vendredi, septembre 10, 2004

Briefing du vendredi 10 septembre 2004

1. Ruberwa présente des excuses à Kabila
  • Acculé et confondu par tous les membres du gouvernement
2. Situation au Kivu
  • Budja Mabe menace d'attaquer les troupes de Laurent Nkunda
  • Sud Kivu : trois personnes d’une même famille assassinées à Minova
  • Beni Butembo : Serufuli rappelle à l’ordre la région révolté contre RCD-Goma - Récit des évènements entre 2 et 8 septembre sur banamasina.com
3. La transition continue
  • le Sénat adopte le projet de loi sur la nationalité
  • La Cei opte pour un recensement des électeurs en Rdc: par inscription
4. Débat sur le renforcement de la MONUC
  • Okitundu: Kinshasa reprend la transition et demande un renforcement des Casques bleus
  • EU has no plans now for Congo troops - envoy
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1. Ruberwa présente des excuses à Kabila

Acculé et confondu par tous les membres du gouvernement
Kinshasa , 09.09.2004
Ruberwa a, en effet, reconnu solennellement que le mémorandum présenté par le Rcd pour exprimer ses revendications en rapport avec la marche du processus en cours, a brillé par son caractère injurieux à l’endroit aussi bien du Chef de l’Etat Joseph Kabila que celui des autres institutions de la République.
L’on peut comprendre les raisons pour lesquelles le Président de la République n’avait pas daigné prendre part à ce conseil qui a démarré depuis lundi, quasiment à huis clos à la cité de l’Union africaine. C’est que les travaux ont eu pour plancher un geyser à même d’engloutir toute la baraque, les conférenciers y compris. Il s’agit des empoignades verbales qui ont eu pour toile de fond l’examen de l’opportunité de la démarche entreprise par le Rcd au travers de son cahier des charges présenté sous forme de mémorandum à toutes les institutions de la République ainsi qu’à l’opinion publique.
Les deux premières séances du Conseil des ministres, soit celles de lundi et de mardi derniers, ont été présidées par le Vice-président de la République Arthur Z’Ahidi Ngoma. Celle de mercredi l’a été par le Vice-président Jean-Pierre Bemba.
(...) Nous pensons que le Vice-président Ruberwa n’avait vraiment pas d’autre choix s’il tenait à continuer de travailler en toute confiance avec tous les responsables de ce pays.
En réalité, et il ne pouvait pas ne pas le savoir, en insultant le chef de l’Etat de la manière que l’on sait, Ruberwa a en fait insulté toute la République. En présentant donc ses excuses au chef de l’Etat, c’est à tout le Congo en fait qu’il demande pardon. Pourvu que cela vienne du fond de son coeur. Quoi qu’il en soit, tel qu’il est parti, le Congo poursuivra son chemin même parsemé d’épines. Il n’a pas d’autre choix. Ruberwa et tous ceux qui pensent comme lui, feraient mieux de ne jamais perdre cela de vue.
(FP) | L’Observateur/Ntumba Mvemba

2. Situation au Kivu

Budja Mabe menace d'attaquer les troupes de Laurent Nkunda
BUKAVU (RDCongo), 9 sept (AFP) -
Le général Budja - qui rentrait d'une mission d'inspection des troupes à Kalehe, à environ 64 km au nord de Bukavu - accuse les hommes du général insurgé d'avoir attaqué les soldats de l'armée régulière et de faire régner la terreur parmi les populations de cette contrée située près de Minova.
Tout en affirmant respecter la trêve négociée par la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), le chef militaire du Sud-Kivu estime qu'il a l'obligation de sécuriser les populations de Minova et des environs - sa juridiction - et promet pour ce faire d'"appliquer la meilleure méthode de défense".
"Nous avons respecté la trêve parce que nous sommes de l'armée régulière mais nous pensons aussi que ceux qui nous l'ont demandée doivent poser la question à ceux qui la violent constamment", a indiqué le général Budja Mabe.

Sud Kivu : trois personnes d’une même famille assassinées à Minova
L’insécurité règne à Minova, localité située dans la province du Sud Kivu. Trois personnes d’une même famille, dont une femme enceinte, ont été assassinées mardi dernier par des militaires. Ils ont aussi emporté plusieurs biens de cette famille.
Selon les membres de famille arrivés mercredi matin à Goma, des militaires non encore identifiés se seraient au domicile des victimes vers 20 heures locales. Ils ont exigé de victimes tout l’argent de la vente de leur véhicule. Les 800 $US leur présentés par l’épouse du meunier n’auraient pas suffi pour les calmer. Moins encore les 250 $US présentés par la belle sœur. Les assassins ont abattu les trois personnes à bout portant. Ils ont emporté tous les objets de valeur de la maison. Ces assassins n’ont pas été identifiés.
Cette cité relève normalement de la 10e région militaire basée à Bukavu. Car, elle est située dans les limites administratives de la province du Sud Kivu. Mais Minova avait été investi depuis le mois de juin par les hommes du général insurgé Laurent Nkunda. Depuis l’annonce officielle de recherche pour l’arrestation de ce dernier, plusieurs témoignages affirment que Nkunda est parti de Minova, et non ses hommes.
Par ailleurs, il est signalé aussi la mort de deux militaires lundi à Bweremana, localité voisine de Minova. L’un appartenait aux troupes basées à Minova. L’autre est un ex Mai-Mai de la 8ème région militaire. Selon des sources administratives de la chefferie des Bahunde, le militaire qui venait de Minova aurait été abattu alors qu’il tirait des coups de feu apparemment sans raison, à son arrivée à Bweremana. L’infortuné Mai-Mai pour sa part aurait été mortellement blessé par une balle tirée par le militaire venu de Minova.
Source : Radio Okapi
Le Potentiel, Edition n°3221 du vendredi 10 septembre 2004

Beni Butembo : Serufuli rappelle à l’ordre la région révolté contre RCD-Goma - Récit des évènements entre 2 et 8 septembre sur banamasina.com
2 septembre 2004: Mr Serufuli convoque les autorités administratives des territoires de Beni et de Lubero pour une réunion d'évaluation à Kanyabayonga
Les autorités administratives, politiques et militaires des territoires de Lubero et de Beni avaient suspendu toute dépendance de Goma le 28 août dernier à la suite de la déclaration d'Azarias Ruberwa demandant l'arrêt du processus de transition. D'après certaines de ces autorités contactées à Beni et à Butembo, aucune décision n'a encore été prise concernant leur participation à cette réunion.
2 septembre 2004: Le Major Akulema de Butembo suspendu de ses fonctions de commandant de la ville de Butembo.
Le Major Akulema(Kakule) qui a su jusqu'à présent faire régner la sécurité à Butembo et dans ses environs, vient d'être frapper par une mesure de suspension par son chef hiérarchique de Beni pour avoir mis au cachot un magistrat en mission à l'aéroport de Rughenda. La population de Butembo qui ne jure que par Major Akulema, symbole de leur sécurité et de l'intégrité territoriale de la RDC ne comprend pas cette suspension et demande que le Major Akulema soit retabli sans conditions dans ses fonctions. Deux jours seulement après sa suspension, on a signalé à Butembo deux assassinats ignobles de deux jeunes garçons à Muchanga et à Kimbulu dans la nuit du mardi à mercredi.
Vendredi 3 septembre 2004: Le gouverneur Serufuli attendu demain à Butembo
Face au refus des autorités administratives de Beni et de Lubero de rencontrer le Gouverneur Serufuli à Kanyabayonga, Serufuli lui-meme a décidé de faire le déplacement de Butembo. Au lieu d'aller à Kanyabayonga, les autorités administratives de deux territoires se sont réunis à Beni aujourd'hui.
Lundi 6 septembre 2004: Serufuli retarde sa visite à Butembo
La visite du Gouverneur Serufuli à Butembo n'a pas eu lieu comme prévu hier samedi. Aucune raison n'a été avancé pour ce report. D'après la Radio Butembo, la visite a été renvoyée à mercredi prochain. Pendant ce temps à Goma, on ne sait pas qui est responsable des assassinats quotidiens des paisibles congolais. Les rwandophones au pouvoir au Nord-Kivu voudraient que les auteurs furent les Interehamwe pour justifier la très recherchée intervention militaire du Rwanda et du Burundi au Congo après l'échec du scénario de Gatumba. Les congolais par contre affirment avoir des preuves que les auteurs de massacres et de l'insécurité à Goma et ailleurs dans le Nord-Kivu sont les éléments rwandophones de la coalition RCD-Goma-Rwanda-Burundi, laquelle coalition voudrait "coloniser" le Kivu. Les populations de l'Est se demandent pourquoi Kinshasa reste muet sur la situation explosive du Nord-Kivu…
Mardi 7 septembre 2004: Serufuli arrive à Beni
Le Gouverneur du Nord-Kivu qui était attendu à Butembo d'après un communiqué de sa part, a fait la surprise en atterissant plutôt à Beni ce matin.Dans son mot de circonstance, il a declaré la fin de la guerre et a fait appel à l'entente entre les différentes tribus du Nord-Kivu. Demain il se rendra à Butembo pour seulement une visite éclair. Dans son allocution de Beni, le Gouverneur n'a pas fait allusion à l'insécurité qui sévit à Goma ni au processus de la transition en R.D.Congo qui doit aboutir à des élections démocratiques. Il n'a pas non plus fait allusion à la réunification du pays sur tous les plans. Il a parlé comme un Président d'une entité autonome aux prises avec des conflits ethniques. Or dans le territoire de Beni comme celui de Lubero, il n'y a pas des conflits ethniques.
Mercredi 8 septembre 2004: Enfin Serufuli arrive à Butembo
Le Gouverneur Serufuli est arrivé finalement ce matin à 11h heure locale en provenance de Beni où il est arrivé hier.Il était à bord d'un hélicoptère militaire de la Monuc. Après son mot de circonstance à l'aéroport de Rughenda, le Gouverneur et sa suite se sont dirigés à l'auberge de Butembo pour un entretien en huis clos avec les autorités politiques et administratives du territoire de Lubero ainsi que les opérateurs économiques de la place.Le compte rendu de ce huis clos tant attendu sera rendu public demain. Mais le message de l'aéroport était le même que celui delivré à Beni avec son appel à l'unité entre les tribus du Kivu.

3. La transition continue

le Sénat adopte le projet de loi sur la nationalité
Au moment du vote, sur 78 participants, 71 ont voté pour, 1 contre et 6 se sont abstenus. Le projet de loi a été ainsi adopté. Emile Ilunga président de la séance plénière et vice-président du sénat a fait savoir qu'après ce vote, il reste la création de la commission paritaire mixte Sénat - Assemblée nationale pour harmoniser le texte en termes identiques.
Aux termes du présent projet de loi, tous les groupes ethniques et nationalités et le territoire qui constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République démocratique du Congo) à l'indépendance doivent bénéficier de l'égalité des droits et de la protection en tant que citoyens.
L’Avenir, 9 septembre 2004, Par Octave M. Luamuele

La Cei opte pour un recensement des électeurs en Rdc: par inscription
l’abbé Apollinaire Malu Malu au cours d’un point de presse qu’il a animé au siège de la commission, hier jeudi 9 septembre 2004:
Quatre solutions envisagées
- Premièrement, il a été question de projections démographiques sur base du recensement scientifique de 1984 : Option rejetée car sujette à des conflits d’interprétation énormes et étant donné le déplacement massif des populations durant les guerres. Deuxièmement, le recensement administratif améliorée, option retenue par l’ancienne Commission nationale des élections, mais rejetée car le contexte a fortement changé. Les guerres ont sérieusement perturbé l’administration territoriale congolaise et la logique des composantes et entités fait que le recensement administratif porte les germes de la contestation par les partis autres que les anciens belligérants. Troisièmement, le recensement général des populations : option rejetée.
Les inconvénients, sont le temps de collecte et de dépouillement très long (minimum 2 ans); les coûts très élevés; les compilations ultérieures; les méthodes et résultats non électoraux et parfois incompatibles avec les objectifs des élections ; la manipulation politique possible.
L’ option retenue, c’est le recensement des électeurs. Selon lui, les avantages sont entre autres le dénombrement réservé aux nationaux en droit de voter (l 8 ans et plus) ; la création des centres d’inscription accessibles; le temps de collecte et de traitement de données réduit (6 mois, y compris la préparation); la fiabilité de la liste électorale; l’établissement d’un fichier électoral pour le long terme; et les coûts de réalisation relativement réduits.
W.T.
Le Potentiel, Edition n°3221 du vendredi 10 septembre 2004

4. Débat sur le renforcement de la MONUC

Okitundu: Kinshasa demande un renforcement des Casques bleus
PARIS, 8 sept (AFP) - L'ambassadeur itinérant de la République démocratique du Congo Léonard She Okitundu demande le renforcement du nombre et du mandat des Casques bleus en RDC.
Q. Pensez-vous que la demande de la France au Conseil de sécurité d'un doublement du nombre des Casques bleus dans votre pays va être entendue ?
R. Cette demande de Paris est la bienvenue car leur nombre est trop faible par rapport à l'étendue de notre pays. Dans un petit pays comme la Sierra Leone, on a envoyé 25.0000 hommes et, chez nous, seulement 10.000. Leur renforcement est indispensable. Mais la France ne doit pas s'arrêter là. Elle doit initier la requalification du mandat de la Monuc pour que la mission des Nations unies (en RDC) ait un rôle actif lui donnant la possibilité de réprimer et d'assurer le désarmement de tous les groupes armés qui opèrent chez nous. Même si les Interhamwes et les anciens soldats rwandais (ex-FAR) ont une dangerosité à relativiser car ils ne disposent pas de moyens suffisants pour mener une opération décisive depuis notre territoire contre le Rwanda. Il faudrait que nos forces mettent en place des brigades spéciales pour les traquer, montrer que nous sommes sans complaisance pour les génocidaires et ne laisser aucun prétexte au Rwanda. Il leur faut une formation, nous avons besoin de la communauté internationale

Aldo Ajello: EU has no plans now for Congo troops
BRUSSELS, Sept 9 (Reuters) - "We can provide support, in intelligence for example," said EU Special Representative Aldo Ajello. "Above that, there are no further plans. But we can always discuss it," added Ajello, back from a visit to the African Great Lakes region.
France introduced a draft resolution to the U.N. Security Council on Tuesday that would deploy some 1,600 to 1,700 soldiers, probably from Pakistan and India. It is expected to be approved this week.
Paris has also led calls for the overall presence to doubled to around 24,000, making it the largest existing U.N. mission. But it is uncertain whether the United States, which pays more than a quarter of the cost, would support such a high number.
Armies of many EU countries are seen as stretched by existing commitments.
Britain and Italy are part of the U.S.-led multinational force in Iraq as well as NATO operations in the Balkans and Afghanistan, while France is heavily involved in operations in Afghanistan, Ivory Coast, Haiti and Kosovo. Germany is committed in both Kosovo and Afghanistan.
The existing Congo force includes large contingents from South Africa, Uruguay and several Asian countries. Ajello said it would be desirable to have more troops able to communicate in French with inhabitants of the former Belgian colony.
"But unfortunately, I do not see any French-speaking forces that can do the work at the moment," he said.

jeudi, septembre 09, 2004

Gatumba: un rapport accablant contre l’armée burundaise

Vu l'importance de ce rapport, nous avons aujourd'hui fait une analyse de ce rapport au lieu d'un briefing.

Leonard Kasimba

mercredi, septembre 08, 2004

Briefing du mercredi 8 septembre 2004

1. Gatumba

  • Le rapport de HRW contredit le rapport préliminaire des Nations unies présenté au Conseil de sécurité vendredi
2. Vers la déstabilisation au Burundi?
  • Journal Burundais lance des accusations graves contre le Rwanda: rumeurs ou faits ?
3. Confusion au conseil de sécurité sur la Monuc et contradictions entre USA et France
  • Monuc: nouveau projet de résolution français pour un renfort d'urgence
  • France wants immediate UN reinforcement in Congo
4. CPI enquête contre Bemba oui, mais pas de procès en vue
  • Cour pénale internationale : “si les accusés sont arrêtés” un premier procès pourrait commencer au début de 2005.
5. Affaire Alamba, procureur dans le provès des assassins de Kabila, aujourd’hui accusé d’assassinat lui-même
  • Colonel Alamba faussement impliqué dans l’assassinat de Stève Nyembo?
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Le texte intégral du rapport de HRW sur Gatumba peut être obtenu en cliquant içi.
Le document dédouane les Mai mai et le gouvernement congolais. Mais les faits précis qui sont décrit posent encore beaucoup plus de questions sérieuses entre autres sur le rôle des militaires burundais, et d’un agent de renseignements du RCD, présent dans le camp.
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1. Gatumba

Le rapport de HRW contredit le rapport préliminaire des Nations unies présenté au Conseil de sécurité vendredi
Les rebelles burundais "responsables" du massacre de Gatumba, selon HRW
PARIS, 7 sept (AFP) - L'organisation non-gouvernementale Human Rights Watch (HRW) : "C'est un mouvement rebelle burundais (les FNL) qui est responsable du massacre de plus de 150 civils dans un camp de réfugiés au Burundi (...) et non une coalition de forces hutus et de combattants Maï-Maï comme cela a été suggéré", estime HRW dans son rapport de 55 pages intitulé "Le massacre de Gatumba: crimes de guerre et agendas politiques".
Le 26 août, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, avait déjà estimé que le massacre était peut-être été l'oeuvre de groupes armés congolais et rwandais.

2. Vers la déstabilisation au Burundi?

Journal Burundais lance des accusations graves contre le Rwanda: rumeurs ou faits ?
http://www.umuco.com/ le lundi 6 septembre 2004.
Une vaste opération de déstabilisation en provenance d’un pays voisin viserait à perturber le Burundi dans les prochains jours, apprend ce lundi 06 septembre 2004 umuco.com de sources dignes de foi. L’opération du nom de code "umukubuzo" ou "balai" viserait l’assassinat de certains des dirigeants du Burundi dits "les gros poissons." Ceux-là, ce sont les hutus dignitaires du régime en place issus du Parti Frodebu mais également certains tutsis alliés à la cause hutue ou assimilés tels qu’Alphonse Rugambarara et bien d’autres, nous rapporte cette source. Cette série d’assassinats viserait également les responsables du CNDD de Pierre Nkurunziza.
Selon cette source qui a requis l’anonymat total, il s’agirait en réalité d’une nouvelle forme de rébellion. Toujours selon la même source, une équipe technique serait descendue sur Bujumbura depuis bientôt trois mois en provenance de ce pays voisin. L’opération "umukubuzo" chercherait à imposer le partage équitable du pouvoir (50-50), en sabotant le processus électoral.
Beaucoup de moyens auraient été déployés pour la réussite de cette opération. Des armes de gros calibres, des tireurs d’élite, des véhicules, de l’argent pour corrompre plus de gens... En bref, l’opération "umukubuzo" serait une très grande opération qui devrait créer la panique à Bujumbura et dans tout le pays. Elle devrait par conséquent remettre en cause tout le processus de paix.
Cette information arrive au moment où le processus de paix burundais est en panne. Les partis du G10 ont boycotté le conseil des ministres extraordinaire des 3 et 4 septembre 2004 et la tension politique est remontée dans la capitale. AAN

3. Confusion au conseil de sécurité sur la monuc et contradictions entre USA et France

Monuc: nouveau projet de résolution français pour un renfort d'urgence
NEW YORK (Nations Unies), 7 sept (AFP) - La France a présenté mardi au Conseil de sécurité des Nations unies un nouveau projet de résolution visant à renforcer d'urgence les effectifs et les moyens de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc).
Ce texte très court vise à autoriser la mise très rapide à la disposition de la Monuc de deux bataillons, soit environ 1.600 hommes, et de quatre hélicoptères d'attaque supplémentaires.
Ce projet de résolution, a-t-on indiqué de source française, est distinct et vient même précéder, dans la chronologie des consultations du Conseil, le projet également déposé par la France vendredi dernier, qui visait à faire passer de 10.500 à 23.900 hommes les effectifs de la Monuc et à élargir son mandat.

France wants immediate UN reinforcement in Congo
07 Sep 2004 21:49:34 GMT, By Evelyn Leopold
UNITED NATIONS, Sept 7 (Reuters) - France introduced a Security Council resolution on Tuesday that would reinforce two U.N. battalions in the Congo immediately before members debate a plan to more than double the number of peacekeepers.
The draft resolution, expected to be approved this week, would add between 300 and 400 soldiers, probably from Pakistan and India, to existing U.N. forces in the capital Kinshasa as well as the volatile Kivu region in the East.
(...) But there was no date set yet for another, six-page, resolution from France, circulated on Friday, that would expand the number of peacekeepers in the Democratic Republic of the Congo from 10,800 troops to nearly 24,000, the largest and most expensive existing U.N. mission.
It is uncertain whether the United States, which pays more than 25 percent of the cost, would support such a high number, recommended by Annan in a detailed plan last month to shore up security in the turbulent central African country.

4. CPI enquête contre Bemba oui, mais pas de procès en vue

Cour pénale internationale : “si les accusés sont arrêtés” un premier procès pourrait commencer au début de 2005.
LE MONDE | 07.09.04 | 12h41
Les représentants des 94 Etats parties au traité de Rome sur la Cour pénale internationale (CPI) sont réunis à La Haye, depuis lundi 6 septembre, pour leur troisième assemblée annuelle. La juridiction internationale doit convaincre ces diplomates de lui accorder un budget de 70 millions d'euros pour l'année 2005.
(...)
Depuis son entrée en fonctions, en juin 2003, le procureur a ouvert deux enquêtes et, avec quelques tâtonnements, dessiné une stratégie encore fragile. "Si les accusés sont arrêtés, nous prévoyons de commencer un premier procès au début de 2005", a promis Luis Moreno Ocampo. Mais "nous n'avons ni police, ni armée, et on attend de nous que nous accomplissions notre mission de façon rapide, économique et exemplaire", a-t-il lancé à l'assemblée.
Les deux affaires en cours portent sur les crimes commis dans le nord de l'Ouganda et ceux perpétrés en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre). (...). Mais, à ce jour, Kinshasa tarde à signer un accord formel de coopération avec le parquet.
Luis Moreno Ocampo compte "cibler ceux qui portent la plus grande responsabilité pour les crimes commis actuellement en RDC". Parmi ces cibles supposées pourrait se trouver Jean-Pierre Bemba, qui est aussi l'un des vice-présidents de l'actuel gouvernement de transition. "Le mouvement qu'il dirige est associé, dans l'opinion publique, à des faits de cannibalisme commis dans le pays et M. Bemba pouvait difficilement s'opposer à la décision du procureur d'ouvrir une enquête sans ternir plus encore son image", estime un observateur. Mais sa participation au processus de paix en cours rend la tâche du procureur plus ardue. (...)
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Un tribunal combattu par les Etats-Unis et soutenu par plus de 2 000 ONG

Le traité sur le statut de la Cour pénale internationale (CPI) a été adopté en juillet 1998 à Rome. Elle est compétente pour juger les personnes responsables de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis depuis le 1er juillet 2002, date de l'entrée en vigueur du traité fondateur.
94 Etats ont ratifié le traité à ce jour. Ils sont les seuls à pouvoir intervenir dans les débats de l'assemblée et voter des résolutions.
Plusieurs Etats s'opposent à la juridiction de la Cour, parmi lesquels, au premier rang, les Etats-Unis. Washington craint une "utilisation politique de la Cour"et refuse qu'un de ses ressortissants puisse faire l'objet de poursuites. Par ses pressions, elle a obtenu de 80 pays – dont plusieurs sont partie au statut de la Cour – la signature d'un accord bilatéral excluant le transfert d'un citoyen américain vers la CPI.
Budget.
Le budget prévisionnel de la Cour s'élève à 70 millions d'euros pour l'année 2005. En 2004, la Cour avait obtenu un budget de 56 millions. Plus de 300 personnes y travaillent.

5. Affaire Alamba, procureur dans le provès des assassins de Kabila, aujourd’hui accusé d’assassinat lui-même

Colonel Alamba faussement impliqué dans l’assassinat de Stève Nyembo?
Kinshasa , 07.09.2004
Hier lundi 6 septembre, l’audience du procès qui oppose le ministère public aux présumés assassins de Steve Nyembo Mutamba de la Direction générale des impôts (Dgi) à la Haute cours militaire a été consacrée à la première partie de la plaidoirie du colonel Charles Alamba Mungako, assumée par Me Satumin Ntamirira.
Me Ntamirira a avancé que le dossier était déjà au parquet militaire depuis le 14 octobre 2003. Or, l’auditeur général n’a été saisi que le 27 octobre. Ensuite, il s’est étonné de la présence des inspecteurs de police judiciaire de la Demiap et de l’Ipk au parquet, du moment que l’auditorat général en possède. Et il en a conclu que c’était à dessein pour pérenniser la torture commencée à la Police et ainsi conditionner les prévenus qui seraient tentés de se rétracter sur l’inculpation du colonel Alamba Mungako dans cette sale affaire. Et il en déduit: « Il y a eu déficience à l’enquête préliminaire et à l’enquête pré-juridictionnelle. Quel crédit accorder à ces procès verbaux?
Dans ses démonstrations, Me Ntamarira a relevé que le ministère public qui était déjà dessaisi du dossier, a continué à poser des actes et à faire travailler les Opj, bien que sachant que la Haute cours était déjà saisie. Pour lui donc, tout n’était que mythomanie, d’autant plus que cette affaire n’a pas connu d’instruction pré-juridictionnelle; le parquet militaire s’étant contenté des procès verbaux établis par les enquêteurs de la police. Et il fait observer à la Haute cour que le ministère public s’étant basé sur des aveux obtenus par la torture, on pourrait donc comprendre les rétractations observées à l’instruction pré-juridicitionnelle et devant l’auguste cour.
Dans sa longue plaidoirie, Me Satumin Ntamirira s’est dit convaincu qu’en ce qui concerne l’ancien procurer Alamba, il s’agit simplement d’un montage car Emile Kaseke a affirmé qu’il a continue à dire « oui » pour éviter des nouvelles séances de tortures.
dans le procès-verbal du 18 octobre 2003, Emile Kaseke dit qu’il s’en tient à sa déclaration du 14; et il fustige le comportement du général Nyembo ya Buzihu à la Demiap.
L’avocat du colonel Alamba est d’avis qu’entre son client et feu Steve Nyembo, il n’y a jamais eu de conflit sentimental et encore moins de conflit professionnel..
LA VOITURE DU CRIME
Me Satumin Ntamirira reste catégorique: ce n’est pas la Mercedes 300E de couleur grise, ayant appartenu jadis à Leta Mangasa et utilisée par Charles Alanta, qui a servi au cours de cette nuit du 28 au 29 septembre 2003 pour le transport des criminels. Il a donc établi que les incohérences les plus invraisemblables émaillent ce procès.
En conclusion, Me Ntamirira soutient qu’il y a eu discordance sur l’origine de la voiture. Car tantôt, le ministère public dit que le colonel Alamba a remis la voiture à son chauffeur Mukiefu à partir de l’auditorat, tantôt l’organe de la loi soutient que c’était à la résidence. « Quoi qu’il en soit, cette voiture-ci n’est pas celle qui avait opéré », a juré le conseil du colonel Alantha qui a taxé la déclaration du ministère public d’affirmations gratuites, d’autant plus que le propriétaire décrit, par Désiré Nsinga répond plutôt aux traits de feu Nono Masimango
Toto | MMC/Potentiel

mardi, septembre 07, 2004

Briefing du mardi 7 septembre

0. transition
  • Le Conseil supérieur de la défense s’ést réuni pour la première fois samedi dernier
1. ballet diplomatique et prise de positions sur fonds de discussion qui traine sur le renforcement de la Monuc
  • Débat sur l’augmentation des troupes de la Monuc continue
  • "L'Europe doit être plus présente en RDC"
  • Réchauffement de l’axe Kinshasa - Libreville
2. Les américains se battent en retrait
  • Ambassadeur américain saufe la peau de Ruberwa parcequ’il a “ramené les huits députés de Goma”
  • Le gouvernement américain accorde 108 millions de dollars à la RDC
3. Les mobutistes
  • Nzanga Mobutu : « le Mpr, doit organiser un congrès qui ne sera pas un congrès-sanction mais plutôt le congrès de la réunification»
  • Jean-Pierre Bemba indésirable à Bruxelles
4. Nkunda, piètre menteur
  • Interview with rebel general Laurent Nkunda
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0. transition

Le Conseil supérieur de la défense s’ést réuni pour la première fois samedi dernier
Le potentiel, Edition n°3218 du mardi 07 septembre 2004

1. ballet diplomatique et prise de positions sur fonds de discussion qui traine sur le renforcement de la Monuc

Débat sur l’augmentation des troupes de la Monuc continue
Paris a depots un projet de résolution qui suggère de augmenter la force de la Monuc de 10.800 au 24.000. cela deviendra alors la plus grande et plus cher force de la paix de l’Onu. Selon l’agence reuters il n’est pas sûr que les Etats-Unis, qui financent la mission de la Monuc pour 25%, appuient cette proposition. Le cout de l’opération augmenterait avec 160 million de dollars par an. Le budget globale serait de 746 million $.
Traduit du standaard, du 6 septembre

La Dernière Heure, 06/09/2004
"L'Europe doit être plus présente en RDC"
"Des décisions fondamentales s'imposent", a affirmé M. De Gucht en marge de la réunion informelle des chefs de la diplomatie de l'Union européenne qui se terminait samedi à Valkenburg (Pays-Bas).
Les services du haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, ont pour leur part promis de préparer d'ici au 13 septembre un document sur la participation de l'Union à la Mission des Nations unies en RDC (Monuc).
(...) La Belgique n'exclut pas que l'UE prenne, si nécessaire, une initiative séparée afin de donner plus de "punch" à la Monuc, à laquelle elle ne contribue actuellement qu'avec cinq officiers.

Réchauffement de l’axe Kinshasa - Libreville
Kinshasa , 06.09.2004
Kabila a effectué une visite éclair dimanche 5 septembre 2004 à Libreville. Le président s’est entretenu sur place avec son homologue gabonais Omar Bongo Odimba. (...)
La visite du chef de l’Etat congolais à Libreville valait bien son pesant d’or. Le Gabon assure pour une année, la présidence de l’Assemblée générale des Nations Unies. (...)
D’autre part, des sources diplomatiques, l’on apprend que le Gabon soutient l’idée du secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan qui souhaite que le nombre des casques bleus en Rdc soit plus que doublé et porté à 23.900 militaires contre 10.500 actuellement.
(...)Joseph Kabila « Les élections auront lieu effectivement en juin 2005. Le gouvernement de transition travaille dans le sens de la tenue de ces élections dans le délai imparti ».
Conférence sur les Grands-Lacs
(...) « Nous regrettons ce qui se passe là-bas à l’Est du Congo. Les auteurs de ces actes, s’ils sont vraiment des Congolais doivent avoir honte », a déclaré le président Bongo avant de conclure: « Mais en tout état de cause, il faut aller doucement. Il faut faire preuve de patience. Et je crois que chacun comprendra où se trouvent les intérêts de la République démocratique du Congo ».
La Rdc au centre des entretiens entre Sassou Nguesso et Obansanjo
Le présidents Denis Sassou Nguesso du Congo/Brazzaville et Olusegun Obasanjo du Nigeria se sont entretenus samedi 4 septembre à Brazzaville. Le chef de l’Etat de la République démocratique du Congo, le général-major Joseph Kabila y a été représenté par le ministre Raymond Ramazani Baya des Affaires étrangères. (...)
Profitant de cette occasion, les deux chefs d’Etat présents et le ministre Ramazani Baya ont exhorté la classe politique congolaise et les Congolais à soutenir ce processus.
(Th) | L’Observateur/L-R Mbala Bemba/D.Munsala. Buakasa

2. Les américains se battent en retrait

Ambassadeur américain saufe la peau de Ruberwa parcequ’il a “ramené les huits députés de Goma”
Kinshasa , 04.09.2004
La réunion du collège des fondateurs du Rcd tenue le mercredi 01 septembre, a été de tous les dangers. (...) une somme importante en dollars américains de l’ordre de 1,5 millions aurait été également mis en jeu pour obtenir la tête d’Azarias Ruberwa et son départ de la vice-présidence de la République chargée de la commission politique, défense et sécurité.
Informé du plan de ce coup d’Etat de palais au sein du Rcd, le président national du Rcd-Kml, Mbusa Nyamwisi se serait impliqué pour jouer la médiation ultime entre les deux tendances du Rcd, (...)
(...) La déclaration des « loyalistes » était fin prêt où une motion de méfiance allait être votée à l’unanimité par les membres du collège des fondateurs et des cadres du Rcd. La transition aurait connu alors ses dernières heures d’agonie.
Les services secrets américains auraient alerté l’Ambassadeur américain, Meecce de l’implosion qui guettait le Rcd avec la formation de deux tendances aux positions diamétralement opposées.
Ruberwa a été obligé d’interrompre ses multiples réunions pour recevoir l’Ambassadeur des Etats-Unis en poste à Kinshasa porteur d’un message express du gouvernement américain.
Les deux personnalités se sont entretenues longuement.
Le diplomate américain aurait persuadé et conseillé le président national du Rcd à tenir la réunion à sa résidence. Il aurait convaincu la majorité des membres fondateurs du Rcd restés à Kinshasa d’obtempérer à leurs revendications et de reconsidérer leur plan de déchéance de leur président du Rcd.
L’effort de Ruberwa de ramener le groupe de huit députés dissidents du Rcd entrés presque en rébellion contre la politique de leur président national a été l’élément déterminant qui aurait poussé l’ambassadeur américain à apporter un soutien politique sans équivoque au vice-président de la République, Me Azarias Ruberwa.
(Jdn) | Le Révélateur/Jean-Busuku

Le gouvernement américain accorde 108 millions de dollars à la RDC
KINSHASA, 6 sept (AFP) - L'Agence américaine pour le développement international (USAID) a annoncé lundi avoir accordé une assistance d'une valeur de 108 millions de dollars au gouvernement de transition de RDC pour son programme de développement.
"Cette assistance permettra au gouvernement de soutenir des projets dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la démocratie, de développement rural", a précisé le directeur exécutif de l'USAID, Andrew Natsios.
L'aide de l'USAID permettra en outre la réalisation du programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des groupes armés, a encore ajouté M. Natsios, soutenant que ce processus "constitue un pas important dans la voie du rétablissement de la sécurité".
(...) Il a demandé aux dirigeants de la région de régler leurs différends par des voies diplomatiques, estimant que "l'instabilité dans la sous-région ne profite à personne".
L'USAID exécute plusieurs projets à caractère humanitaire dans la partie orientale de la RDC, la plus touchée par des guerres qui ont secoué le pays depuis 1996.

3. Les mobutistes: les uns se préparent aux élections, les autres sont déjà perdants

Nzanga Mobutu : « le Mpr, doit organiser un congrès qui ne sera pas un congrès-sanction mais plutôt le congrès de la réunification»
Sur Mobutu Sese Seko: “ Ce fut un père de famille, un chef politique et surtout un grand chef d’Etat.”
“La question du rapatriement de la dépouille du Maréchal Mobutu est un fait acquis et c’est pourquoi nous souhaitons que la transition aille jusqu’à son terme et que les élections se tiennent dans les délais. Ainsi, le premier gouvernement de la 3ème République et la famille Mobutu seront en mesure de mettre en place le programme du rapatriement.”
“Je me sens parfaitement à l’aise de militer au sein du Mpr et je suis également conscient du bilan mitigé de notre parti qui a dirigé le pays durant vingt-trois ans en tant que parti unique. Mais c’est également notre devoir de souligner les acquis du Maréchal Mobutu : l’unité nationale, le combat pour la paix, la stabilité et enfin l’intégrité territoriale. Au plan des réalisations nous sommes fiers de la construction du barrage d’Inga et du pont Maréchal Mobutu à Matadi. Je souhaite que le Mpr puisse apporter des transformations notables au niveau de ses structures internes afin de devenir le grand parti moderne auquel nous aspirons.”
“ notre parti doit organiser un congrès qui ne sera pas un congrès-sanction mais plutôt le congrès de la réunification. Ce sera également l’occasion de définir les principaux axes pour les échéances électorales.
Le congrès départagera notamment les différentes candidatures qui se présenteront face aux militants. “

Jean-Pierre Bemba indésirable à Bruxelles
Kinshasa , 06.09.2004
Monsieur Jean-Pierre Bemba Gombo, vice-Président de la République Démocratique du Congo, en charge de la commission économico- financière n’ira pas en Belgique.
En effet, M. Louis Michel, avait décidé d’inviter officiellement en Belgique tous les ténors de l’espace présidentiel. Après la visite quasi triomphale du chef de l’Etat
Joseph Kabila, l’autre personnalité invitée fut Jean-Pierre Bemba. Cette invitation officielle garantissait au vice-Président congolais, outre la jouissance des immunités et privilèges dus à son rang, un accueil digne de ce nom à Zaventem, et une escorte de la garde royale.
Mais Louis Michel fut remplacé par Karel De Gucht. Et que ce dernier voyait les choses autrement. Il a ainsi jugé, sans pour autant annuler le voyage de JP Bemba en Belgique, lui retirer tout son caractère officiel. (...) La forte délégation du MLC réunie comme par hasard sur place à Bruxelles, et comprenant les « poids lourds » du Parti, tels qu’Alexis Tambwe, Endundo Bononge, Olivier Kamitatu, Antoine Ghonda (réconcilié pour la circonstance avec le patron du MLC) ont dû abrégé bien malgré eux leur séjour dans la capitale de l’Europe et embarque pour certains d’entr’eux, tôt hier matin dans un régulier de Hewa Bora en route pour Kinshasa. Entre-temps, les militants qui avaient déployé banderoles et préparé moult chansons folkloriques en ont été quitte pour une visite à l’aéroport de Bruxelles Zaventem. La petite sauterie prévue, et pour laquelle un montant de près de 20.000 Euros avaient été réunies (sur cotisation des militants nous a-t-on assuré). Elle a été renvoyé sine die. (...)
L’ituri encore...
l’actuel patron de la diplomatie belge très proche des organismes des droits de l’homme, ne verrait pas d’un très bon oeil que des personnes déjà citées dans des dossiers traitants des violations des droits de l’homme soient traitées avec autant d’égards. Pour la petite histoire, on se souviendra que les dossiers de l’Ituri figure au menu de la Cour Pénale Internationale.
Outre le dossier de la CPI, le patron du MLC en tant qu’individu a encore maillé à partir avec la justice belge, pour une histoire d’esclavagisme moderne, affaire dans laquelle, il a été déjà condamné par défaut. Ces avocats ayant formé opposition, l’affaire sera sûrement rejugé d’ici quelque temps.
Certes, au moment où nous écrivons ces lignes, JP Bemba ne risque rien en se présentant en Belgique, où il peut se rendre n’importe quand. Car détenant un passeport diplomatique et n’étant pas encore sous coup d’une inculpation par le Procureur près la Cour pénale internationale pour l’affaire des pygmées de l’Ituri. Tandis que pour l’affaire devant la justice beige, celle-ci devant être rejugé ultérieurement. Mais pour combien de temps? Cette visite a ratée en Belgique n’est peut être qu’un signe avant coureur.
(TH) | Uhuru/Colette Tshomba

4. Nkunda, piètre menteur

Interview with rebel general Laurent Nkunda
GOMA, 2 Sep 2004 (IRIN) – (...)
“ When I went to Bukavu, I went to stop the first stage of a planned genocide. It started in Bukavu and it was completed in Burundi. They cannot condemn me because what happened in Burundi [the killing of 160 Congolese Tutsi on 13 August] proves me right. The same people we fought in Bukavu are the very ones who committed those atrocities in Burundi. We now have to look at means of ending this situation. My role in Bukavu was purely a humanitarian one, to protect innocent civilians who were being hunted down.”
Q: Why did you refuse to go to Kinshasa to be sworn in?
A: There were numerous loopholes in the [April 2003] Sun City [South Africa] agreement [under which the transitional government was set up]; especially as far as integrating the army is concerned.
When one is integrating soldiers who were belligerent there must be that aspect of building confidence reflected in clearly defined guidelines. When I asked for this, they referred to me as an indisciplined but I still stood by my principles because of my experience in the army. I could not join an institution that could not go far.
Q: You have also been accused of war crimes, especially in Kisangani [the capital of the northeastern Orientale Province]. Is this why you declined to join the army because you feared you could be prosecuted?
A: I have nothing to do with Kisangani situation. I was under the command of the (RCD-Goma) and the first people to be asked about such incidences are Azarias Ruberwa,Sylvain Buki [chief of staff of the land forces] and not me. I was under a command of a top officer and so I should not mention anything on this issue. Let my superiors answer that.
Q: But did you kill innocent civilians?
A: It's not even me who conducted this war. I was in Kisangani under a commander, and I know we did not kill civilians. But certainly there were civilians who were killed in the crossfire.
(...)
Q: Was your leaving the 8th Military Region, which is based in Goma, to invade Bukavu in the 10th military region not an act of indiscipline? Was this not a mistake on your part?
A: It was not a mistake because I invaded killers who were killing innocent civilians. It is my responsibility to protect people when they are targeted [for killing]. It was my responsibility as a general to intervene because Kinshasa could not come to protect them as it [the Kinshasa government] was siding with the killers. But I am still ready to receive a team of investigators to give them information regarding circumstances that led me to Bukavu.
Q: After the killing of the refugees at Gatumba camp in Burundi, you vowed to resume fighting. Do you still stand by your statement?
A: Yes, so far. If the government shows that it cannot protect us, we are going to assume that responsibility ourselves. We cannot accept to be killed like animals, even in national parks animals are protected. That’s why I am now asking my government to carry out an investigation and punish those responsible. Failure to do this will show that the government is interested in the continuation of ethnic cleansing. If the international community does not intervene then we will take up arms and defend ourselves.
Q: Have you issued an ultimatum regarding when you want the investigations to be completed?
A: I have not issued an ultimatum. I am giving them time. And I have come here [Goma] to meet Vice-President Ruberwa because he also said he was going to suspend his participation in the transitional process. We are still watching the situation but certainly we should not be taken for a ride.
Q: President Joseph Kabila wants you arrested and prosecuted while Ruberwa has been pushing for you to attend a military course in a foreign country. What do you think of these suggestions?
A: All two are not in my interest. The suggestion that I should go for a military course in a foreign country looks more like relegation. It is an excuse to throw me out of the country so that government forces [could] continue with their acts. It is not good for me to go leave my people being hacked to death on a daily basis. This is a problem with the peace process; government has taken a wrong path.
Q: What do you mean by this?
A: The peace process was not implemented like it was signed. The memorandum on the army and security was not discussed. That should have been the first thing to do before a government was formed in Kinshasa. We want them [the political leadership] to go back and discuss this memo on security and army integration; this is the only way the current problem can be solved. Failure to do this would mean continued war.
Q: Where are yours troops drawn from?
A: I mobilise the troops from the existing ones here. I was a divisional commander for North Kivu, a brigade commander in Kisangani and Kasai in RCD. These forces know me very well and when I mobilise, they certainly join. They see the problem like the one that was in Bukavu as being their problem also, because most are "Rwandaphone".
Q: So you use forces from the 8th military region?
A: Yes, and some from the 10th Military Region, I took a brigade from there.