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Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Irak: la lutte contre l’occupation américaine commence

Selon les Etats-Unis, le régime irakien serait tombé et le peuple irakien serait «libéré». En fait, la guerre de l’Irak contre l’occupation US commence.
David Pestieau
10-04-2003

Il a fallu treize années pour que le centre de Bagdad soit investi par les troupes d’occupation et d’agression américaines. Treize années d’embargo meurtrier causant un million et demi de morts. Et un désarmement systématique de l’armée irakienne, sans aviation et sans armes conséquentes pour affronter l’armada US de missiles, de bombardiers B-52, de tanks et blindés.
Pour finir avec trois semaines d’une guerre barbare, de bombardements jour et nuit, de destruction des stations d’épuration d’eau et de toute alimentation électrique, de terreur dans les zones occupées.
13 années de résistance avant que le centre de Bagdad ne soit occupé
Après treize années, la supériorité technologique et les armes de destruction américaines ont pris momentanément le dessus sur la résistance héroïque irakienne.
Pour imposer un régime de marionnettes prêt à vendre les richesses aux multinationales américaines, les GIs ont perpétré de véritables massacres. Bush accusait Saddam Hussein d’être une brute violente. Mais aujourd’hui, le monde entier voit, une nouvelle fois, Bagdad détruite sous les bombes américaines, avec des centaines de morts et des milliers de civils blessés (cent par heure ce mercredi).

Les médecins belges Geert Van Moorter (Stop USA) et Colette Moulaert (PTB) en ont été encore témoins ce mercredi: «Ce n’est pas une «libération» mais un grand bain de sang. Nous ne comptons plus le nombre de blessés et morts vu à l’hôpital. Même les ambulances et les bus de civils ont été sauvagement mitraillés».
Colette Moulaert et Geert van Moorter: «Nous n’allons pas nous laisser faire par ces crapules de GIs»
Mais le cri de Colette et de Geert depuis Bagdad est aussi celui de l’immense majorité du peuple irakien dans ces moments difficiles: «Nous n’allons pas nous laisser faire par ces crapules de GIs». Même les télévisions laissent échapper les scènes où les soldats US doivent entendre les «Yankee Go Home».

La prétendue liesse populaire est toute relative. La chute de la statue de Saddam au centre de Bagdad a été orchestrée par les Américains, qui ont fourni grues et matériel. Même CNN doit avouer que les manifestations de joie restent très limitées: moins de deux mille personnes ont manifesté durant la journée. L’immense majorité de la population se cache dans les maisons.
Les pillages sont aussi encouragés par les troupes US pour créer le chaos et l’anarchie dans la ville
Selon le correspondant du Financial Times britannique, les militaires américains ont transporté une milice de l’opposition irakienne (Iraqi Coordination for National Unity) à Nadjaf pour y mener les pillages, alors que la majorité de la population s’y opposait. A Bagdad également, les Américains ont fait entrer des centaines d’opposants irakiens pro-Bush. Il ne serait pas surprenant d’apprendre que les images de la prétendue libération mettent en scène ces mercenaires...
Les Américains, comme ils l’ont fait en Yougoslavie, en Afrique, en ex-Union soviétique, excitent l’ethnicisme (entre Kurdes et Arabes) et les divisions religieuses (entre chiites et sunnites) pour démanteler l’Irak. Pour justifier une occupation américaine à long terme du pays.

Comparer l’occupation de Bagdad à celle de la conquête nazie de Bruxelles et de Paris en 1940
Si les pro-Américains comparent la libération de Bagdad à la libération de Bruxelles en 1944, nous la comparons à la conquête nazie de Bruxelles en 1940. Là aussi, les nazis avaient trouvé quelques centaines de Belges - et même le président du Parti Socialiste de l’époque - pour les accueillir en libérateurs.
Si la bataille de Bagdad est aujourd’hui perdue, la guerre est loin d’être gagnée par les Américains. Il est encore trop tôt pour dire comment la résistance continuera dans les prochaines semaines et mois. Mais ce qui est certain, c’est que l’immense majorité de la population hait les Etats-Unis et que, tôt ou tard, la résistance va reprendre et se réorganiser. Même si l’armée et le régime actuel ne sont plus là.

Les Etats-Unis n’ont jamais été aussi isolés
Les Etats-Unis ont remporté une victoire militaire, mais ils n’ont jamais été aussi isolés qu’aujourd’hui. Les préparatifs de guerre et la guerre elle-même ont renforcé les forces anti-américaines. D’abord par l’opposition massive des peuples du monde, particulièrement dans le monde arabe, à l’hégémonisme américain. Ensuite, la guerre a aggravé la tension entre l'impérialisme US et les pays socialistes. Enfin, la guerre a divisé l'Union européenne mais aussi les pays de l'ex-bloc socialiste entre forces pro-européennes et forces pro-américaines.

La guerre contre l’occupation US ne fait que commencer et va s’étendre à l’ensemble du monde arabe. Suivant leur stratégie de domination mondiale, établie de longue date, les Etats-Unis ont déjà annoncé leurs prochaines cibles: la Syrie, l’Iran et la Corée du Nord. Rumsfeld, ministre US de la Défense, a promis ce mercredi soir à la Syrie le même sort que l’Irak si elle continue à s’opposer aux Etats-Unis.

Plus que jamais, il faut arrêter la machine de guerre: STOP USA!
troupes US hors du Moyen-Orient!
Pas de recolonisation américaine!

Aujourd’hui, le peuple irakien dans sa résistance à l’occupant US a besoin de nous, comme le peuple palestinien et tous les peuples menacés par l’impérialisme. Cette pseudo-victoire américaine ne fera que décupler la résistance dans le monde arabe et ailleurs. La guerre contre l’occupant US sera longue, mais elle vaincra. Avec le soutien des peuples du monde.
Elle passera par le développement et le renforcement du mouvement communiste dans la région. Comme le font les partis communistes jordanien, soudanais, syrien, libanais, égyptien et le Parti populaire palestinien: ils se sont réunis début avril pour appeler toutes les forces nationales et progressistes arabes à former le front le plus large de résistance contre l’agression (lire le communiqué). Qui recherche la paix dans la justice ne peut que soutenir pleinement les résistants irakiens, palestiniens et tous les révolutionnaires et communistes de la région.