Accueil
Page P.E. Lumumba
Page P. Mulele
Page L.D. Kabila
Discours de J. Kabila
Crimes du Mobutisme
Briefing Actualité
Synthèse de la semaine
Liens
Communiqués
Qui sommes-nous?
Contact
Actualites internationales
Votre réaction sur ce site

Archive d'articles
Archive des réactions de 2003-2004


Commémoration du 35ème anniversaire de la mort de Pierre Mulele

 

 

 

 

 

 

Le pays le plus riche du monde sans électricité

Durant plusieurs jours, cinquante millions d'Américains et de Canadiens ont été privés d'électricité. Les pannes de courant ont débuté le jeudi 14 août. Lundi après-midi, l'électricité n'avait pas encore été rétablie partout. Ce n'est pas un simple accident, s'avère-t-il.

Peter Franssen (Solidaire)
20-08-2003

Au bon vieux temps, il existait encore des lois, des prescriptions et les règlements. Même en Amérique. Mais, dans les années 80, lorsque, partout dans le monde, le capitalisme pataugeait déjà depuis une décennie dans une crise sans issue, ces lois, prescriptions et règlements ont été de trop. Sous la direction idéologique du président américain Ronald Reagan et du Premier ministre britannique Margaret Thatcher, une période de dérégulation a vu le jour. Une phase moderne du capitalisme moderne, a-t-on dit.

En 1992, aux Etats-Unis, cela a culminé par une loi visant à déréguler sur le plan national le secteur de l'électricité. Au cours des années précédentes, les géants de ce secteur, tels Niagara Mohawk Power Company, Long Island Lighting, Enron, s'étaient encore parfois heurtés de front au pouvoir judiciaire parce qu'ils gonflaient trop leurs prix, parce qu'en contradiction avec la loi, ils coupaient l'électricité aux mauvais payeurs, parce qu'ils investissaient trop peu dans le réseau. La loi de 1992, un beau cadeau du président Bush, Sr., avait mis un terme à tout cela. Dorénavant, les compagnies d'électricité allaient se soumettre de la façon la plus stricte aux réglementations et aux lois. Pour la simple raison qu'on avait complètement supprimé les lois et les réglementations.
La loi allait toutefois bien coûter quelques dollars aux compagnies d'électricité. Dans les Etats, certains hommes politiques tentaient de bloquer la loi fédérale. En Californie, par exemple, les électriciens avaient dû déposer 39 millions de dollars sur la table pour une campagne contre un référendum réclamant le blocage de la loi fédérale. L'offensive des compagnies d'électricité allait être victorieuse. Résultat: à San Diego, la première ville où la réglementation allait être supprimée, le prix de l'électricité allait augmenter de 300% en un rien de temps.(1)
De ce fait, les électriciens pouvaient aisément payer leurs cotisations aux campagnes des républicains ou des démocrates soucieux d'être élus. En 2000, George Bush fils recevaient des électriciens un cadeau de 16 millions de dollars.

Rio de Janeiro se mue en RioDark (noirceur)

Les compagnies américaines d'électricité ramassent le pognon là où il y en a. Dans le tiers-monde aussi, bien sûr. Ainsi, Houston Industries a repris le réseau d'électricité dans de nombreuses parties du Brésil. Dans le temps, ce réseau était la possession de l'Etat. Mais, vous savez, le capitalisme moderne signifie non seulement dérégulation, mais également privatisation. D'où le fait qu'aujourd'hui, Houston Industries gère également l'éclairage de la grande métropole brésilienne de Rio de Janeiro. Ou disons plutôt: coupe l'éclairage, car les panes de courant y sont si fréquentes que Rio est désormais surnommée Rio Dark.
L'ancien secrétaire d'Etat à l'Energie, Bill Richardson, faisait allusion à cette situation et disait, à propos du réseau d'électricité des Etats-Unis: «Nous sommes une superpuissance mais nous avons un réseau d'électricité digne d'un pays du tiers monde.» (2)
Dans l'Ohio est apparue une pénurie d'eau, dans le Michigan, on a décrété l'Etat d'urgence, à New York City, le métro est tombé en panne. Pourquoi? Parce que les riches compagnies d'électricité ne fournissent que la crème du potage et qu'elles refusent d'investir à long terme. 56 milliards de dollars sont nécessaires pour moderniser le réseau. Si les Américains n'y forcent pas les compagnies d'électricité, c'est une fois de plus le contribuable qui va devoir casquer.

1. Greg Palast, Power outrage traced to dim bulb in White House, Znet, 15 août 2003 · 2. David Adam, A third world elektrocutie grid, The Guardian, 16 août 2003.