Briefing du vendredi 10 septembre 2004
- Acculé et confondu par tous les membres du gouvernement
- Budja Mabe menace d'attaquer les troupes de Laurent Nkunda
- Sud Kivu : trois personnes d’une même famille assassinées à Minova
- Beni Butembo : Serufuli rappelle à l’ordre la région révolté contre RCD-Goma - Récit des évènements entre 2 et 8 septembre sur banamasina.com
- le Sénat adopte le projet de loi sur la nationalité
- La Cei opte pour un recensement des électeurs en Rdc: par inscription
- Okitundu: Kinshasa reprend la transition et demande un renforcement des Casques bleus
- EU has no plans now for Congo troops - envoy
1. Ruberwa présente des excuses à Kabila
Acculé et confondu par tous les membres du gouvernement
Kinshasa , 09.09.2004
Ruberwa a, en effet, reconnu solennellement que le mémorandum présenté par le Rcd pour exprimer ses revendications en rapport avec la marche du processus en cours, a brillé par son caractère injurieux à l’endroit aussi bien du Chef de l’Etat Joseph Kabila que celui des autres institutions de la République.
L’on peut comprendre les raisons pour lesquelles le Président de la République n’avait pas daigné prendre part à ce conseil qui a démarré depuis lundi, quasiment à huis clos à la cité de l’Union africaine. C’est que les travaux ont eu pour plancher un geyser à même d’engloutir toute la baraque, les conférenciers y compris. Il s’agit des empoignades verbales qui ont eu pour toile de fond l’examen de l’opportunité de la démarche entreprise par le Rcd au travers de son cahier des charges présenté sous forme de mémorandum à toutes les institutions de la République ainsi qu’à l’opinion publique.
Les deux premières séances du Conseil des ministres, soit celles de lundi et de mardi derniers, ont été présidées par le Vice-président de la République Arthur Z’Ahidi Ngoma. Celle de mercredi l’a été par le Vice-président Jean-Pierre Bemba.
(...) Nous pensons que le Vice-président Ruberwa n’avait vraiment pas d’autre choix s’il tenait à continuer de travailler en toute confiance avec tous les responsables de ce pays.
En réalité, et il ne pouvait pas ne pas le savoir, en insultant le chef de l’Etat de la manière que l’on sait, Ruberwa a en fait insulté toute la République. En présentant donc ses excuses au chef de l’Etat, c’est à tout le Congo en fait qu’il demande pardon. Pourvu que cela vienne du fond de son coeur. Quoi qu’il en soit, tel qu’il est parti, le Congo poursuivra son chemin même parsemé d’épines. Il n’a pas d’autre choix. Ruberwa et tous ceux qui pensent comme lui, feraient mieux de ne jamais perdre cela de vue.
(FP) | L’Observateur/Ntumba Mvemba
2. Situation au Kivu
Budja Mabe menace d'attaquer les troupes de Laurent Nkunda
BUKAVU (RDCongo), 9 sept (AFP) -
Le général Budja - qui rentrait d'une mission d'inspection des troupes à Kalehe, à environ 64 km au nord de Bukavu - accuse les hommes du général insurgé d'avoir attaqué les soldats de l'armée régulière et de faire régner la terreur parmi les populations de cette contrée située près de Minova.
Tout en affirmant respecter la trêve négociée par la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), le chef militaire du Sud-Kivu estime qu'il a l'obligation de sécuriser les populations de Minova et des environs - sa juridiction - et promet pour ce faire d'"appliquer la meilleure méthode de défense".
"Nous avons respecté la trêve parce que nous sommes de l'armée régulière mais nous pensons aussi que ceux qui nous l'ont demandée doivent poser la question à ceux qui la violent constamment", a indiqué le général Budja Mabe.
Sud Kivu : trois personnes d’une même famille assassinées à Minova
L’insécurité règne à Minova, localité située dans la province du Sud Kivu. Trois personnes d’une même famille, dont une femme enceinte, ont été assassinées mardi dernier par des militaires. Ils ont aussi emporté plusieurs biens de cette famille.
Selon les membres de famille arrivés mercredi matin à Goma, des militaires non encore identifiés se seraient au domicile des victimes vers 20 heures locales. Ils ont exigé de victimes tout l’argent de la vente de leur véhicule. Les 800 $US leur présentés par l’épouse du meunier n’auraient pas suffi pour les calmer. Moins encore les 250 $US présentés par la belle sœur. Les assassins ont abattu les trois personnes à bout portant. Ils ont emporté tous les objets de valeur de la maison. Ces assassins n’ont pas été identifiés.
Cette cité relève normalement de la 10e région militaire basée à Bukavu. Car, elle est située dans les limites administratives de la province du Sud Kivu. Mais Minova avait été investi depuis le mois de juin par les hommes du général insurgé Laurent Nkunda. Depuis l’annonce officielle de recherche pour l’arrestation de ce dernier, plusieurs témoignages affirment que Nkunda est parti de Minova, et non ses hommes.
Par ailleurs, il est signalé aussi la mort de deux militaires lundi à Bweremana, localité voisine de Minova. L’un appartenait aux troupes basées à Minova. L’autre est un ex Mai-Mai de la 8ème région militaire. Selon des sources administratives de la chefferie des Bahunde, le militaire qui venait de Minova aurait été abattu alors qu’il tirait des coups de feu apparemment sans raison, à son arrivée à Bweremana. L’infortuné Mai-Mai pour sa part aurait été mortellement blessé par une balle tirée par le militaire venu de Minova.
Source : Radio Okapi
Le Potentiel, Edition n°3221 du vendredi 10 septembre 2004
Beni Butembo : Serufuli rappelle à l’ordre la région révolté contre RCD-Goma - Récit des évènements entre 2 et 8 septembre sur banamasina.com
2 septembre 2004: Mr Serufuli convoque les autorités administratives des territoires de Beni et de Lubero pour une réunion d'évaluation à Kanyabayonga
Les autorités administratives, politiques et militaires des territoires de Lubero et de Beni avaient suspendu toute dépendance de Goma le 28 août dernier à la suite de la déclaration d'Azarias Ruberwa demandant l'arrêt du processus de transition. D'après certaines de ces autorités contactées à Beni et à Butembo, aucune décision n'a encore été prise concernant leur participation à cette réunion.
2 septembre 2004: Le Major Akulema de Butembo suspendu de ses fonctions de commandant de la ville de Butembo.
Le Major Akulema(Kakule) qui a su jusqu'à présent faire régner la sécurité à Butembo et dans ses environs, vient d'être frapper par une mesure de suspension par son chef hiérarchique de Beni pour avoir mis au cachot un magistrat en mission à l'aéroport de Rughenda. La population de Butembo qui ne jure que par Major Akulema, symbole de leur sécurité et de l'intégrité territoriale de la RDC ne comprend pas cette suspension et demande que le Major Akulema soit retabli sans conditions dans ses fonctions. Deux jours seulement après sa suspension, on a signalé à Butembo deux assassinats ignobles de deux jeunes garçons à Muchanga et à Kimbulu dans la nuit du mardi à mercredi.
Vendredi 3 septembre 2004: Le gouverneur Serufuli attendu demain à Butembo
Face au refus des autorités administratives de Beni et de Lubero de rencontrer le Gouverneur Serufuli à Kanyabayonga, Serufuli lui-meme a décidé de faire le déplacement de Butembo. Au lieu d'aller à Kanyabayonga, les autorités administratives de deux territoires se sont réunis à Beni aujourd'hui.
Lundi 6 septembre 2004: Serufuli retarde sa visite à Butembo
La visite du Gouverneur Serufuli à Butembo n'a pas eu lieu comme prévu hier samedi. Aucune raison n'a été avancé pour ce report. D'après la Radio Butembo, la visite a été renvoyée à mercredi prochain. Pendant ce temps à Goma, on ne sait pas qui est responsable des assassinats quotidiens des paisibles congolais. Les rwandophones au pouvoir au Nord-Kivu voudraient que les auteurs furent les Interehamwe pour justifier la très recherchée intervention militaire du Rwanda et du Burundi au Congo après l'échec du scénario de Gatumba. Les congolais par contre affirment avoir des preuves que les auteurs de massacres et de l'insécurité à Goma et ailleurs dans le Nord-Kivu sont les éléments rwandophones de la coalition RCD-Goma-Rwanda-Burundi, laquelle coalition voudrait "coloniser" le Kivu. Les populations de l'Est se demandent pourquoi Kinshasa reste muet sur la situation explosive du Nord-Kivu…
Mardi 7 septembre 2004: Serufuli arrive à Beni
Le Gouverneur du Nord-Kivu qui était attendu à Butembo d'après un communiqué de sa part, a fait la surprise en atterissant plutôt à Beni ce matin.Dans son mot de circonstance, il a declaré la fin de la guerre et a fait appel à l'entente entre les différentes tribus du Nord-Kivu. Demain il se rendra à Butembo pour seulement une visite éclair. Dans son allocution de Beni, le Gouverneur n'a pas fait allusion à l'insécurité qui sévit à Goma ni au processus de la transition en R.D.Congo qui doit aboutir à des élections démocratiques. Il n'a pas non plus fait allusion à la réunification du pays sur tous les plans. Il a parlé comme un Président d'une entité autonome aux prises avec des conflits ethniques. Or dans le territoire de Beni comme celui de Lubero, il n'y a pas des conflits ethniques.
Mercredi 8 septembre 2004: Enfin Serufuli arrive à Butembo
Le Gouverneur Serufuli est arrivé finalement ce matin à 11h heure locale en provenance de Beni où il est arrivé hier.Il était à bord d'un hélicoptère militaire de la Monuc. Après son mot de circonstance à l'aéroport de Rughenda, le Gouverneur et sa suite se sont dirigés à l'auberge de Butembo pour un entretien en huis clos avec les autorités politiques et administratives du territoire de Lubero ainsi que les opérateurs économiques de la place.Le compte rendu de ce huis clos tant attendu sera rendu public demain. Mais le message de l'aéroport était le même que celui delivré à Beni avec son appel à l'unité entre les tribus du Kivu.
3. La transition continue
le Sénat adopte le projet de loi sur la nationalité
Au moment du vote, sur 78 participants, 71 ont voté pour, 1 contre et 6 se sont abstenus. Le projet de loi a été ainsi adopté. Emile Ilunga président de la séance plénière et vice-président du sénat a fait savoir qu'après ce vote, il reste la création de la commission paritaire mixte Sénat - Assemblée nationale pour harmoniser le texte en termes identiques.
Aux termes du présent projet de loi, tous les groupes ethniques et nationalités et le territoire qui constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République démocratique du Congo) à l'indépendance doivent bénéficier de l'égalité des droits et de la protection en tant que citoyens.
L’Avenir, 9 septembre 2004, Par Octave M. Luamuele
La Cei opte pour un recensement des électeurs en Rdc: par inscription
l’abbé Apollinaire Malu Malu au cours d’un point de presse qu’il a animé au siège de la commission, hier jeudi 9 septembre 2004:
Quatre solutions envisagées
- Premièrement, il a été question de projections démographiques sur base du recensement scientifique de 1984 : Option rejetée car sujette à des conflits d’interprétation énormes et étant donné le déplacement massif des populations durant les guerres. Deuxièmement, le recensement administratif améliorée, option retenue par l’ancienne Commission nationale des élections, mais rejetée car le contexte a fortement changé. Les guerres ont sérieusement perturbé l’administration territoriale congolaise et la logique des composantes et entités fait que le recensement administratif porte les germes de la contestation par les partis autres que les anciens belligérants. Troisièmement, le recensement général des populations : option rejetée.
Les inconvénients, sont le temps de collecte et de dépouillement très long (minimum 2 ans); les coûts très élevés; les compilations ultérieures; les méthodes et résultats non électoraux et parfois incompatibles avec les objectifs des élections ; la manipulation politique possible.
L’ option retenue, c’est le recensement des électeurs. Selon lui, les avantages sont entre autres le dénombrement réservé aux nationaux en droit de voter (l 8 ans et plus) ; la création des centres d’inscription accessibles; le temps de collecte et de traitement de données réduit (6 mois, y compris la préparation); la fiabilité de la liste électorale; l’établissement d’un fichier électoral pour le long terme; et les coûts de réalisation relativement réduits.
W.T.
Le Potentiel, Edition n°3221 du vendredi 10 septembre 2004
4. Débat sur le renforcement de la MONUC
Okitundu: Kinshasa demande un renforcement des Casques bleus
PARIS, 8 sept (AFP) - L'ambassadeur itinérant de la République démocratique du Congo Léonard She Okitundu demande le renforcement du nombre et du mandat des Casques bleus en RDC.
Q. Pensez-vous que la demande de la France au Conseil de sécurité d'un doublement du nombre des Casques bleus dans votre pays va être entendue ?
R. Cette demande de Paris est la bienvenue car leur nombre est trop faible par rapport à l'étendue de notre pays. Dans un petit pays comme la Sierra Leone, on a envoyé 25.0000 hommes et, chez nous, seulement 10.000. Leur renforcement est indispensable. Mais la France ne doit pas s'arrêter là. Elle doit initier la requalification du mandat de la Monuc pour que la mission des Nations unies (en RDC) ait un rôle actif lui donnant la possibilité de réprimer et d'assurer le désarmement de tous les groupes armés qui opèrent chez nous. Même si les Interhamwes et les anciens soldats rwandais (ex-FAR) ont une dangerosité à relativiser car ils ne disposent pas de moyens suffisants pour mener une opération décisive depuis notre territoire contre le Rwanda. Il faudrait que nos forces mettent en place des brigades spéciales pour les traquer, montrer que nous sommes sans complaisance pour les génocidaires et ne laisser aucun prétexte au Rwanda. Il leur faut une formation, nous avons besoin de la communauté internationale
Aldo Ajello: EU has no plans now for Congo troops
BRUSSELS, Sept 9 (Reuters) - "We can provide support, in intelligence for example," said EU Special Representative Aldo Ajello. "Above that, there are no further plans. But we can always discuss it," added Ajello, back from a visit to the African Great Lakes region.
France introduced a draft resolution to the U.N. Security Council on Tuesday that would deploy some 1,600 to 1,700 soldiers, probably from Pakistan and India. It is expected to be approved this week.
Paris has also led calls for the overall presence to doubled to around 24,000, making it the largest existing U.N. mission. But it is uncertain whether the United States, which pays more than a quarter of the cost, would support such a high number.
Armies of many EU countries are seen as stretched by existing commitments.
Britain and Italy are part of the U.S.-led multinational force in Iraq as well as NATO operations in the Balkans and Afghanistan, while France is heavily involved in operations in Afghanistan, Ivory Coast, Haiti and Kosovo. Germany is committed in both Kosovo and Afghanistan.
The existing Congo force includes large contingents from South Africa, Uruguay and several Asian countries. Ajello said it would be desirable to have more troops able to communicate in French with inhabitants of the former Belgian colony.
"But unfortunately, I do not see any French-speaking forces that can do the work at the moment," he said.