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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Joseph Kabila fait les dernières mises au point sur la situation générale du pays, dans une interview exclusive à la presse présidentielle

La Presse présidentielle, Lubumbashi , 14.10.2002

A partir de Lubumbashi où il est en séjour de travail depuis son retour, il y a près d'une semaine, de Dar-es-Salaam en Tanzanie où il avait participé au dernier sommet sur le Burundi, le Chef de l'Etat, le Général-Major Joseph Kabila, a accordé le vendredi 11 octobre une interview exclusive à la Presse présidentielle.

Merci encore une fois, M. le Président, de vous interroger. Pour vous interroger, j'ai à ma droite M. Ngwej Katot, Séverin Bamani, Jeanot Lusenge, et bien sûr moi-même. La coordination de cet entretien sera assurée par M. Lambert Kaboyi, directeur de la presse présidentielle.

Cela dit, Monsieur le président, ces derniers temps, on vous a vu entre deux avions. Qu'est-ce qui vous fait courir et pourquoi?
Joseph Kabila (J.K.):
Si on peut faire allusion à ces deux voyage que je viens d'effectuer, à commencer par celui des Etats-Unis, c'était à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies et le Congo devait être représente par moi-même; et ensuite, il y a eu réunions au niveau du Conseil de sécurité, là où le Congo et le Rwanda; et je crois bien l'Afrique du Sud devaient parler de l'Accord de Pretoria. Et la réunion avec le président Bush, le président Mbeki et le président Kagame était aussi à l'ordre du jour. C'était là le voyage aux Etats-Unis, bien sûr à New- York plus précisément; et bien sûr, je suis passé par Paris, Bruxelles.
C'était pour échanger avec nos partenaires sur la situation politique au Congo. Notre dernière étape, je crois bien que s'était en Jordanie, où je suis allé répondre à l'invitation que m'avait lancée le Roi depuis le mois de novembre de l'année dernière. Et ici en Afrique, il y a eu la réunion de Luanda de la Sadc. Et le Congo étant membre de la Sadc, on devait assister à cette réunion. Et comme vous le savez, la situation du Congo Otait aussi au centre des préoccupations. La dernière réunion, je crois, était celle du Burundi. Et la situation au Burundi nous préoccupe. La paix au Burundi, c'est aussi la paix au Congo, surtout à l'est de notre pays. Voilà les voyages que j'ai effectués. Voilà, les raisons.

Je voulais donc dire, monsieur le président, votre souci de rechercher la paix en RDC, dans la région des Grands Lacs... Lors de votre dernière adresse au Parlement, ici à Lubumbashi, vous avez projeté la tenue du Dialogue intercongolais dans la deuxième quinzaine du mois de septembre. Le mois est terminé, que va-t-il se passer après ?
J.K :
Je voudrais dire que si ça ne dépendait que de nous, le Gouvernement, le Dialogue devait effectivement commencer vers les 16 et 17 septembre. Mais, comme vous le savez, il y a l'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies. Il semble qu'il n'est pas encore prêt sur le dossier. Néanmoins, j'aimerais vous informer qu'il y a des consultations entre le Gouvernement et les partis politiques. Il y a des consultations qui sont en cours entre le Gouvernement et la société civile. Nous avons également des échanges avec le Rcd-Goma. Vous êtes bien sûr au courant aussi des initiatives du président Mbeki, président aussi de l'Union africaine, qui a eu, il y a deux ou trois jours, des contacts avec les politiciens, avec la classe politique congolaise. Voilà, le processus est en cours. Je crois d'ici demain M. Moustapha Niasse sera de retour à Kinshasa, je crois bien qu'il sera disposé pour commencer le dialogue proprement dit.

Monsieur le président, vous parlez justement des contacts entre le Rcd-Goma et le Gouvernement de la République. La population congolaise aimerait savoir ce qui s'est réellement dit. Quels sont les espoirs qui peuvent être du côté des Congolais après ces rencontres, dans la mesure où la population s'inquiète déjà des informations faisant état du retour au Congo des militaires rwandais rapatriés par Kigali, retour qui se ferait sous d'autres statuts comme commerçants, réfugiés Banyamulenge ou Hutu. Et si ces informations se vérifiaient, que fait le gouvernement, monsieur le président?
J.K. :
L'objectif du gouvernement a toujours été la pacification, la réunification du pays. C'est pourquoi nous avons initié des rencontres, pas seulement avec le Rcd-Goma; vous êtes bien informés aussi des réunions, il y a un ou deux mois avec le Mlc mais aussi avec d'autres mouvements rebelles. Alors l'objectif, c'est la réunification totale du pays. Quant aux informations, que ce soient les Hutu, Tutsi qui se sont infiltré après le départ des Rwandais, je crois bien premièrement que le départ des Rwandais, c'est le résultat de la résistance de notre peuple à l'est du pays ou à l'ouest, la résistance héroïque de notre peuple ajoutez bien sur à cela les initiatives diplomatiques de notre gouvernement, l'offensive diplomatique du gouvernement. Alors, s'il y a une lois de plus des Rwandais qui s'infiltrent chez nous, que ce soit à Goma, à Bukavu ou ailleurs, alors la résistance de notre peuple doit continuer jusqu'à la libération totale de notre territoire. Je crois qu'à mon niveau, ce ne sont jusque-là que des rumeurs, nous n'avons pas des renseignements précis.(...) Jusque-là, nous n'avons pas le rapport final de la Monuc, la Tierce partie, sur le retrait des Rwandais.

Excellence Monsieur le Président, lors d'une intervention, vous avez fait une déclaration presque prémonitoire comme quoi l'année 2002 sera une année de paix; et cela se vérifie, elle commence à apporter des fruits. Dimanche à l'église, il y a même l'Evêque, Mgr Moto, qui l'a dit. Il a demandé qu'on puisse prier pour vous, car ce que vous avez dit commence à porter des fruits, on tend vers la réunification. On a annoncé le retour des Rwandais, il y a un autre retour qui nous concerne, celui des 4.500 éléments de l'exDsp, l'ancienne division présidentielle de l'ancien président Mobutu. L'opinion aimerait être fixée sur le retour de ces éléments...
J.K. :
Après la Révolution du 17 mai 1997, il y a plus de 50.000 éléments des ex-Faz, plus de 50.000, qui ont intégré l'Armée congolaise Alors, 4.500. je ne dirai pas que c'est négligeable. C'est un nombre que le gouvernement est en mesure de contrôler. Concernant le retour de ces éléments, je crois bien qu'il y a déjà une commission conjointe entre notre pays et la République du Congo d'en face. Et nous sommes en coordination avec l'Onu, la Pnud. Et le travail est en cours, mais ce qui est important, c'est qu'ils sont Congolais, ils doivent un jour rentrer et on ne peut pas les empêcher de rentrer chez eux.

Excellence Monsieur le Président de la République, à propos de la mise en place au sein des entreprises du portefeuille de l'Etat. A quand la suite ?
J.K. :
A quand la suite ? Je crois bien que c'est vers la fin de ce mois, avant la fin de ce mois d'octobre.

Le front social intérieur, Monsieur le Président, est en train de gronder. On signale ici et là des grèves, notamment à la Fonction Publique. Motif avancé: l'amélioration des conditions de vie et de travail On reproche au gouvernement le fait de n'avoir pas appliqué le barème salarial négocié avec les partenaires sociaux, et de ne pas entretenir le Smig (Salaire minimum interprofessionnel garanti). Qu'est-ce que vous dites, Monsieur le Président?
J.K. :
Je ne dirais pas que le Gouvernement est en train de ne pas entretenir le Smig, pas du tout. Il y a des réunions, des consultations entre le Gouvernement et les syndicats. Il y a des consultations en cours entre les ministres concernés des Finances, du Travail et de la Prévoyance Sociale et de la Fonction Publique. Le Smig a été voté au Parlement, il sera appliqué. Il y a bien sûr le budget. C'est à cela qu'on va s'atteler. Quant à la situation sociale, vous savez bien sûr comme moi qu'il y a eu en 1991 et 1993 ce qu'on avait qualifié à l'époque de pillages, l'outil de production était pillé, complètement démoli. C'est facile de détruire. mais construire, ça prend beaucoup de temps. Mais avec l'appui de nos partenaires, et nous-mêmes les Congolais, je crois qu'avec les mesures que le gouvernement vient d'initier dernièrement, sur le Code minier, le Code d'investissements et bien d'autres lois qui cherchent à encadrer le secteur privé, d'ici l'année prochaine la situation peut s'améliorer. Jusque-la, nous avons réussi à stabiliser la situation de la monnaie. Je crois bien que c'est le début de la reconstruction, ou je dirais la relance de la production. Alors, la situation est difficile, mais nous devons toujours nous référer à notre histoire J'ai parlé de 1991 et 1993, mais on peut aller beaucoup plus loin.

Monsieur le Président, la paix que vous recherchez pour les Congolais a plusieurs aspects. Sur le plan interne, on observe certains dérapages sur le plan de la sécurité des personnes et des biens, notamment avec le retour et la recrudescence des pratiques répréhensibles. Monsieur le Président, pouvez-vous rassurer, et les Congolais et les étrangers qui ont choisi la RDC comme leur seconde patrie ?
J.K. :
je peux assurer les compatriotes que leur sécurité sera assurée. Et vous savez bien comme moi que selon les statistiques, la situation chez nous, pour la ville de Kinshasa avec sa population de près de 6.000.000 d'habitants, est bien meilleure que la ville de Johannesburg avec ses 3.000.000 d'habitants. Nous ne pouvons pas dire que la situation est tellement grave, mais il y a des mesures en cours et les forces de l'ordre essayeront toujours de prendre leurs responsabilités en mains comme d'habitude.

Monsieur le Président, lors de l'entrée en fonctions de votre gouvernement, vous avez, à juste titre d'ailleurs, attiré l'attention des ministres, mandataires de l'Etat et autres gestionnaires à tous les niveaux contre le tribalisme, le clientélisme et la corruption. Près de deux ans après, estimez-vous avoir été entendu? Si non, quand est - ce que Joseph Kabila va frapper?
J.K. :
Je voudrais attirer l'attention de la population, et vous-mêmes les journalistes, que le combat contre la corruption ne concerne pas Monsieur Joseph Kabila seulement. Le combat nous concerne tous les 50.000.000 de congolais. Alors, effectivement je crois que c'est au mois d'avril que j'ai beaucoup parlé de ça. Il y a des mesures en cours. En ce qui concerne la corruption, il y a la Commission contre la corruption et d'autres mesures à prendre. Il y a des mesures collectives qui seront déclenchées bientôt.

Monsieur le Président, nous journalistes, nous ne parlons pas souvent de nous mêmes. Je crois que vous l'aurez constaté, la presse officielle est malade. La Rtnc (la radio comme la télévision, l'Agence congolaise de Presse), tous les jours, nous ne cessons de compter les morts parmi las journalistes et les autres travailleurs. L'outil de travail, Monsieur le Président, date de plus de 25 ans. Tous ces problèmes-là, étant donné que c'est la presse officielle qui véhicule le message des pouvoirs publics, vous ne pensez pas, Monsieur le Président, qu'il est grand temps pour que vous puissiez penser à ce problème pour qu'on trouve des solutions?
J.K. :
Vous avez tout à fait raison. Mais ce n'est pas seulement la presse officielle qui est malade. Il y a aussi la presse privée. Comme vous venez de le dire, ça date de 25 ans. Je voudrais dire qu'il y a des mesures qui sont en cours. La situation ne concerne pas seulement la presse, il y a aussi les Forces Armées Congolaises, il y a la Police, la situation est aussi douloureuse, la situation n'est pas bonne. La vérité est qu'avec la guerre d'agression, on a affecté beaucoup de moyens pour financer la guerre et contrer l'ennemi. Mais avec la fin de la guerre, et surtout avec la réunification du pays, il s'agit bien là de la réunification de nos ressources, par ce que jusque-là, le gouvernement ne gère que 50 % ou 52 % des ressources nationales. Alors, avec la réunification du pays, la réunification de notre population, la réunification de l'économie, le gouvernement sera en mesure de s'occuper pas seulement de la presse officielle et de la presse privée, mais aussi des Forces Armées Congolaises, de la Police Nationale, des écoles, des étudiants, de la santé, etc.. Bref, de la situation sociale de notre pays.

La RDC a pris langue avec les Institutions de Bretton Woods, la Banque Africaine de Développement, et même le Club de Paris. En même temps, on fait état d'importants décaissements et on parle aussi de l'effacement de certaines dettes congolaises. A ce jour, les populations congolaises ne ressentent pas tout à fait les retombées de la coopération entre la RDC et set partenaires extérieurs sur le vécu quotidien.
J.K. :
Si on peut parler, de la coopération, elle ne date que de six mois. C'est depuis six mois seulement que nous sommes en coopération avec ces institutions financières. Je voudrais ici rappeler la destruction de 1991 et 1993. Je crois qu'on a détruit l'outil de production en 72 heures. Mais, on ne peut pas construire tout cela en trois jours ni en trois mois. Je voudrais appeler notre population à la patience. Un tout petit peu de patience. Vous savez, on ne peut pas construire une route en trois mois. Mais la destruction ne date pas d'aujourd'hui. C'est depuis 25 ans, on a parlé de 25 ans. D'ailleurs, c'est depuis 1960. C'est pourquoi avec l'appui de tout le monde aux efforts du gouvernement, et vous mêmes les journalistes, je pense que la situation ira mieux d'ici peu.

Monsieur le Président, avant de passer à la dernière question, j'aimerais poser une question au sujet des populations des territoires occupés. Avant le retrait des troupes rwandaises, burundaises et ougandaises, vous leur avez adressé un message d'encouragement. Maintenant que ces troupes commencent à se retirer, qu'est-ce que vous dites à ces populations, M. le président?
J.K. :
Je ne peux qu'exhorter ces populations à la vigilance et à la résistance jusqu'au retrait total de ces troupes. Nous sommes presque à la fin de la guerre. En attendant la réunification du pays, c'est la vigilance et la résistance. Nous sommes avec eux dans la prière.
Presse : Monsieur le président vous parlez de prière, vous faites beaucoup allusion à Dieu presque pratiquement dans tous vos discours.

M. le président, est-ce que nous pouvons savoir la place que vous accordez à Dieu dans votre vie et dans toutes vos actions.
J.K.
: Oui, c'est Dieu qui nous a guidé depuis le début. C'est Dieu qui a guidé nos actions de janvier jusqu'aujourd'hui. Dieu aura toujours une place spéciale dans ma vie et je crois, dans celle de notre Nation, hier, maintenant et toujours dans l'avenir.

La Presse vous remercie.
Demain le Congo