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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

L'aide belge à l'Irak = une heure d'occupation
Quelle aide humanitaire pour la population irakienne?

Le ministre de l'Aide au Développement, Marc Verwilghen, promet 5 millions d'euros pour l'aide humanitaire et la reconstruction de l'Irak. C'est à peu près ce que coûte, par heure, l'occupation américaine de l'Irak. Oui, vous lisez bien: par heure...

Solidaire , 04-11-2003

Plus de 50 milliards de dollars seront nécessaires pour reconstruire l'Irak, au cours des prochaines années. Pour ce faire, les Etats-Unis cherchent l'aide des autres pays, puisque guerre et occupation leur ont déjà coûté tellement. Lors de la conférence des donateurs pour l'Irak, les 23 et 24 octobre à Madrid, la Belgique a promis une contribution de 5 millions d'euros. Notre pays paiera également 12 millions d'euros, cette fois par le biais de la Commission européenne.
Entre le 19 mars et le 30 avril, c'est-à-dire durant la seconde guerre du Golfe, 13.000 Irakiens ont perdu la vie. Parmi eux, 3.750 civils 1. 20.000 autres ont été blessés. Maintenant que la guerre est «terminée», le massacre se poursuit toutefois. Le Dr Faiq, directeur de l'hôpital médico-légal de Bagdad, estime que l'occupation est responsable de 20 à 30 décès irakiens par jour. Rien qu'en juillet, 720 personnes ont été tuées, dont 470 abattues 2. Selon le quotidien britannique The Guardian , 400 personnes se font abattre chaque mois 3. Pas toujours par des balles américaines, mais ce sont bel et bien l'occupation et le «gouvernement provisoire» sous contrôle des Etats-Unis qui sont responsables de l'état de sécurité du pays.

Après trois guerres, treize années d'embargo et, aujourd'hui, six mois d'occupation étrangère, la population est dans le trente-sixième dessous. 20% des Irakiens sont chroniquement sous-alimentés, annonce un rapport du Programme alimentaire mondial. Il y a plus de dix millions de personnes sans travail, affirme l'Union irakienne des Chômeurs. Depuis la guerre, bien des quartiers n'ont pratiquement plus d'électricité ni d'eau courante. Le téléphone ne fonctionne plus que dans trois des neuf districts de Bagdad.

Naturellement, la population irakienne a besoin de soutien humanitaire. Mais de qui? La Convention de Genève est claire: l'aide humanitaire et la reconstruction sont sous la responsabilité légale et morale des forces d'occupation américaines.

Les Etats-Unis sont toutefois confrontés à un problème: l'occupation leur coûte déjà un milliard de dollars par semaine. Comptez: cela nous fait quelque 5 millions d'euros de l'heure! L'aide que veut fournir la Belgique correspond donc à une heure d'occupation de l'Irak L'arrêt de l'occupation américaine ne serait-il pas plus efficace, dans ce cas? Cela permettrait, chaque heure, de libérer la même somme pour la reconstruction du pays que celle promise aujourd'hui par le ministre Verwilghen aux Nations unies.

Quelle est l'indépendance des organisations d'aide vis-à-vis des Etats-Unis?

Le gouvernement belge ne veut pas remettre l'argent directement au pouvoir d'occupation, il compte uvrer via les organisations dépendant des Nations unies. Les ONG internationales et les organisations humanitaires multilatérales peuvent-elles toutefois affirmer leur indépendance à l'égard du pouvoir d'occupation? Pour chaque initiative, chaque action qu'elles veulent entreprendre, la coordination est nécessaire avec l'armée américaine. De même, si elles veulent assurer la sécurité de leurs collaborateurs, elles doivent de plus en plus faire appel à l'armée américaine ou, du moins, collaborer étroitement avec cette dernière

Les attentats à la bombe meurtriers contre le quartier général de l'ONU à Bagdad, il y a quelques semaines, et tout récemment, contre la Croix-Rouge, montrent que bien des Irakiens, aujourd'hui, considèrent ces organisations internationales comme un instrument de l'occupation. Les Irakiens ont considéré les Nations unies comme un vecteur de l'embargo et, plus tard, des inspections; les Nations unies n'ont pas pu non plus empêcher l'agression illégale contre le pays.

Non seulement les Etats-Unis, mais également les Irakiens, considèrent la conférence des pays donateurs de Madrid comme une question de soutien financier à la politique de colonisation des Etats-Unis. Provisoirement, cette conférence a rapporté 33 milliards de dollars sans toutefois que l'on puisse parler de succès: 20 milliards viennent des Etats-Unis mêmes, au moins 3 milliards de la Banque mondiale et 4,3 milliards du Fonds monétaire international, deux organisations multilatérales au sein desquelles les Etats-Unis ont beaucoup à dire 4.

Le Japon a promis 5 milliards, l'Union européenne 800 millions de dollars. La France et l'Allemagne ont refusé poliment, bien que les Etats-Unis avaient promis à qui y allait de sa petite contribution de l'impliquer dans les «transactions» relatives à la reconstruction. Les coûts en hausse et la recrudescence de la résistance irakienne forcent les Etats-Unis à faire circuler leur tirelire. Mais le passage d'une occupation unilatérale à une occupation multilatérale ne résoudra rien, au contraire.

Chaque journée d'occupation qui passe représente un cran de plus dans la haine des Irakiens

La population irakienne s'opposera très légitimement à l'occupation coloniale. Ce sont les Etats-Unis, le problème en Irak. La population voudrait se débarrasser de ce problème, et elle ne se cache pas pour le dire. Tout soutien ou toute apparence de soutien à la politique coloniale est une faute. L'Irak a droit à son indépendance nationale. Chaque jour que les Etats-Unis passent en Irak accroît le chaos qu'eux-mêmes y ont créé. Chaque jour supplémentaire d'occupation rend la situation humanitaire de plus en plus dramatique et accroît en même temps la haine des Irakiens.

Pour vraiment aider les Irakiens à aller de l'avant il faudrait mettre un terme sur-le-champ à cette occupation illégale. C'est à cette exigence que doit se plier le gouvernement belge. Si les impôts du pétrole irakien profitent à la population, un nouvel Etat peut se constituer rapidement au sein duquel enseignement, soins de santé et services publics seront des priorités. Un gouvernement souverain pourra alors décider de quelle aide humanitaire internationale le pays aura besoin. Ce n'est qu'à cette condition que cette aide pourra réellement soulager la population.

sources: 1Métro, 30/10/03 · 2Sauf mention contraire, tous les chiffres viennent de www.occupationwatch.org ·3The Guardian, Peter Beaumont, 14 septembre. · 4www.bbc.com , 24 octobre

Quatre milliards de dollars «évaporés»?

Américains et Britanniques ont dépensé des tas de milliards pour mener leur guerre sous de faux prétextes. Ils sont responsables de la destruction et de la désorganisation totales de la société irakienne. Qui d'autre qu'eux-mêmes devraient assumer les frais de la reconstruction? Aujourd'hui, les Etats-Unis veulent utiliser les rentrées pétrolières de l'Irak pour la reconstruction. Mais où sont passés les 4 milliards de dollars en revenus pétroliers et possessions de l'ancien régime? Selon l'ONG britannique Christian Aid, Paul Bremer, le chef américain du gouvernement provisoire irakien, refuse toute explication à ce propos. Il semble que ces quatre milliards de dollars se soient évaporés ( www.occupationwatch.org )

L'esprit d'entreprise

Le patron de Halliburton, ancien employeur du vice-président Cheney, veut engager son personnel à défendre son entreprise dans la presse. Il leur a écrit une bafouille intitulée «La défense de notre compagnie». Journaux et parlementaires démocratiques ont vilainement éreinté Halliburton en raison des plantureux bénéfices que ce géant de la défense palpe dans son travail en Irak sur les plans militaire et pétrolier. Les contrats - pour un montant d'au moins 1,6 milliard de dollars - ont en effet été proposés sans la moindre remise de prix comparative à une filiale de Halliburton. Dick Cheney a quitté Halliburton lorsqu'il est devenu vice-président, mais il figure toujours sur les fiches de paie de la compagnie

source: The Guardian, 25 octobre