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Lumumba donne expression au radicalisme
des masses au bout de l'oppression
Au cours de la lutte pour l'indépendance, puis pendant ses
deux mois et demi au gouvernement, Lumumba a été un
homme seul, entouré d'une poignée de compagnons de
lutte. Il n'avait pas une organisation solide derrière lui,
il n'a pas eu le temps de donner une conscience politique au peuple
opprimé. Comment alors expliquer son extraordinaire impact,
sa stature de grand homme politique? Lumumba a réussi à
donner une expression au radicalisme des masses urbaines et villageoises
qui étaient à bout à cause de l'oppression,
de l'exploitation et des humiliations coloniales. C'est ce point
essentiel qu'ont toujours oublié ceux qui abusent du nom
de Lumumba "pour occuper des postes" et pour "bouffer
à leur tour."
Avec la masse, lutter contre le colonisateur
22 avril 1959. "La masse est beaucoup plus révolutionnaire
que nous. Quand nous sommes avec la masse, c'est la masse même
qui nous pousse, elle voudrait aller beaucoup plus rapidement que
nous."
((La pensée politique de Lumumba, p.45)
13 août 1959. Une délégation parlementaire belge
rencontre M. Mabé Sabiti, qui se présente comme 'le
chef des arabisés'. Sabiti déclare : " Lumumba
se met surtout du côté des ouvriers, parce qu'ils forment
la masse".
(Procès-verbaux des entretiens officiels. Sénat. 1959,
p.264)
Juin 1960. Bientôt l'indépendance. Qui sera ministre,
qui aura un poste, qui aura du pouvoir ? Lumumba ne compte pas sur
" ceux d'en haut ", sur les colonisateurs. Il ne cherche
pas son intérêt personnel en se vendant aux puissants.
Il ne se laisse pas corrompre par les puissances impérialistes.
Il a juré de rester du côté du peuple.
"Je ne vise pas du tout mon intérêt personnel
mais seulement l'intérêt supérieur du pays.
Le gouvernement belge veut se retirer de la scène politique
congolaise mais entend remettre la gestion du Congo dans les mains
des leaders ayant toutes ses sympathies. Je n'ai pas la sympathie
du gouvernement belge, pas plus que celle d'autres milieux officiels.
Je suis considéré comme un homme dangereux parce que
je refuse de me laisser corrompre. Je puis vous dire qui si j'avais
accepté de "jouer le jeu", comme l'ont fait certains
leaders congolais opportunistes, je serais aujourd'hui soutenu par
la Belgique et considéré comme son plus grand ami.
On veut créer un gouvernement de marionnettes mais on craint
aussi la réaction populaire. Au train où nous allons,
il n'y aura pas le moindre changement dans ce pays à la date
de l'indépendance et les Congolais auront l'impression d'être
dupés. On aura alors le choc en retour, et alors que les
leaders seront satisfaits des quelques portefeuilles que la Belgique
leur aura confiés, ce sera le peuple qui fera sa révolution."
(Pourquoi Pas, juin 1960 pp.)
"Les ministres doivent manger avec le peuple."
“Le Patrimoine national nous appartient (…) Nous-mêmes,
les ministres, nous allons dans les milieux ruraux, nous allons
labourer la terre pour montrer au pays commnt nous devons faire
nos cooperative (…) Nous ne voudrons jamais tromper le peuple
et le peuple sait très bien que depuis nous sommes au pouvoir
aucun minister a été payé (…) Nous mangeons
avec le peuple, nous n’avons pas besoin d’argent (conference
de presse 9 août, cite dans “Congo 1960, 2, pp 593-594)
“Les ministres doivent vivre avec le peuple (…). Nous
ne devons pas passer aux yeux de la population comme les remplaçants
des colonialistes. (Annales de la Chambre des Représentants
de la République du Congo. 1960, 12, Séance du 15
juillet 1960 p.15)
"Nous voulons une vraie indépendance."
“Nous allons mettre tous nos travailleurs au travail, après
le depart des troupes belges (…) Chacun aura du travail, avec
des salaries modestes. Et je vous assure, qu’avec notre foi,
avec notre dynamisme, avec notre fierté nationale, le Congo
sera dans cinq ans un pays fortement développé. Ce
n’est pas en mendiant des capitaux que nous allons developer
le pays. Mais en travaillant nous-mêmes, avec nos propres
mains, par nos efforts (…) le seul slogan pour le moment:
le progress économique, tout le monde au travail, mobiliser
toute la jeunesse, toutes nos femmes, toutes les energies du pays.
Les cadeaux, on n’aprrécie pas. L’indépendance
cadeau, ce n’est pas une bonne indépendance. L’indépendaance
conquise est la vraie indépendance.” (conference de
presse 9 août, cite dans “Congo 1960, 2, pp 593-594)
“La Banque centrale belge s’est accaparée non
seulement de notre argent, mais également de nos reserves
d’or..; Le gouvernement vient d’nnoncer que, si dans
un délai de 15 jours le Gouvernemnt belge ne les restituait
pas, nous confisquerons tous les biens appartenant aux Belges. Le
people attend le bonheur, l’amélioration de ses conditions
de vie. Pour nous, il n’y a pas d’indépendance
tant que nous n’aurons pas une économie nationale prospère
pour relever les conditions de vie de nos frères.”
(Annales Parlementaires. Sénat de la République du
Congo. 1960, 8 septembre pp 14-15)
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