Nenga et le secrétaire permanent adjoint Léon Muheto, le porte-parole a également rassuré (...) Le Rcd, a-t-il poursuivi, va reprendre son unité et continuer son combat pour l’avènement de la démocratie. « Nous ne sommes pas là pour servir les intérêts du Rwanda. Nous sommes un parti national congolais et nous n’agissons pas sous l’impulsion des puissances étrangères. Notre parti a un rôle important à jouer. Il a été le pion majeur du processus de Lusaka jusqu’à Sun City », a-t-il enchaîné.
Jeef Ngoy, Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004

Bizima Karaha et cie de retour à Kinshasa
Le groupe des huit députés de ce parti qui avait suspendu sa participation à l’ Assemblée nationale a décidé lui aussi d’envoyer une délégation à Kinshasa. Cette délégation est composée de deux membres : Bizima Kahara et Théophile Mbapuka, tous deux membres du collège des fondateurs du Rcd. Elle est venue participer aux concertations sur l’évaluation de la transition, selon le porte- parole de ce groupe.
Le professeur Ndesho, porte-parole du groupe resté à Goma: « Nous envoyons deux membres du collège des fondateurs de notre groupe pour participer à la concertation relative à l’évaluation de la transition. Nous sommes en phase avec le Rcd. Quand il va lever la suspension, nous allons faire de même. Par conséquent, aucun problème sur le plan de l’harmonisation et de la coordination ne se pose plus », a déclaré le professeur Ndesho, porte-parole du groupe.
Il a soutenu que le président du Rcd a besoin de tous les membres du collège des fondateurs du parti. Et que leur groupe était prêt à répondre à son appel.
Le Potentiel, Edition n°3213 du mercredi 01 septembre 2004

Les sauveurs et les tombeurs de Ruberwa désormais connus
De Goma, nous apprenons que l’état-major chargé par Kigali de narguer les Congolais est constitué des députés Moïse Nyarugabo et Emungu. Il y a aussi un certain Mumba Gama (l’ancien coordonnateur de la Regideso deux fois suspendu pour malversations financières qui est utilisé par Ruberwa pour lancer des invectives à la télévision), Gertrude Kitembo (ministre des Ptt qui a les deux oreilles collées aux téléphones en direct de Kigali) formée par un certain Nzinza, sans oublier le sieur Muheto. Ce dernier a été le coordonnateur, mieux le bourreau de la Snel à Goma ; il l’a pillée pour se construire une villa à Gisenyi. Cette clique qui va faire couler Ruberwa se constitue également de Célestin Vunabandi.
Aux antipodes de ce groupe se situent ceux que l’on peut qualifier de héros qui ont adopté une attitude courageuse ayant accordé à Ruberwa la chance de remettre pieds à Kinshasa. Il s’agit notamment de Joseph Mudumbi, Emile Ilunga, Emile Ngoy, Balagame, bref, tous les ministres, sénateurs et députés ou membre des institutions d’appui à la démocratie restés à Kinshasa et qui avaient signé la déclaration concernant la poursuite de leurs activités respectives. Si ces personnalités sont remerciées en monnaie de singe par Ruberwa, alors ce sera fini pour lui.
Moralité : si le Rcd n’est pas véritablement pris en mains par des Congolais sincères avec eux-mêmes et travaillant pour le bien de la Rdc, ce sera le requiem pour ce parti. L’Avenir, 31 août

Les deux articles qui siuvent proviennent du journal Le Soft de Kinkeyi Mulumba. KM avait quitté le RCD-Goma après le massacre du 14 mai 2002 à Kisangani. mais il est toujours resté le mégaphone de Kagame et de sa stratégie. les articles démontrent le degré de l'embarras dans lequel se trouve le RCD.

Scission : Ministres, députés et sénateurs claquent la porte du Rcd !
Le soft, Kinshasa , 31.08.2004
En rupture totale avec la décision prise par la direction de leur parti, tous les ministres RCD présents dans la Capitale ont pris part mercredi 25 août à la réunion du Gouvernement où ils ont été ovationnés fragilisant le RCD et isolant ce qu’ils appellent une « aile rwandophone » restée à Goma. Il s’agit, sinon d’une scission déclarée, du moins d’une vigoureuse rébellion (...)
Ou ils sont dans la logique du parti ou ils ne sont pas dans cette logique..
(...) N’ayant pas estimé devoir faire le déplacement de Bujumbura-Gatumba - tel invoquant une feuille de route qui ne venait pas, tel faisant valoir la brusque maladie d’une épouse parfois longtemps abandonnée, tel avouant des peurs légitimes de se faire humilier à la vue de quelque contestataire -, le fait d’avoir opposé le refus de manifester une solidarité fraternelle et militante à des compatriotes tombés pour leur faciès et qui auraient pu constituer leur électorat naturel, renseignait très clairement sur le nouvel engagement politique et idéologique.
Mais il y avait aussi ceux qui, par accident, s’étaient trouvés au camp de réfugiés Tutsis Banyamulenge et n’avaient guère été « prévenus » de cette « pause » et se disaient publiquement avoir été « piégés ». Ceux-ci n’avaient pas cessé de faire savoir qu’il était dans l’intérêt du RCD de regagner sa place dans la Capitale au sein des Institutions républicaines. Qu’on ait mis un avion sur le tarmac et qu’on ait demandé à qui voulait le prendre de monter à bord que tout ce groupe s’y serait précipité.
Un de ceux-ci a fait état de sa difficulté d’existence en racontant naïvement et publiquement au grand étonnement général le refus de son groupe ethnique majoritaire de l’accepter en son sein et de l’associer à quoi que ce soit précisément parce qu’il est issu... du RCD, ce parti paria ! (...)
(..) la responsabilité politique n’exige-t-elle pas précisément un temps d’arrêt courageux et responsable permettant d’évaluer le chemin parcouru et celui qui reste à parcourir?
(...)
D’un autre côté, sauf d’avoir décidé que l’occasion qui est offerte ne se représentera point - ce que l’on comprendrait -, ne savent-ils pas que l’action politique a besoin de la durée? (...) Il est fort heureux de savoir que nombre, au sein du RCD, ont a cœur ce point de vue.
(...)
Samedi 21 août, lors d’une cérémonie de fin de deuil, Me Ruberwa Azarias Manywa, lui-même Tutsi Banyamulenge, avait notamment déclaré : « s’il nous faut tailler notre chemin dans le roc, nous le taillerons dans le roc » et exigé une « transition de qualité et non de quantité ».
(...) Devant les cadres de son parti, le président du RCD a critiqué la « corruption » qui règne dans les institutions de la transition à Kinshasa et déclaré qu’il valait mieux observer une « pause maintenant plutôt qu’à la veille des élections ». Il a regretté le non-paiement des salaires de fonctionnaires de l’Etat. (...)
(Jdn) | Le Soft/ T. MATOTU

Crise : jusqu’où ira Me Ruberwa ? : Vicaire anti-Rcd à Bukavu
Le Soft, Kinshasa , 31.08.2004
Mgr François Xavier Maroyi, le vicaire de la cathédrale de Bukavu, a refusé net la possibilité que Ruberwa a cherchée à rendre visite à l’évêque des lieux, Mgr Charles Mbogha. Pourtant, le rendez-vous a été négocié, pris et confirmé. (...)
Les journalistes de Kinshasa faisant partie de la suite de Me Ruberwa arrives cinq minutes avant que le Vice-président de la République ne débarque ont, eux, eu le privilège de voir Mgr Mbogha certes visiblement affaibli mais il est sorti de ses appartements pour venir les saluer. L’instant d’après, Maroyi faisait croire que l’homme de Dieu était brusquement entré dans le coma. « On ne sert pas la main du diable »...
Même si Charles Mbogha avait rendu l’âme, Ruberwa n’aurait pas été parmi les personnes admises au deuil. Si à Bukavu, l’Eglise catholique pouvait manquer de tout, ce n’est pas d’une implacable logique. On rappelle que l’Eglise catholique de Bukavu n’a jamais pardonné la mort de ses deux évêques, Mgr Christophe Munzihirwa et Mgr Emmanuel Kataliko, le premier assassiné en pleine journée place Nyawera, rebaptisée désormais en son nom par la seule volonté du clergé local et le second décédé à Rome à la suite d’un arrêt cardiaque qu’elle a toujours mis sur le compte des Tutsis Banyamulenge du RCD. Qu’importe que l’assassinat de Munzihirwa eut été perpétré à l’entrée des troupes de l’AFDL alors en marche vers Kinshasa conduites alors par un certain LDK, Laurent-Désiré Kabila, l’Eglise de Bukavu n’en démord pas ce sont les Rwandais, ce sont les Tutsis, les Tutsis Banyamulenge, c’est le RCD-Goma.
Celui-ci a beau s’expliquer, a beau faire montre de bonne foi, de son nationalisme, expliquer qu’il est victime d’une intox, qu’importe! Au nom d’un stéréotype bukavien qui attribue aux deux mouvements le même géniteur, les Tutsis Banyamulenge, le RCD et ses dirigeants doivent payer le prix fort. (...)
Ce qui vient de se passer a Bukavu et, généralement, lors de la tournée à l’est du Vice-président Ruberwa montre ce qui attend le RCD, le moment - électoral - ayant sonné!
| Le Soft/MICHEL MUKEBAYI NKOSO

3. La transition continue

Mercredi au Sénat : Adoption des projets de loi sur la nationalité et sur l’armée
Kinshasa , 31.08.2004
Avec l’adoption de ces deux projets de loi attendue demain en fin d’après-midi, l’édifice de la Transition en République démocratique du Congo recevra ce mercredi 1er septembre, deux grosses pierres
Etudiés en premier lieu au niveau de l’Assemblée nationale le mois dernier, ces deux projets de loi ont été par la suite acheminés au Sénat.
A la chambre haute du Parlement, la question de la fameuse Garde présidentielle avait suscité d’âpres discussions en ce qui concerne sa taille de cette dernière, soit quelque 12.000 hommes, alors que d’autres ont proposé de ramener ce chiffre à des proportions plus raisonnables. Et c’est donc là que les Romains se sont empoignés.
Au Sénat, le chiffre relatif à la taille de l’armée a connu à lui tout seul 500 amendements.
Les 27 membres de la Commission permanente Défense et sécurité du Sénat présidée par l’Honorable Félicien Mbarambara, les différents amendements ont fait l’objet de discussions pendant un mois et ont abouti à un toilettage acceptable.
l’Honorable Félicien Mbarambara, suggère que les effectifs commis à la tâche sécuritaire du Chef de l’Etat se circonscrivent autour de la taille d’une brigade « renforcée » comprenant quelque 4.500 à 4.700 éléments.
Selon lui, l’adoption des deux projets de loi sur l’armée et sur la nationalité vont ouvrir la voie à la réunion d’une commission paritaire Sénat /Assemblée nationale appelée à finaliser un texte à présenter à la Cour suprême de justice. S’ensuivra ensuite enfin la promulgation par le Président de la République.
A partir de l’adoption de la loi sur l’armée, l’occasion sera donnée aux autres Commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat d’accélérer l’examen de certaines lois en souffrance, dont celle relative à l’intégration de l’armée et celle relative à la préparation du prochain exercice budgétaire. Cette loi devra dans ses prévisions, tenir justement compte de la taille finale (effectifs complets) de nos forces armées.
| MMC

Lancement mercredi à Bunia du programme de démobilisation des groupes armés (Monuc)
KINSHASA, 31 août (AFP) - Le programme de démobilisation et de réinsertion communautaire (DRC) des groupes armés congolais sera lancé mercredi dans cinq sites en Ituri (nord-est de la RDC), a annoncé mardi la porte-parole de la Monuc à Bunia, Rachelle Eklou, jointe au téléphone depuis Kinshasa, à l'AFP .
Au moins 15.000 combattants dont 6.000 enfants de différents groupes armés opérant en Ituri doivent être démobilisés et réinserés dans la vie civile.
Les représentants du gouvernement de transition et le responsable de la Commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (CONADER) assisteront à ces cérémonies.
Le premier programme national de démobilisation et de réinsertion communautaire bénéficie du soutien de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

mardi, août 31, 2004

Briefing du mardi 31 août 2004

1. Mbeki à Kinshasa

  • Premier tête-à-tête Thabo Mbeki - Joseph Kabila
2. Azarias Ruberwa regagne Kinshasa dans un climat de fronde généralisée
  • Le gouvernement attend le rapport de mission de Ruberwa
3. La Frontière avec le Burundi fermée
  • Tirs de l'armée de RDC vers le Burundi: "un incident isolé", selon la Monuc
  • fermeture frontiere avec burundi, peur de nouvelles attaques aux camps de refugies
4. Congo, Rwanda et Burundi formaient une entité
  • Quand l’aéroport et le port de Bujumbura étaient financés par l’argent de la Rdc
5. débats au parlement sur nationalité et amnestie
  • Les Congolais ayant acquis la nationalité étrangères restent Congolais
  • Loi sur l’amnistie : querelle chez les députés
6. Agissements mobutistes
  • Ngbanda se profile comme le grand ombattant contre Kagame et annonce “des révélations” (sic) qu’il a d’ailleurs déjà annoncé il y a quelques semaines
------------------------------------------------------------------------------
Sur le site vous trouverez encore aujourd'hui:
-------------------------------------------------------------------------------
1. Mbeki à Kinshasa

Premier tête-à-tête Thabo Mbeki - Joseph Kabila
Kinshasa , 30.08.2004
Le président sud-africain Thabo Mbeki est arrivé lundi matin à Kinshasa pour une visite de travail de 48 heures. Il a été accueilli par son homologue congolais, le Général-Major Joseph Kabila, avec lequel il a entamé les entretiens par un premier tête-à-tête au Palais de la Nation.
A côté des pourparlers avec son homologue congolais, le Général-Major Joseph Kabila, le président Thabo Mbeki s’entretiendra aussi avec les quatre vice-présidents de la République de la RDC, ainsi que les responsables des institutions et organes de la transition congolaise.
Mbeki la veille de son périple congolais : « Nous avons prédit il y a quelques mois qu’une paix durable serait instaurée sous douze mois en République démocratique du Congo. Nous restons optimistes et croyons que malgré les difficultés observées actuellement, le processus de transition en Rdc poursuivra son bonhomme de chemin jusqu’à l’organisation des élections libres et démocratiques ». Il ajoutera même que « La paix au Congo ouvrira certainement la voie à des perspectives économiques en Afrique australe ».
Le volet politique, bien que de grande importance dans la mission du président Thabo Mbeki, n’éclipsera donc pas pour autant les aspects de la coopération à propulser entre la RDC et l’Afrique du Sud.
L’Afrique du Sud se présente déjà en partenaire économique de premier plan pour la RDC. Depuis plusieurs mois les experts des deux pays étudient les dossiers portant sur les domaines de l’économie, de la santé, de la protection des investissements... Un accord général portant sur la création d’une commission bilatérale chargée de guider la coopération entre l’Afrique du Sud a été signé à cet effet le 14 janvier dernier à Kinshasa, lors du précédent voyage d’Etat du président Thabo Mbeki.
Un autre volet est celui de la Défense et de la Coopération militaire. L’Afrique du Sud a déjà signé avec la RDC un accord de coopération militaire, tout en participant aussi au programme de la Mission d’observation de l’Onu au Congo (Monuc).
| MMC

2. Azarias Ruberwa regagne Kinshasa dans un climat de fronde généralisée

Le gouvernement attend le rapport de mission de Ruberwa
Le vice-président de la République en charge de la commission politique, défense et sécurité, Me Azarias Ruberwa, a regagné Kinshasa lundi dans la matinée à bord d’un avion de la Monuc. (...)
Notons que le président national du Rcd a été précédé le week-end dans la capitale par une première vague de membres de son parti qui l’avaient rejoint au chef-lieu de la province du Nord-Kivu pour le deuil tenu en mémoire de 160 Congolais. L’avion de la Monuc, qui l’a amené à Kinshasa, a atterri une heure après celui du président sud-africain Thabo Mbeki en visite de travail de 48 heures au pays.
Pour des raisons sécuritaires, c’est par hélicoptère de la mission onusienne en Rdc que le président national du Rcd a quitté l’aéroport international de N’djili pour gagner le centre-ville, en atterrissant sur le terrain de jeux de l’Athénée de la Gombe. De là, il a rejoint sa résidence, sous un dispositif sécuritaire impressionnant.
Ruberwa persiste et signe
(...)
Le président national du Rcd croit dur comme fer qu’il y aura des concertations entre son parti et les autres partenaires politiques autour de Thabo Mbeki en vue d’une évaluation de la transition. (...)
Aura-t-il gain de cause ? La réponse sera connue ce mardi au cours de la conférence de presse que va animer Thabo Mbeki
Le siège du Rcd à Kinshasa verrouillé : une distraction
Les premiers signes de dissensions internes ont été enregistrés le lundi même dans la matinée. Des sources crédibles nous ont confirmé que les bureaux du siège du Rcd , situé sur l’avenue Lukusa dans la commune de la Gombe, ont été verrouillés sur ordre du président national. Des militaires, puisés dans sa propre garde rapprochée, ont été placés en faction pour en interdire tout accès.
Ce qui laisse entendre que la rupture est consommée entre la haute direction du Rcd et les membres qui n’ont pas effectué le déplacement de Goma. Lesquels ont rejeté la décision prise par leur président national de suspendre la participation du parti dans les institutions de la transition.
Qu’est-ce à dire ? Le siège, cadre de rencontre des membres du parti, étant verrouillé, c’est à se demander où se règleront les contradictions survenues au sein du Rcd ? (...)
Le Potentiel, Edition n°3212 du mardi 31 août 2004

3. La Frontière avec le Burundi fermée

Tirs de l'armée de RDC vers le Burundi: "un incident isolé"
KINSHASA, 30 août (AFP) -
Lundi matin, l'armée burundaise a accusé des soldats de la République démocratique du Congo (RDC) d'avoir tiré en direction du poste-frontière burundais de Gatumba, depuis les localités congolaises de Kavinvira et de Kahorohoro.
"C'est un militaire tutsi congolais qui a vidé ses deux chargeurs en tirant vers le Burundi", a expliqué à l'AFP le porte-parole de la 10ème région militaire à Bukavu, le lieutenant Kasanda wa Kasanda, joint au téléphone depuis Kinshasa.
Le porte-parole de la 10ème région militaire dit "ignorer" les raisons qui ont poussé ce soldat à provoquer cet incident, mais il a été "maîtrisé et se trouve actuellement en soins".
L'armée congolaise a procédé lundi matin à des opérations de bouclage et de fouille dans plusieurs quartiers d'Uvira, ville située à 6 km de la frontière avec le Burundi, selon le même militaire.

fermeture frontiere avec burundi, peur de nouvelles attaques aux camps de refugies
La frontière entre la République démocratique du Congo et le Burundi a de nouveau été fermée. la décision a été prise après avoir reçu des informations sur la possibilité d'une nouvelle attaque rebelle contre les camps de réfugiés congolais présents sur le territoire burundais et situés non loin de la frontière. (...) Selon Radio Okapi, l'émetteur radio de la MONUC, la nouvelle attaque aurait dû avoir lieu dans le camp de Rugombo..
[VV] Misna, 30/8/2004 17:12

4. Congo, Rwanda et Burundi formaient une entité

Quand l’aéroport et le port de Bujumbura étaient financés par l’argent de la Rdc
Kinshasa , 30.08.2004
beaucoup de pays qui rendent la vie dure à la République Démocratique du Congo, oublient qu’à l’époque, c’est-à-dire avant l’indépendance du Congo-Kinshasa, ils étaient construits grâce au financement de ce dernier surtout que sa monnaie était forte et son sous-sol envié. Tel est le cas du Burundi qui, aujourd’hui, torpille notre pays par des guerres et autres humiliations de toutes sortes.
Les faits sont élucidés par la Conférence nationale souveraine, dont les archives restent encore précieuses.
D’après ces assises, l’aéroport international et le port de Bujumbura avaient été entièrement financés par l’argent du Congo.
A l’époque, Bujumbura est la ville où était installé le vice-gouverneur général de l’ex Congo-Belge et du Rwanda-Urundi.
En effet, pour faciliter la jonction entre le lieu de sa résidence et Bruxelles, il avait été décidé de construire un aéroport international à Bujumbura. Le Burundi étant placé sous la même administration coloniale que l’ex Congo-Belge, l’autorité belge eut recours au trésor du Congo-Kinshasa pour construire l’aéroport international de Bujumbura.
Constat : il résulte de l’attitude des gouvernements successifs de notre pays, une négligence et une indifférence coupables face à l’appropriation de fait de cet aéroport par le seul Burundi qui, aujourd’hui, malmène le Congo-Kinshasa.
Le Congolais lui-même ignore tous ces dossiers. (...)
Un autre scandale, c’est le port de cette même ville. L’autorité coloniale belge a réalisé la nécessité de désenclaver le Rwanda et le Burundi vers le port de Dar-es-Salaam via Kigoma. Un projet quelle exécuta par la construction du port du Bujumbura aux frais exclusifs de la RDC, pays nanti au regard du Burundi.
Et depuis, le gouvernement de ce pays n’a manifesté aucune intention de rembourser les frais engagés avec les fonds du Congo pour la construction du port de Bujumbura. Ce contentieux, qui reste toujours d’actualité, s’est surtout aggravé avec la confiscation de deux bateaux, propriétés de notre pays, trouvés au port de Bujumbura, au lendemain de l’indépendance, le 30 juin 1960.
C’est dans cette logique que les routes et même les bâtiments administratifs de la ville de Bujumbura ont été construits, avec les fonds appartenant au Congo-Kinshasa, placé lui aussi, sous l’autorité des colons belges. Ainsi donc, à l’accession du Congo à l’indépendance, il n’a jamais été fait de reddition des comptes entre notre pays et la Belgique, encore colonisatrice du Burundi.
Plus malheureux encore, les autorités de notre pays n’ont jamais entrepris aucun effort ni une simple négociation pour rentrer en possession de ces fortunes comme pour approuver l’enrichissement sans cause de ce pays.
(CP) | Elima/Tabassenge

5. débats au parlement sur nationalité et amnestie

Les Congolais ayant acquis la nationalité étrangères restent Congolais
La clôture de l’atelier parlementaire sur la nationalité et la future constitution organisé par l’Assemblée nationale avec le soutien et l’expertise de la Fédération congolaise de l’étranger (Fce) et le Pnu, a été sanctionnée, le week end dernier par des recommandations ponctuées d’un point de presse.
La participation des membres de la Fce à cette semaine organisée en faveur de Sénateurs et de Députés s’inscrivent dans le calendrier des activités initiées d’il y a trois ans par cette association pour réfléchir sur les questions d’intérêt national qui concerne notre pays, aux dimensions continentales situé au cœur de l’Afrique.
(...) S’agissant de la nationalité congolaise, source de conflits actuellement qui déchirent la Rd-Congo, les participants ont reconnu au distinguo établi par l’article 6 de la Constitution de Luluabourg entre la nationalité d’origine et celle d’acquisitions. A cet effet, ils ont défini la nationalité congolaise comme « une communauté des peuples et des citoyens exprimant la volonté de vivre ensemble pour forger un destin commun, dans la loyauté et le respect mutuel ».
Cette nationalité a pour principes la tolérance, l’ouverture sur le monde, la proximité de la personne avec sa communauté d’origine, tandis que ses modes d’attributions reposent sur le droit de sol, droit du sang, droit de nationalité.
« Etant entendu que la question de la double nationalité est renvoyée à la future législature, les Congolais ayant acquis la nationalité étrangère restent Congolais », ont-ils recommandés. (...)

Loi sur l’amnistie : querelle chez les députés
Kinshasa , 30.08.2004
Le vote par le Parlement congolais de la loi sur l’amnistie devrait consacrer la réconciliation nationale en RD Congo, qui sort de plusieurs années de guerre.
« Libérez les innocents. L’amnistie c’est quoi ? » Ces cris étaient scandés au début du mois d’août 2004 devant le Palais du peuple, siège du Parlement congolais, par un groupe des manifestants se réclamant des familles des présumés assassins de l’ancien président L-D. Kabila, incarcérées depuis plus de trois ans au Cprk (Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, ex-prison centrale de Makala).
Ces manifestations ont eu lieu au moment où les députés entamaient les débats sur le projet de loi sur l’amnistie. Mais aussitôt engagées, ces discussions qui suscitent beaucoup de passion ont été suspendues le 12 août. (...)
La querelle qui a poussé les députés à suspendre les débats porte au fait sur la question oui ou non les personnes condamnées dans le procès de l’assassinat de L-D. Kabila devraient-ils bénéficier de la loi sur l’amnistie ? La Cour suprême de Justice, qui a été consultée pour donner son avis sur cette interrogation (infraction politique), s’est déclarée simplement incompétente sur cette matière. Ce qui oblige les députés à assumer pleinement leur rôle.
Au Parlement, certaines voix s’élèvent pour appeler les parlementaires à la raison, afin qu’ils débattent sans passion de cet important projet de loi. « Ce n’est pas en se focalisant sur les personnes condamnées pour l’assassinat d’un Chef de l’Etat qu’on peut décider d’une amnistie, déclare notamment le sénateur Nyabinungu Mwene Songa, qui est professeur de Droit pénal. C’est plutôt par la mise en place d’une loi générale, abstraite et impersonnelle qui profitera à tous... », précise-t-il, estimant qu’il est possible de réviser le procès des assassins de L-D. Kabila.
(...)
Oubli signifie-t-il impunité? Les Congolais aimeraient en effet que cette loi soit votée, mais sans qu’on laisse courir les auteurs des crimes de guerre, de génocide ou de crimes contre l’humanité. Dans le cas contraire, l’amnistie pourrait apparaître à leurs yeux comme « une prime pour camoufler les atrocités de guerre ». Historien, Georges Tshund’Olela : « Personne n’a jusqu’ici sollicité le pardon, dit-il. On ne voit pas la matérialisation du pardon comme ce fut en Afrique du Sud. Au contraire, ils se sont partages le pouvoir... »
Réconciliation sur le modèle sud-africain ?
Une Commission Vérité et Réconciliation (CVR) existe en effet. Elle fait partie des cinq institutions « citoyennes » ou d’appui à la démocratie, mises en place toujours selon l’Accord de paix de Pretoria, à côté de la Commission électorale indépendante, de la Haute Autorité des médias, de la Commission Ethique et lutte contre la corruption, et de l’Observatoire national des droits de l’Homme.
(..)
Un dilemme cependant : entre la volonté de se réconcilier et celle de ne pas laisser impunies des crimes commis, qui amnistier et à qui faire subir la rigueur de la loi ? Ce d’autant plus qu’au moment où est discuté le projet de loi sur l’amnistie, la Cour Pénal International (CPI) a ouvert au mois de juin 2004 une enquête sur les crimes commis en RD Congo, après avoir été saisie en avril par le président Joseph Kabila.
Un vieux sénateur congolais, Nzege Alaziambina, émet un avis modéré : « Des personnalités comme Nelson Mandela, Desmond Tutu ont joué un rôle important pour la réconciliation en Afrique du Sud, dit-il, avant de faire un constat et de donner un conseil. Chez-nous, il n’y a personne comme modèle. C’est pourquoi il ne faut par rouvrir la plaie. Repartons sur des nouvelles bases... »
Noël Obotela

Article produit dans le cadre du programme Medias pour la Paix en Afrique (MPA) de l’Institut Panos Paris, en collaboration avec l’agence de presse InterCongo media
(CP) | La Référence Plus

6. Agissements mobutistes

Ngbanda se profile comme le grand ombattant contre Kagame et annonce “des révélations” (sic) qu’il a d’ailleurs déjà annoncé il y a quelques semaines
Congoindepenant.com, 31 Août 2004
De Paris où il réside, l’ancien conseiller spécial en matière de Sécurité, Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba a renouvelé ses accusations à l’encontre du numéro un du RCD-Goma qu’il accuse d’être un « agent du régime rwandais » chargé de torpiller le retour de la stabilité politique au Congo. Ngbanda accuse également le président Paul Kagame à qui il impute la conception et l’exécution du massacre de 160 Tutsi congolais de Gatumba. Selon lui, la situation en RD Congo est « très mauvaise et très dangereuse ». « Le massacre de Gatumba est une manœuvre orchestrée par Paul Kagame pour justifier le lancement d’une troisième invasion du Zaïre (Sic !) ». Ajoutant : « Cette fois, Kagame projette d’annexer les provinces du Kivu ».
« Kagame a une stratégie qu’il utilise depuis qu’il avait commencé la guérilla à partir de l’Ouganda. Cette stratégie consiste à sacrifier ses propres frères tutsis pour provoquer la psychose du génocide et lui fournir le prétexte pour frapper ses victimes ». Selon Ngbanda, Kagame avait utilisé ce stratagème en 1991 à « Bagogwe » en ordonnant à ses hommes d’attaquer le camp de réfugiés en procédant au massacre des Tutsi. Cette attaque fut imputée aux troupes du président Juvénal Habyarimana. Le même forfait a été récidivé le 6 avril 1994 à la suite de la destruction en vol de l’avion transportant le président Habyarimana déclenchant le massacre des Tutsi. Pour lui, « il faut que le peuple congolais sache que Ruberwa est un agent de Kagame infiltré au sein de l’espace présidentiel ». « Cet espace présidentiel et le gouvernement contiennent énorrmément des « traîtres » qui travaillent pour le compte de Kagame », assène Ngbanda qui promet de révéler, au cours des jours à venir, les noms de ces « éléments félons ». Pour l’ancien ministre de la Défense, « Ruberwa reçoit ses ordres directement de Kigali ». Et que le déclenchement de la « guerre d’invasion est très imminente ». Se fondant sur des documents en sa possession, il assure que des « réunions d’état-major » se tiendraient actuellement dans certains pays voisins. Sans autres précisions. Et que des opérations d’infiltration auraient lieu au sein de la 9ème brigade de l’armée congolaise basée à Uvira, au Sud Kivu. Objectif : décourager les soldats congolais par la corruption. « Au moment où je vous parle, il y a déjà 200 militaires qui ont déserté l’armée pour rejoindre le colonel Mutebutsi au Rwanda». Et d’ajouter qu’un contingent de mercenaires érythréens serait arrivé à Kigali en vue de renforcer leurs camarades chargés de protéger les mines de coltan à Walikale « pour le compte de Kagame ». Ngbanda s’étonne de voir les autorités congolaises se contenter de quelques déclarations oiseuses sollicitant l’aide de l’Union européenne, de ’ONU et de la France « au moment où le Rwanda et le Burundi sont occupés à déployer des troupes à leurs frontières avec le Congo ». L’ancien ministre dénonce le « refus » du gouvernement de transition de mobiliser les fils du pays capables de libérer le territoire national. « Ce refus sera considéré demain comme de la « haute trahison » au cas notre pays était attaqué et envahi », prévient-il avant d’inviter la jeunesse congolaise de se préparer à défendre le pays comme elle l’avait fait en juin dernier. Selon Ngbanda, les manifestations monstres des 3 et 4 juin ont fait échoué un plan d’attaque des villes de Goma et de Bukavu par les troupes rwandaises. « Je prends l’engagement d’informer le peuple congolais sur tous les détails du plan qui se prépare contre le Congo ». « Nous vaincrons dans cette bataille », a-t-il conclu en se disant « troublé » par le silence de la classe politique et du chef de l’Etat.
Nana Bitsho

lundi, août 30, 2004

Briefing du 30 août 2004

1. Débat interne dans le RCD
  • Les membres du RCD de Kinshasa appellent à une réunion de clarification
  • Rcd : « La gestion du parti doit changer »
  • Mathieu Ntolo Mutatay, défenseur de Ruberwa
2. La visite de Mbeki
  • Compte rendu du gouvernement
  • Thabo Mbeki se rendra lundi à Kinshasa
  • La semaine de tous les enjeux
3. ancien mobutiste parle au Potentiel
  • Konde Vila-ki-Kanda, président du Groupe parlementaire de l’Opposition politique et dirigeant de la démocratie chrétienne au Potentiel
4. Pendant qu’ils exigent la libération de Atundulu, l’agitation mobutiste contre Kabila continue à partir de Bxl où se trouvent Kengo et Ngbanda.
  • Plaidoyer dans le Potentiel pour Atundu
  • Congondependant.com continue à employer “Etienne Kabila” pour attaquer Kabila
  • Congoindependant.com essait d’opposer Mbuze Mabe à Kabila
-----------------------------------------------------------------------------------
Document intéressant: nous avons publiée la traduction du kirundi du débat entre Masunzu, Ruhimbika, Ruberangabo, Nkunda et Ruberwa sur la BBC du 21 août.
-----------------------------------------------------------------------------------

1. Débat interne dans le RCD

Les membres du RCD de Kinshasa appellent à une réunion de clarification
KINSHASA, 28 août (AFP) -
"Nous en appelons à la convocation sans délai du conseil politique national du parti - parlement de la formation - en vue de décider de nouvelles orientations et de nouvelles structures du RCD", indique le communiqué signé par le rapporteur du groupe des members du RCd restés à Kinshasa, Boniface Balamage N'Kolo, également député.
Les signataires du communiqué - membres du collège des fondateurs, du comité exécutif national, les présidents fédéraux, ministres, vice-ministres, députés et sénateurs - réaffirment leur volonté de poursuivre leur participation dans toutes les institutions de la transition conformément à l'accord global de gouvernement signé en décembre 2002 à Pretoria.
Pour eux, l'évaluation de la transition exigée par M. Ruberwa, "doit obligatoirement se faire au sein des institutions à Kinshasa".

Rcd : « La gestion du parti doit changer »
La prise de position de Kinshasa a donc été en flagrante contradiction avec le groupe de Goma. Serait-il prématuré de parler de scission?
L’avenir réserve bien des surprises. Nous apprenons déjà que le président national du Rcd s’apprête à prendre des sanctions à l’endroit des ministres, membres du Rcd, qui ont refusé d’effectuer le déplacement de Goma.
(...)Kabasele Tshimanga, sénateur et secrétaire général adjoint du Rcd, lequel n’avait pas effectué le déplacement de Goma : « Nous estimons qu’il est temps de changer la gestion du parti. C’est pour cette raison que la réunion de clarification revêt une importance particulière pour le parti. Il est inadmissible que ceux qui n’ont pas d’assises populaires puissent continuer à gérer le parti comme un bien privé. Nous devons redynamiser le Conseil politique national pour qu’il joue le rôle de « Parlement du parti ». Il est temps que le président du parti cesse de prendre des décisions unilatérales engageant le parti en notre nom. Bien plus, un parti politique ne peut pas se permettre de prendre des positions qui vont à l’encontre des attentes de la population. Et, enfin, un parti politique qui se prépare aux élections doit adopter un comportement conséquent ».
« Nous avons toujours privilégié un débat interne »
De Goma où il séjournait encore, Lola Kisanga, ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, porte-parole du Rcd,: « La requête en vue d’une réunion de clarification est normale. Nous avons toujours privilégié un débat contradictoire interne au sein du parti. Personnellement, je ne vois aucun inconvénient, pourvu que cette démarche réponde aux règles statutaires. Nous croyons que les points de divergence doivent être débattus en toute sérénité en vue de régler tous les malentendus. Il nous faut arrondir les angles pour rebâtir l’unité du parti afin de regarder dans la même direction. Nous avons déjà eu des divergences tant sur le plan de la forme que du fond, et nous sommes souvent parvenus à un compromis » (...)
Le Potentiel, Edition n°3211 du lundi 30 août 2004

Mathieu Ntolo Mutatay, défenseur de Ruberwa
1. M. Ntolo, vous êtes secrétaire fédéral du Rcd/Kasaï Occidental chargé de la production. Comment votre Fédération a-t-elle réagi à la décision de votre parti de marquer une pause dans le processus de la Transition ?
notre fédération, en tant qu’organe central du parti au Kasaï Occidental, est ombilicalement relié à tous les autres organes et de façon privilégiée au Collège des Fondateurs. (...)et nous avons, (...)soutenu énergiquement la décision prise par le collège des fondateurs. (...)
2. au sein du Parlement des grosses pointures de votre parti ont visiblement désavoué votre président national, M. Ruberwa. Parmi eux il y a des ressortissants du Kasaï Occidental dont les noms ont été dernièrement publiés dans la presse. Qu’en pensez-vous ?
(...)aucun membre ne peut se détacher de l’ensemble du système sans s’auto-détruire. Donc, ou on est du Rcd, on en fait partie en tant que membre organique, ou on n’en fait pas partie, auquel cas on ne parle plus en son nom. (...)
Le vice-président de la République, Azarias Ruberwa l’a clairement noté : « soit ils sont en dehors de l’idéologie, soit ils ont été manipulés, soit encore, ils ont eu peur du pouvoir parallèle de Kinshasa ». (...)
(*) Secrétaire fédéral du Rcd/Kasaï Occidental chargé de la production et président de l’Association culturelle : « Les jeunes du Kasaï Occidental s’interrogent ? » (J.K. ?)
Le Potentiel, Edition n°3211 du lundi 30 août 2004

2. La visite de Mbeki

Compte rendu du gouvernement
Le Conseil des Ministres s’est réuni sans désemparer deux jours durant, le vendredi 27 et le samedi 28 août 2004 (...)
Placé sous la présidence du vice-président de la République (...) le Gouvernement a analysé et adopté les textes couronnant l’embellie diplomatique et les améliorations des rapports de coopération entre l’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo.
Il s’agit de :
1. Protocole pour une Consultation Diplomatique Régulière entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et le Gouvernement de la République d’Afrique du Sud;
2. Protocole d’Accord sur la Coopération économique entre le ministère de l’Industrie, Petites et Moyennes Entreprises de la République démocratique du Congo et le Département du Commerce et Industrie de la République d’Afrique du Sud;
3. Accord entre le Gouvernement de la République d’Afrique du Sud et le gouvernement de la République démocratique du Congo sur la Promotion et la Protection Réciproques des Investissements;
4. Protocole d’Accord entre le gouvernement de la République d’Afrique du Sud et le gouvernement de la République démocratique du Congo sur la Coopération dans les Domaines de l’Administration publique;
5. Convention entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et le Gouvernement de la République d’Afrique du Sud en vue de la Prévention de la Double Imposition et de l’Evasion Fiscale en Matière d’Impôts sur les Revenus;
6. Convention entre le Gouvernement de l’Afrique du Sud et le Gouvernement de la République démocratique du Congo sur les questions de Santé.
Il vous souviendra qu’au mois de janvier 2004, le président de la République d’Afrique du Sud, Son Excellence Thabo Mbeki et le président de la République démocratique du Congo, son Excellence Joseph Kabila avaient signé un Accord général de coopération entre les gouvernements de deux pays.
Dans ce cadre général, se sont élaborés des accords spécifiques paraphés par des plénipotentiaires de deux gouvernements au mois de mars 2004.
Des autorisations ainsi obtenues permettront aux responsables des Ministères concernés de formaliser les accords au regard des procédures internes. (...)
Henri Mova Sakanyi
Ministre de la Presse et Information
Le Potentiel, Edition n°3211 du lundi 30 août 2004

Thabo Mbeki lundi à Kinshasa
JOHANNESBURG, 29 août (AFP) -
"Le président Mbeki se rend à Kinshasa pour le lancement officiel de la commission conjointe Afrique du sud/RDC lundi et mardi", a déclaré dans un communiqué le porte-parole des Affaires étrangères, Ronnie Mamoepa.
"La commission co-présidée par MM. Mbeki et (le chef de l'Etat congolais) Joseph Kabila, servira de mécanisme pour la régulation des relations économiques et politiques entre les deux pays" a-t-il ajouté.
Mbeki sera accompagné de sept ministres de son gouvernement, dont celui des affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zima, de la santé, Manto Tshablala-Msimang, du Commerce et de l'Industrie, Mandisi Mpahlwa et de la Défense, Mosiuoa Lekota.
Pour M. Mamoepa, le but principal de la visite de M. Mbeki est effectivement de lancer la commission, mais "il est de la prérogative du président de rencontrer qui il veut" a ajouté le porte-parole.

La semaine de tous les enjeux
. Il y a d’abord l’arrivée du président sud-africain Thabo Mbeki. Kinshasa soutient qu’il s’agit d’une visite de travail prévue de longue date. Soit. Le compte rendu du dernier Conseil des ministres a démontré que la visite a un caractère prioritairement économique, au regard des accords signés ou à signer entre les deux pays. (...)« le président Mbeki se rend à Kinshasa pour le lancement officiel de la commission conjointe Afrique du Sud-Rdc lundi et mardi. Il est accompagné de sept ministres de son gouvernement, dont celui des Affaires étrangères, Nkosazana Diamini-Zuma, de la Santé, Manto Tshablala-Msimang, du Commerce et de l’Industrie, Mandisi Mpahlwa, et de la Défense, Mosiuoa Lekota.
(...) Autre enjeu : l’examen des lois essentielles au Parlement. La réponse de la Cour suprême de justice qui s’est déclarée incompétente (...) les parlementaires sont placés devant leurs responsabilités : ils devront examiner et adopter ce projet de loi. Il en est de même du projet de loi portant sur la nationalité. Ces deux projets de lois, dites sensibles, pourraient avoir des effets d’entraînement sur le dernier parcours de la transition. (...)
Voilà pourquoi la semaine qui commence mérite bien d’être qualifiée de semaine de tous les enjeux
Le Potentiel, Edition n°3211 du lundi 30 août 2004

3. ancien mobutiste parle au Potentiel

Konde Vila-ki-Kanda, président du Groupe parlementaire de l’Opposition politique et dirigeant de la démocratie chrétienne au Potentiel
Konde Vila-ki-Kanda : Je vais commencer par les massacres de Gatumba. Il s’agit là d’une cruauté animale, d’actes d’une horreur absolue impropre à la culture congolaise.
Il faut absolument que des enquêtes soient menées d’une manière indépendante pour que le peuple congolais connaisse la vérité et que les coupables soient châtiés.
Ce crime ne doit plus bénéficier de l’impunité comme l’ont été les massacres de Kisangani, de Mbandaka, de Libenge, de Makobola, de Kaseka, d’Ankoro, de Tingi-Tingi et que sais-je encore.
J’estime que le gouvernement a pris une bonne mesure en appelant à la mise en place de cette commission d’enquête indépendante.
Pour c e qui est de la décision prise par Ruberwa, je réitère la vigoureuse condamnation que le Groupe parlementaire de l’Opposition dont je suis le président a opposée à cette cabale contre le processus de transition en cours dans notre pays.
Ruberwa doit faire la part des choses entre les intérêts du Congo d’un côté et l’intérêt tribal et les intérêts des pays étrangers de l’autre. En prenant la décision de suspendre la participation du Rcd aux institutions de la transition, il a clairement fait son choix, celui de servir les intérêts des pays étrangers.
(...)
Le Potentiel : Avez-vous des pistes de solution pour que notre pays ne soit plus poursuivi par le signe indien et que, rapidement, il puisse se transformer, à l’image de ses immenses potentialités, en un pays moderne et prospère ?
Konde : Il faut absolument instaurer dans ce pays un Etat de droit où règne la force de la loi et non plus laisser la loi de la force comme nous avons vécu et continuons de vire maintenant. Un Etat de droit signifie soumission de tous les Congolais aux lois de la République, une justice réellement indépendante, affranchie de la « prison de la tribu, du clan, de la religion, et de la politique ».
(...)
Le Potentiel : Hier parmi les ténors du régime mobutiste, aujourd’hui parmi les grands animateurs de l’opposition politique dont vous êtes le président du Groupe parlementaire, vous sentez-vous bien dans votre nouvelle peau ?
Konde : J’assume et j’assumerai toujours mon passé mobutiste. Franchement, je n’ai pas honte des responsabilités que j’ai assumées dans ce passé-là. Je continue de soutenir que dans ce passé il y avait de choses condamnables, mais aussi de grandes réalisations à caractère politique, économique, social et culturel qui honorent le patrimoine national.
Souvent, lorsque l’on parle du barrage d’Inga, du palais du Peuple, du stade des Martyrs et tant d’autres grandes œuvres encore, on semble oublier que c’est Mobutu qui les a conçues et réalisées.
Comme tous les grands hommes, Mobutu a fait son propre piédestal, l’avenir doit se charger de la statue.
Aujourd’hui, je suis dans la composante Opposition politique ; bien plus, président du Groupe parlementaire de cette composante à l’Assemblée nationale. Je suis très bien dans ma peau, j’ai un discours.
(...)
Le Potentiel : Pendant longtemps gouverneur de province, vous retrouvez-vous dans la manière dont nos provinces sont gérées aujourd’hui ?
Konde : J’ai été gouverneur dans plusieurs provinces de notre pays, notamment le Bandundu, le Kasaï Occidental, le Kasaï Oriental, la province Orientale, le Nord-Kivu, le Katanga et enfin la ville de Kinshasa. Nous avons géré les provinces dans un contexte politique et économique tout à fait différent de celui d’aujourd’hui.
Je pense sincèrement qu’il faut accorder aux dirigeants actuels le bénéfice du doute, car ils n’ont pas les moyens de faire mieux. (...)
Propos recueillis par MArcel Lutete et Médard Muyaya
Le Potentiel, Edition n°3211 du lundi 30 août 2004

4. Pendant qu’ils exigent la libération de Atundulu, l’agitation mobutiste contre Kabila continue à partir de Bxl où se trouvent Kengo et Ngbanda.

Plaidoyer dans le Potentiel pour Atundu
Me Nlandu Mpolo sollicite l’acquittement d’Atundu Liongo
Me Nlandu a dit que le ministère public s’est abstenu de décrire un réel préjudice subi par qui que ce soit. Que ce soit le gouvernement ou un membre de celui-ci. (...)
« Nul n’ignore que la prise de Bukavu par le général Nkunda a éveillé le spectre de la troisième guerre de l’Est après celle de l’Afdl, des Rcd, du Mlc et d’autres groupes rebelles. Nul n’ignore que le peuple congolais est sans défense sûre, sinon celle assumée par ses leaders politiques courageux à qui la liberté d’expression n’est pas encore reconnue comme un droit réel au Congo. Les réquisitions du ministère public invitentent les Congolais au silence, ce qui rejoint le comportement de l’homme au pouvoir face aux velléités d’expression du peuple : l’arrestation du pasteur Ngoy le 14 août dernier, à cause des opinions sur la nationalité en est la meilleure illustration. »
De l’infraction d’outrage
Le journal Le Potentiel n° 3200 du 17 août 2004 intitulait à la Une « Massacre de Gatumba : l’incapacité d’anticipation du gouvernement » Va-t-on poursuivre Le Potentiel pour outrage face à un constat notoire du gouvernement à protéger le territoire et la population ? La transition est-elle un régime de dictature renouvelée ?
(...) L’outrage n’est-il pas représenté par toutes ces humiliations que ne cesse de subir le peuple congolais au fil des jours ?
(...) Toutes les exactions commises pendant la guerre par certains de ceux qui gouvernent le Congo non suivies de poursuites judiciaires, qui outrage qui ? Le non paiement de salaires aux fonctionnaires. Qui outrage qui ?
(...) Y aurait-il différence de sens quand c’est le gouvernement qui use d’un mot et M. Atundu ? N’y a-t-il pas crainte de verser le gouvernement dans le ridicule avec ce procès qui semble dirigé par une main invisible d’un homme au pouvoir ?
(...) C’est pourquoi acquitter Atundu participera de l’équité et de la justice avec grand « J ». Quel réconfort ça sera pour les faibles !
Donatien Ngandu Mupompa
Le Potentiel, Edition n°3211 du lundi 30 août 2004

Congondependant.com continue à employer Etienne Kabila pour attaquer le Président
Massacre de Gatumba: à qui profite le crime?
30 Août 2004
(...) En fait, le massacre de Gatumba est une absurdité que rien ne peut justifier si ce n'est la volonté de ceux qui oeuvrent pour la remise en question du processus de normalisation politique enclenché au Congo-Zaïre et pour la déstabilisation de la sous-région des Grands Lacs. C'est là une situation idéale pour que perdure le pillage des ressources naturelles et autres richesses de la RD Congo dont les auteurs (personnes
physiques et morales congolaises et étrangères) dénoncés à travers un rapport du panel de l'ONU, il y a une année, bénéficient de l'impunité qui ne peut qu'engendrer la récidive.
Outre cette donne de la prédation organisée, il y a une autre qui pourrait relever de la haute trahison au sommet de l'Etat congolais, à en croire Etienne Taratibu Kabila,ci-devant fils ainé de feu leprésident Laurent-Désiré Taratibu Kabila ka Makolo.
En effet, pour celui qui se réclame le premier d'entre les nombreux enfants du tombeur du maréchal Mobutu, Joseph Kabila Kabange, successeur "désigné" à L.D.Kabila, est en bonne intelligence avec le président Paul Kagame dont il serait compatriote de par ses parents biologiques, Marcelline et Christopher Kanambe,Tutsi rwandais.
L’assassinat de LD Kabila
Dans une lettre ouverte adressée aux Congolais, de son exil sud africain, daté de mars dernier, Etienne Kabila explique que l'actuel président de la RDC qui s'appellerait Joseph Hyppolite Kanambe est le commanditaire et le bénéficiaire de l'assassinat de LD.Kabila avec